28 août 2014 - Conseil de sécurité - Ukraine - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies, chargé d’Affaires a.i.

Monsieur le Président,

Je remercie M. Jeffrey Feltman pour sa présentation.

Les informations qui nous parviennent du terrain sont très inquiétantes.
Les actions menées par les séparatistes et l’intensification des combats en zones urbaines, entraînent des conséquences humanitaires graves.
Aujourd’hui, nous appelons toutes les parties à la retenue, à la protection des populations civiles et au respect du droit international humanitaire, en ayant à l’esprit ces centaines de milliers de personnes déplacées et terrorisées.

Monsieur le Président,

Le soutien de la Russie aux séparatistes, en violation de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, est inadmissible. La présence de soldats russes sur le territoire ukrainien et leur participation directe aux côtés des séparatistes, à la prise de la ville de Novoazovsk, ne sauraient être tolérées.
Comme l’a rappelé le Président de la République française ce matin, la Russie doit respecter la souveraineté de l’Ukraine, arrêter son soutien aux séparatistes et les amener à accepter un cessez-le-feu bilatéral. C’est dans ce cadre que doit être recherché un règlement politique durable. Mais encore faudrait-il que Moscou accepte de s’engager sur la voie de la désescalade.
Cela suppose dans l’immédiat l’arrêt des livraisons de matériel militaire aux séparatistes. Cela suppose également le contrôle de la frontière russo-ukrainienne. Sur ces points, nous attendons de la Russie des gestes qui nous permettent d’engager - enfin - un dialogue politique sérieux et bénéfique à tous.
La prolongation ou l’amplification du conflit n’est dans l’intérêt ni de l’Ukraine, ni de la Russie, ni de la communauté internationale.

Monsieur le Président,

La tenue le 26 août dernier à Minsk d’une rencontre en tête-à-tête entre M. Porochenko et M. Poutine, même si elle n’a apporté que peu de résultats concrets, avait constitué un pas positif, dans la mesure où elle avait permis un contact direct entre les deux présidents, après celle du 6 juin à Bénouville.
La crise ukrainienne constitue l’une des crises les plus graves en Europe depuis la fin de la guerre froide. Notre objectif est de parvenir, enfin, à une solution politique, durable, à cette crise qui n’a que trop duré.
Mais tant que la Russie poursuivra sur la voie de l’escalade et ne saisira pas l’opportunité de reprendre le dialogue politique, nous maintiendrons la pression.
C’est pour cette raison que l’Union européenne a adopté, le 29 juillet dernier, un « paquet » substantiel de sanctions économiques sectorielles à l’encontre de la Russie. Ces sanctions seront maintenues, voire augmentées, si l’escalade devait se poursuivre. Nous ne souhaitons pas en arriver là. Ce n’est pas dans l’intérêt de la Russie, et ce n’est dans l’intérêt de personne.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 26/02/2015

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