Afghanistan - La sécurité reste le principal défi (18/12/2014)

Afghanistan - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 18 décembre 2014

Je remercie le Représentant du Secrétaire général, M. Haysom et M. Yuri Fedotov, Directeur de l’ONUDC, pour leurs interventions. Je remercie également l’ambassadeur d’Afghanistan, M. Tanin, pour son intervention tout à l’heure et m’associe d’avance au discours qui sera prononcé au nom de l’Union européenne.

Monsieur le Président,

Comme l’a souligné le Secrétaire général dans son rapport, l’Afghanistan vient de franchir une étape décisive de son histoire. Après une période d’activité électorale intense, nous nous félicitons de la réussite de la première transition démocratique de l’histoire de l’Afghanistan. Je forme moi aussi le vœu que le Président Ghani et le Chef de l’exécutif, le Dr. Abdullah, parviendront très vite à un accord pour la formation du gouvernement d’unité nationale.

La mise en place de cette nouvelle équipe sera essentielle pour conduire les réformes dont le pays a besoin et nous avons pris bonne note des priorités évoqués tout à l’heure par l’ambassadeur d’Afghanistan M. Ta nin : lutte contre la corruption, bonne gouvernance, promotion de la stabilité économique et fiscale, en particulier. C’est encourageant et ces intentions doivent maintenant se transformer en réalité sur le terrain.

Nous souhaiterions saluer l’action de la MANUA qui a accompagné les autorités afghanes de façon exemplaire pour permettre la conclusion définitive du processus électoral.

Monsieur le Président,

Au plan politique, nous pouvons nous féliciter des développements récents, particulièrement encourageants. Toutefois, cela ne doit pas nous faire oublier que les défis restent nombreux, à une période charnière qui se caractérise par une évolution du soutien de la communauté internationale à l’Afghanistan.

Le principal défi reste bien sûr la sécurité. L’insurrection tente de faire douter les Afghans et leurs partenaires des progrès obtenus. Les terribles attentats perpétrés ces dernières semaines constituent une tentative abjecte de déstabiliser le processus en cours. Je pense en particulier, comme l’ont déjà fait de nombreux orateurs avant moi, à l’attentat qui a visé le centre culturel français de Kaboul le 11 décembre, prenant ainsi pour cible un lieu de culture et de création bien connu des Afghans, et fortement apprécié par eux. Mais nous croyons aujourd’hui que l’Afghanistan est sur une bonne voie et rien ne pourra remettre en question les évolutions positives que connait ce pays. Nous ne renoncerons pas aux valeurs pour lesquels nous nous sommes battus, aux côtés des Afghans, depuis plus de dix ans. Je pense en particulier à la place et aux droits des femmes dans la société afghane, comme l’ont souligné tout à l’heure le Luxembourg et la Jordanie.

Dans ce contexte sécuritaire marqué par une insurrection encore résiliente, il est essentiel que les partenaires régionaux poursuivent leur soutien à l’Afghanistan. Nous saluons à cet égard la récente tenue de la conférence ministérielle du processus d’Istanbul – « cœur de l’Asie » à Pékin, en octobre : elle a constitué un tremplin pour favoriser une coopération régionale plus approfondie autour de l’Afghanistan.

La conférence de Londres, qui s’est tenue au début du mois de décembre a elle aussi envoyé un signal positif, en permettant au nouveau gouvernement d’unité nationale de présenter son programme économique et son plan de réformes, auquel la communauté internationale a décidé d’apporter son soutien résolu.

Le soutien des partenaires de l’Alliance évolue avec l’Afghanistan. A partir du début de l’année 2015, la mission de conseil, de formation et d’assistance de l’OTAN « Resolute support », que le Conseil de sécurité vient de saluer dans la résolution 2189, sera présente pour continuer à former les forces afghanes.

Monsieur le Président,

Je voudrais terminer en évoquant un défi de taille qui reste et qui est celui de la lutte contre le trafic de drogues. Nous sommes particulièrement préoccupés par la hausse continue de la production d’opium, confirmée par le dernier rapport du Secrétaire général des Nations unies et soulignée encore tout à l’heure par M. Fedotov dans son intervention. C’est impératif que cette tendance soit inversée. Nous encourageons les autorités afghanes à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour combattre la production et le trafic de drogues qui représentent une menace majeure pour la stabilité de l’Afghanistan, pour la santé publique de sa population et pour son développement. Nous ne devons pas laisser une économie illicite prospérer au détriment du développement du pays.

A cet égard, nous estimons que la MANUA doit jouer un rôle majeur pour animer et coordonner le dialogue avec les autorités afghanes sur ce sujet capital pour l’avenir du pays. Nous pensons notamment que toutes les entités des Nations unies engagées en Afghanistan doivent prendre en compte la lutte contre la drogue dans la conception et la conduite de leurs activités respectives, afin de créer les synergies nécessaires pour lutter contre ce fléau dans toutes ses dimensions. Nous saluons en particulier l’action de l’ONUDC dans ce domaine.

Pour terminer, je voudrais moi aussi rendre hommage à l’action de M. Kubis pour son action efficace et son engagement ainsi qu’à tout le personnel de la MANUA qui travaille dans des conditions on le sait très difficiles. Les Nations unies et la MANUA serons amenées à jouer un rôle majeur en Afghanistan dans les années à venir et seront en première ligne de l’engagement de la communauté internationale. M. Haysom peut être assuré que nous continuerons de lui apporter tout notre soutien dans la tâche qui lui est attribuées.

Je vous remercie.

Dernière modification : 19/01/2016

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