26 septembre 2014 - AGNU69 - Réunion de haut niveau sur la République centrafricaine - Intervention de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international

Madame le Chef d’État de la transition,

Messieurs les Chefs d’État, Mesdames, Messieurs,

L’année passée, la plupart d’entre nous étions présents ici à la même époque. Et j’ai encore dans le souvenir le fait que plusieurs, et singulièrement le président de la République française, avaient lancé un cri d’alarme pour la République centrafricaine. Je me souviens également des décisions difficiles et courageuses qu’il avait fallu prendre immédiatement ensuite, pour éviter ce qui, si nous n’étions pas intervenus les uns et les autres, aurait probablement été un génocide. Je remercie toutes celles et tous ceux qui nous ont soutenus dans une période qui n’est pas très lointaine, et en particulier, puisqu’ils l’ont dit avec beaucoup de force et d’émotion, les présidents Deby et Bongo.

Maintenant tournons-nous vers le futur. Il y a un triangle de la réussite qu’il faut essayer de construire. D’abord, il y a l’aspect sécuritaire. MISCA, MINUSCA, Sangaris, l’important c’est que sont rassemblés sur le terrain grâce à vous toutes et tous, et à la communauté internationale, des femmes et des hommes qui n’hésitent pas à mettre leur vie en jeu pour que la Centrafrique retrouve liberté et intégrité. Il y a encore des poches d’insécurité qui sont très difficiles à vaincre, mais disons que peu à peu, les choses s’améliorent. En ce qui concerne la France en tout cas, elle sera fidèle au rendez-vous sur le plan sécuritaire.

Sur le plan humanitaire et économique, il y a de gros efforts à accomplir, parce que non seulement cela demande beaucoup de moyens financiers, mais cela demande aussi un suivi très attentif. On ne peut pas dire que dans le passé, l’administration ait été particulièrement performante. Il ne s’agit pas de la reconstruire mais de la construire, et d’éviter un certain nombre d’abus qui ont pu exister, et puis de faire redémarrer la machine. Nous nous y attelons tous, et je veux vraiment vous remercier de cela.

Puis il y a l’aspect politique. Je veux rendre un hommage vraiment très chaleureux à l’action entreprise et menée à bien par le président Sassou. Je crois que l’accord de Brazzaville est reconnu par tous comme une base excellente, et maintenant il faut mettre cela en action. La présidente de transition fait de son mieux pour aller en ce sens, elle sait qu’elle peut compter sur nous tous, et singulièrement sur la France. Bien évidemment, cela va poser la question des futures élections. On connait les difficultés, mais en même temps, si selon les procédures légales, on repoussait trop loin l’échéance, elle risquerait d’être si lointaine qu’elle disparaitrait du regard. Il faut - il y a des personnes qui sont qualifiées pour cela - que l’on trouve une bonne solution, et en tout cas la perspective de la partition a été complètement écartée, c’est une bonne chose.

Pour terminer je veux dire deux choses. D’une part, vraiment, remercier tous ceux qui sont là, à la fois les pays de la sous-région et l’Union africaine, parce que le travail mené à bien a été considérable, et je pense que cela n’est jamais assez souligné. Les sacrifices, en termes humains, de beaucoup d’Africains ont été également considérables. Et puis dire, mais ceci n’est pas une surprise, que la France, comme toujours quand il s’agit de l’Afrique, sera dans la discrétion, mais dans l’efficacité, fidèle au rendez-vous.

Dernière modification : 26/02/2015

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