10 octobre 2014 - Assemblée générale - Ebola - Intervention de M. François-Xavier Deniau, représentant de la France auprès des Nations unies

Monsieur le Président

Je vous remercie d’avoir organisé cette réunion. Nous sommes confrontés à une crise sanitaire sans précédent, par son ampleur, par sa rapidité, avec près du doublement du nombre de personnes contaminées chaque mois.

Cette catastrophe sanitaire qui a déjà causé des milliers de morts, et c’est d’abord à ces victimes qu’il nous faut penser aujourd’hui, menace des centaines de milliers de personnes. Nous devons absolument faire cesser ce fléau qui est également devenu une menace à la paix, à la sécurité et au développement.

Monsieur le Président,

La France soutient la volonté du Secrétaire général de donner une réponse adaptée à cette catastrophe sanitaire et sociale. La France salue la mise en place de la Mission des Nations Unies pour l’Action d’Urgence Contre Ebola (MINUAUCE), et en particulier le récent déploiement d’une plateforme régionale de coordination à Accra, ainsi que de coordinations nationales en Guinée, Sierra Léone et Libéria, auxquelles nous prenons toute notre part. Pour faire face à une crise sanitaire d’une telle gravité, nous devons tous accentuer nos efforts. Il est essentiel d’éviter les redondances. C’est pourquoi une bonne coordination est un élément essentiel de l’efficacité de la réponse de la communauté internationale.

Monsieur le Président,

La France a répondu présente. Tout d’abord au niveau politique avec la visite de notre Secrétaire d’Etat à la coopération et au développement le 13 septembre en Guinée pour adapter au mieux notre action. Sur le terrain, dès le début du mois de septembre, nos réservistes hospitaliers ont été présents en Guinée forestière à l’épicentre de l’épidémie dans ce pays pour préparer la mise en place de centres de soins. Le premier centre français sera ouvert très prochainement en liaison avec la Croix-Rouge, et disposera d’une cinquantaine de lits. D’ores et déjà, la France a acheminé plusieurs tonnes d’équipements médicaux et de protection pour contribuer au soutien des centres de soins. Au niveau de la recherche, les centres français en infectiologie ont aussi participé à cette lutte. L’Institut Pasteur et l’Inserm ont ainsi identifié l’épidémie dès son origine, facilitant ainsi son suivi et la préparation de futurs traitements. Pour accroître cet effort, la France appuie la création d’un Institut Pasteur de Guinée dans les prochaines semaines.

Au total, l’aide bilatérale de la France s’élève à ce jour à plus de 35 millions d’euros. Elle dépasse les 70 millions d’euros en tenant compte des contributions multilatérales.

Monsieur le Président,

Devant la globalisation de cette menace, il faut aussi construire la prévention. Prévenir, c’est aider les pays voisins, non encore touchés à se préparer à cette éventualité ; les aider à renforcer les systèmes de soins, seuls capables de freiner cette catastrophe. La France a d’ores et déjà engagé des programmes avec plusieurs pays de la région auxquels elle a affecté plus de 15 millions d’euros pour préparer les systèmes de santé d’une éventuelle arrivée d’Ebola.

Pour conclure, je voudrais saluer à nouveau le remarquable dévouement de tous les personnels soignants, avec une pensée particulière pour ceux de Médecins sans Frontières et de la Croix-Rouge, qui sont depuis le début de cette crise aux avant-postes avec un professionnalisme exceptionnel.

Je vous remercie

Dernière modification : 26/02/2015

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