25 septembre 2014 - AGNU69 - Réunion de haut niveau sur la réponse à Ebola - Intervention de M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères et du Développement international

Chers Amis, Chers Collègues,

Ce n’est pas simplement une épidémie, c’est une catastrophe. Cela a été dit et démontré avec beaucoup de force et d’éloquence avant moi. On nous a demandé de faire davantage. La France est au rendez-vous, à la fois parce que la catastrophe est d’une dimension exceptionnelle, parce qu’on connaît les liens de l’Afrique et de la France, et parce que notre tradition est d’être très présents dans le domaine sanitaire.

On sait en particulier que ce sont des instituts de recherche français - l’institut Pasteur et l’Inserm - qui ont identifié l’épidémie dès son origine et qui participent à la surveillance de la maladie. Ce n’est pas uniquement une question d’argent mais, bien sûr, il faut des moyens financiers. Dans ce cadre, j’annonce que la République française a décidé de consacrer 70 millions d’euros à la lutte contre Ebola.

Nous essayons d’être présents dans les différents pays, mais nous agissons d’abord sur le terrain - et principalement en Guinée dont je salue le président - ainsi que cela a été souhaité par les Nations unies, à l’épicentre de l’épidémie en Guinée forestière. Nous allons ouvrir un centre de traitement en liaison avec la Croix-Rouge, et nous renforçons notre appui aux services de santé locaux. L’institut Pasteur a mis en place un centre d’expertise dans le pays pour l’ensemble de la sous-région.

La deuxième remarque que je voudrais faire, c’est que si l’épidémie a tellement d’ampleur, on l’a souligné avant moi, c’est parce que les systèmes de santé en Afrique sont malheureusement lacunaires. Et par un cercle vicieux, cette catastrophe va encore dégrader les systèmes de santé. C’est pourquoi, ainsi que l’a dit Mme Chan, il nous faut dès maintenant penser à la reconstruction des systèmes de santé et aussi à un autre aspect très urgent de cette épidémie, c’est de faire face à la crise alimentaire, qui intervient très rapidement.

Une aide supplémentaire au programme alimentaire mondial est également nécessaire. La catastrophe n’est pas seulement immédiate, elle a des conséquences sanitaires de long terme et elle a des conséquences alimentaires.

Je voudrais terminer ce court propos, en pensant à l’écho qui va être donné, au-delà de cette salle, par nos travaux. L’écho qui doit être donné c’est celui non seulement de l’ampleur de la catastrophe mais aussi de la force de notre réponse. Mais je voudrais qu’un autre écho soit donné, c’est notre soutien, notre admiration vis-à-vis de tous les travailleurs médicaux, qui se dévouent parfois même au péril de leur propre existence.

L’Europe a décidé d’organiser un système de rapatriement sanitaire, c’est ce qui nous est demandé par l’Organisation mondiale de la santé. La secrétaire d’État qui travaille à mes côtés, Mme Girardin, me dit que la décision a été prise pour que tous les personnels médicaux soient assurés, s’ils leur arrivent une difficulté majeure, de pouvoir être rapatriés.

Je pense que ce message qui est un message de soutien aux malades, et de soutien et d’admiration à tous ceux qui se dévouent pour lutter contre cette épidémie, doit être un des résultats principaux de la réunion d’aujourd’hui.

Dernière modification : 26/02/2015

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