13 novembre 2014 - Assemblée générale - Réunion informelle sur Ebola - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Merci Monsieur le Président,

Je voudrais commencer par vous remercier d’avoir organisé cette réunion, et à travers vous les personnels, les représentants du Secrétariat que nous avons entendus ainsi que les Ambassadeurs de Guinée et de Sierra Leone.

La France est engagée dans le combat contre cette épidémie Ebola qui touche les populations de Guinée, de Sierra Léone et du Liberia. Ebola touche aussi les soignants qui ont déjà payé un trop lourd tribut et auxquels je tiens à rendre hommage.

Nous devons être solidaires. Cette épidémie constitue un enjeu sanitaire majeur, mais elle frappe aussi l’économie, elle met à mal les progrès considérables réalisés ces dernières années, comme l’a rappelé l’Ambassadeur de Guinée, elle affecte la stabilité des pays touchés, et comme l’a rappelé l’Ambassadeur du Brésil aussi, elle remet en cause les progrès effectués en vue de la consolidation de la paix.

Face à cette menace, la France assume ses responsabilités.

Le Président de la République française a annoncé un ambitieux plan de lutte contre Ebola en Guinée. Ce plan d’action mobilise plus de 100 millions d’euros en accentuant et en ciblant nos efforts autour de trois constats :

Tout d’abord, la difficulté que nous rencontrons pour recruter des soignants, expatriés ou locaux ; les personnels ont besoin d’une formation appropriée, ils ont aussi besoin d’avoir accès à un centre de soins en cas d’infection ;

Deuxième constat, la nécessité d’ouvrir de nouveaux centres de traitement, en ciblant les zones de flambées de l’épidémie où l’on déplore des taux de létalité qui peuvent atteindre 80%, comme en Guinée forestière

Enfin, la nécessité de mettre en place des contrôles aéroportuaires afin d’améliorer la sécurité et la crédibilité des liaisons aériennes pour éviter l’isolement des pays touchés.

Sur cette base et en complément des actions de la France déjà mises en œuvre, je voudrais évoquer cinq mesures mises en œuvre en étroite collaboration avec les pays concernés :

Tout d’abord, un nouveau centre de traitement sera ouvert le 15 novembre, dans deux jours, à Macenta, en Guinée forestière en présence de la Secrétaire d’État française chargée du Développement, Annick Girardin. Ce centre comprendra 50 lits. Il sera opéré par la Croix-Rouge française, avec le soutien de personnels médicaux de l’Etat.

Ensuite, deux centres de traitement supplémentaires seront mis en place par la France, en collaboration avec le PAM, avant la fin de l’année, à Beyla et Kerouané, deux autres régions de Guinée qui sont particulièrement touchées.

Par ailleurs, pour assurer aux personnels guinéens et internationaux engagés dans la lutte contre l’épidémie les meilleurs soins possibles, la France prendra en charge une structure hospitalière spécifique. Cette structure ouvrira avant la fin de l’année, et sera sous la responsabilité du Service de santé des armées en France et mobilisera 160 personnels soignants et de soutien. Elle traitera les personnels infectés par Ebola mais aussi elle sera en mesure de traiter les cas non Ebola.

La France par ailleurs contribue également au mécanisme européen de coordination des évacuations sanitaires et de l’hospitalisation des personnels humanitaires internationaux.

Ensuite, pour faciliter le déploiement des personnels luttant contre l’épidémie – et pour répondre à un point important signalé par l’Ambassadeur de Guinée également, la France mettra en place deux centres de formation, en France le 24 novembre et en Guinée à la mi-décembre. En Guinée, la sécurité civile et le service de santé des armées participeront à la formation de 140 personnels soignants par semaine.

Enfin, la France participera au renforcement des contrôles aéroportuaires au départ de Conakry, grâce à une équipe de médecins français.

Au total, la France prévoit donc de déployer plus de 100 personnels de santé en Guinée.

Nous nous impliquons également dans le renforcement des systèmes de santé des pays concernés, - pour répondre à un point soulevé tout à l’heure par Tony Banbury -car si ces derniers ont été plus touchés que d’autres, c’est parce que leurs systèmes de santé sont très fragiles, en raison des crises qu’ils ont traversé.

Je voudrais à cette occasion témoigner de notre vive préoccupation au regard des difficultés d’accès aux soins que connaissent aujourd’hui les personnes atteintes d’autres maladies qu’Ebola telles que le paludisme ou encore les femmes enceintes.

Pour conclure, les efforts de la communauté internationale ne doivent pas baisser en intensité. La France appelle à une mobilisation accrue, coordonnée et couvrant tous les secteurs. Elle maintient son engagement total dans ce combat.

Je vous remercie.

Dernière modification : 26/02/2015

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