#1diplomate1question

Chaque mois, un agent de la Mission répond aux questions des internautes sur son parcours, sa journée-type, les dossiers qu’il suit à l’ONU.

Cette semaine, Jean-Noel Bonnieu, expert Afrique, s’est prêté au jeu des questions-réponses.

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Question de Hanae LaGlobetrotteuse : Quelles études a t’il suivi avant de devenir expert à la mission française ? Et quelles expériences professionnelles avant d’en arriver là ?

Bonjour Hanae ! J’ai rejoint le Ministère après des études à Sciences Po et l’ENA. Au cours de ma scolarité, j’ai eu la chance d’avoir plusieurs expériences à l’étranger : une année d’échange aux Etats-Unis à l’Université de Pennsylvanie et plusieurs stages, dont un en ambassade en Croatie. J’ai également travaillé dans les Alliances françaises en Chine, à Pékin, ce qui m’a permis d’avoir une première expérience du travail d’influence diplomatique et culturelle à l’étranger, et bien sûr de découvrir ce grand pays qu’est la Chine et d’en apprendre la langue.

Avant New York, qui est mon premier poste à l’étranger, j’ai commencé par un poste de « rédacteur », c’est-à-dire expert, à la Direction des Nations unies du Quai d’Orsay, en « administration centrale », à Paris.

Comme vous le voyez, les expériences à l’étranger et les compétences linguistiques comptent pour beaucoup et nous avons tous ici eu des parcours variés. Pour rejoindre le Ministère, il y a d’ailleurs plusieurs voies d’accès : par l’ENA ou un IRA (Institut régional d’administration), ou par l’un des nombreux concours directs organisés par le Ministère des Affaires étrangères. Vous pourrez trouver plus d’informations sur notre site

Question de Gaelle Cros : Après le rapt des lycéennes par Boko Haram au Nigeria et l’attaque à l’université de Garissa au Kenya par Al-Shabaab, que peut faire le Conseil de Sécurité de l’ONU ? Comment prévenir d’autres actes terroristes ?

Bonjour Gaëlle, merci pour votre question ! Boko Haram et Al-Shabab sont des groupes terroristes qui menacent la paix et la sécurité internationales et que le Conseil de sécurité a placés sous sanctions des Nations Unies. Cela permet de limiter leurs ressources financières, réduire leur capacité à mobiliser des armes et équipements pour mener leurs exactions, interdire à leurs dirigeants de se déplacer à l’étranger pour conclure des alliances et chercher du soutien.

Ensuite, le Conseil de sécurité peut apporter un soutien à des forces africaines déjà présentes et actives dans la lutte contre ces groupes terroristes. C’est déjà le cas en Somalie, où l’ONU soutient les forces africaines de l’AMISOM contre Al-Shabab en Somalie. C’est notre objectif également dans la lutte contre Boko Haram, où nous cherchons à faire adopter une résolution par le Conseil de Sécurité pour appuyer les forces africaines régionales, le Nigéria et les pays voisins (Niger, Tchad, Cameroun), qui combattent ce mouvement.

Le Conseil de sécurité peut aussi mobiliser la communauté internationale pour apporter un soutien financier à ces efforts militaires.

Tous ces outils peuvent être mobilisés et définis dans des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, le cas échéant placées sous « chapitre VII » de la Charte des Nations unies, chapitre permettant au Conseil de prendre des mesures coercitives.

Question de Jessica Galissaire : Où en est la proposition de la France au CS concernant la responsabilité de protéger et la limitation de l’utilisation du veto ?

Bonjour Jessica et merci pour cette question ! La France est très attachée au principe de responsabilité de protéger les populations civiles du génocide, des crimes de guerre et contre l’humanité, qui appartient en premier lieu aux Etats eux-mêmes. Mais lorsque l’Etat n’est pas en mesure de se conformer, ou choisit de ne pas se conformer pas à cette obligation, la communauté internationale doit pouvoir agir. Ce principe est désormais reconnu aux Nations Unies et nous déployons tous les efforts pour le mettre en œuvre. C’est dans ce cadre que la France a proposé à ses partenaires du Conseil de sécurité un encadrement de l’usage du droit de veto. Ce que nous voulons, c’est éviter à tout prix la paralysie du Conseil de sécurité lorsque l’on sait que des atrocités de masse sont commises, et la France propose que dans de telles situations, les membres permanents s’engagent volontairement et collectivement à ne pas recourir au véto. Nous poursuivons nos efforts en ce sens.

Dernière modification : 21/04/2015

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