18 septembre 2014 - Conseil de sécurité - Afghanistan - Intervention de M. Alexis Lamek, Représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies

Je remercie le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Jan Kubis, ainsi que l’ambassadeur d’Afghanistan, M. Tanin, pour leurs présentations.

Comme l’a rappelé M. Kubis tout à l’heure, l’Afghanistan vient de connaître une phase intense d’activité électorale. En dépit des menaces et des violences, les électeurs se sont rendus nombreux aux urnes, et ont marqué leur désir de contribuer démocratiquement à l’avenir de l’Afghanistan.

Nous comprenons que les discussions se poursuivent entre les deux principaux candidats pour la constitution d’un gouvernement d’unité nationale, et nous espérons que ces pourparlers pourront déboucher rapidement sur un compromis acceptable par tous, dans l’intérêt du pays et du peuple afghan. Il est en effet essentiel que le nouveau gouvernement puisse se mettre au travail dans les meilleurs délais. L’audit électoral, conduit sous la supervision des Nations Unies et en présence de nombreux observateurs internationaux, s’est achevé récemment, et nous espérons que les résultats de l’élection seront bientôt publiés.

Au-delà du processus politique, les signes concernant la stabilisation de l’Afghanistan sont plutôt encourageants, mais les défis restent nombreux.

La sécurité reste en particulier un enjeu de taille. La violence est encore très présente dans le pays. Les attaques récentes contre les civils, les forces de sécurité afghanes ou contre le personnel de la FIAS sont particulièrement préoccupantes. Ces incidents témoignent d’une volonté de l’insurrection, à l’heure où la communauté internationale fait évoluer sa présence dans le pays, de faire douter les Afghans et leurs partenaires de la solidité des progrès obtenus.

Nous ne devons pas fléchir face à ces tentatives d’intimidation. Alors que l’Afghanistan est en pleine transition, l’appui et les efforts des partenaires régionaux seront décisifs. La prochaine conférence ministérielle du processus d’Istanbul doit être une occasion de progresser dans cette direction.

Il apparait clairement que la MANUA sera désormais en première ligne de l’engagement de la communauté internationale. Comme le montre le Secrétaire général dans son rapport, la MANUA a déjà commencé d’assumer ce rôle à mesure que la transition de la FIAS est entrée dans son ultime phase. Elle joue notamment un rôle central dans la crise électorale que nous connaissons encore aujourd’hui.

A l’avenir, la MANUA sera placée dans une situation plus centrale, mais aussi plus complexe. Le Représentant spécial aura vocation, à travers sa mission de bons offices, à incarner la communauté internationale dans son dialogue avec les autorités politiques afghanes. Le mandat de la mission devra clairement déterminer ses tâches prioritaires, consolider ses succès notamment la protection des droits de l’Homme. Afin d’accompagner au mieux le nouveau gouvernement dans le renforcement de la souveraineté afghane, l’appui à la consolidation de l’État de droit et de la gouvernance démocratique devra constituer la première priorité dans le mandat de la mission.

Le mandat de la MANUA devra également tenir compte des défis majeurs pour la stabilité du pays. A cet égard, l’émergence d’une économie illicite liée au trafic de stupéfiants devra constituer un point d’attention particulier, dans la mesure où elle constitue un puissant facteur de déstabilisation du pays, non seulement en termes de corruption et de sécurité, mais également de santé publique et de développement. Nous pensons que la lutte contre le trafic de drogue doit être un élément central du dialogue politique de la MANUA avec les autorités afghanes sans préjudice de l’action des autres entités des Nations Unies engagées en Afghanistan comme l’ONUDC.

A cet égard, je voudrais rappeler que la France est également, avec la Russie, à l’origine du Pacte de Paris, principal cadre multilatéral des projets relatifs à la lutte contre le trafic d’héroïne en provenance de l’Afghanistan. La phase IV de ce Pacte a été adoptée en mars 2013 et couvre des programmes d’action pour la période 2013-2016, orientés notamment vers la lutte contre les flux financiers illicites issus du trafic et le renforcement de la coopération régionale.

Au moment de conclure, je voudrais moi aussi rendre hommage à l’action de M. Kubis et au-delà de M. Kubis à l’ensemble du personnel de la MANUA qui travaille dans des conditions extrêmement difficiles en Afghanistan. Tous ont porté l’action des Nations Unies en Afghanistan à un niveau d’excellence qui fait honneur à notre organisation, et nous sommes convaincus que les Nations Unies et la MANUA auront un rôle majeur à jouer en Afghanistan dans les années à venir, sous la direction de Nicholas Haysom dont nous saluons la prochaine entrée en fonction. Je vous remercie.

Dernière modification : 26/02/2015

Haut de page