29 août 2014 - Conseil de sécurité - Kosovo - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies, chargé d’Affaires a.i.

Monsieur le Président,

Je remercie moi aussi le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Zarif, pour son exposé et je souhaite la bienvenue aux deux Ministres qui nous font l’honneur de leur présence aujourd’hui, M. Dacic et M. Hoxhaj.
La France se réjouit que les élections du 8 juin au Kosovo se soient déroulées dans le calme et la transparence. La bonne participation de la communauté serbe à ces élections nationales est également un signe très positif. Ce scrutin prouve que la voix du dialogue permet de trouver des solutions équilibrées pour toutes les communautés du Kosovo.

Nous espérons désormais qu’un compromis puisse être enfin trouvé pour la formation rapide d’un gouvernement, dans le respect des institutions démocratiques. Le Kosovo a besoin d’un gouvernement stable. C’est dans l’intérêt de l’ensemble des habitants du Kosovo, au regard des défis économiques urgents, mais aussi de la région. C’est là également une attente de ce Conseil.

En effet, plus d’an après l’accord historique du 19 avril 2013, il est dans l’intérêt de tous que le dialogue entre Pristina et Belgrade reprenne rapidement. Les deux parties devront faire preuve d’un état d’esprit constructif et de recherche du compromis afin de permettre la normalisation de leurs relations et la mise en œuvre de l’accord conclu l’année dernière. Il en va aussi de la poursuite de leur rapprochement européen, mais j’y reviendrai.

Pour ce faire, la formation d’un gouvernement au Kosovo est une première condition. Le retour à cette volonté courageuse, de la part des parties, de se tourner ensemble vers l’avenir, telle qu’elle avait prévalu au printemps 2013, en est une autre.

Monsieur le Président,

Le Kosovo ne pourra se tourner sereinement vers l’avenir sans que la lumière puisse être faite sur son passé pour que le Kosovo.
Nous remercions le procureur Clint Williamson, l’équipe spéciale d’enquête, ainsi que la mission européenne EULEX dans son ensemble, pour le travail accompli sans relâche ces trois dernières années sur les allégations de crimes contenues dans le rapport Marty.

Désormais, c’est au Kosovo de prendre ses responsabilités et de faciliter l’établissement d’un tribunal chargé de donner suite aux travaux menés par la mission européenne EULEX. Compte tenu de la gravité des crimes allégués, l’Union européenne a également fait part de ses attentes vis-à-vis des autorités kosovares quant à la réponse à y apporter.

Nous n’avons aucun doute sur la volonté des Kosovars de s’engager dans un processus judiciaire qui permettra de répondre de manière juste et impartiale à ces allégations et d’affronter tous les aspects des heures si difficiles qu’a connues le Kosovo à la fin des années 1990.
Une conduite satisfaisante de cette affaire repose aujourd’hui notamment sur les partis politiques à Pristina, qui doivent faire montre de leurs maturité et détermination, comme ils l’ont déjà fait par le passé.

Monsieur le Président,

Je voudrais condamner les incidents violents qui ont secoué le Kosovo le 22 juillet dernier, et ce tout en saluant le sérieux des forces de sécurité kosovares dans leur réponse mesurée.
En dépit d’incidents préoccupants, comme la mort d’un gendarme serbe et d’un citoyen kosovar hier dans la zone frontalière, la situation sécuritaire au Kosovo, heureusement, demeure globalement stable.

Monsieur le Président,

Je conclurai en saluant la marche conjointe du Kosovo et de la Serbie vers l’Union européenne après la normalisation de leurs relations.
Des étapes importantes ont été franchies récemment entre la Commission européenne et Pristina en vue de la conclusion de l’accord de stabilisation et d’association UE-Kosovo, qui vise à soutenir le développement du Kosovo, l’accompagner dans ses réformes, et contribuer ainsi à la stabilisation de la région. Nous espérons que cet accord pourra être finalisé très prochainement.

La Serbie, quant à elle, a réalisé des efforts importants en termes de réformes internes et de relations avec son voisinage. Les négociations d’adhésion à l’Union européenne, lancées le 21 janvier dernier, se poursuivent et devront mettre l’accent en particulier sur les questions relatives à l’Etat de droit. Cette dynamique est profitable pour l’ensemble de la région, et nous saluons les efforts déjà accomplis par la Serbie.

Il revient désormais à la Serbie et au Kosovo de faire face à leurs engagements mutuels afin de poursuivre ensemble leur rapprochement européen.

Je vous remercie.

Dernière modification : 26/02/2015

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