Agenda post-2015 : Mobiliser la finance locale, au cœur des grands défis de 2015

Monsieur l’ambassadeur, Messieurs les Maires, Mesdames, Messieurs, chers collègues, chers amis,

Je suis très heureux et honoré d’introduire cet important évènement et voudrais commencer par souhaiter chaleureusement la bienvenue à chacune et chacun d’entre vous.

Le thème de notre réunion « mobiliser la finance locale pour la mise en œuvre de l’agenda post-2015 » est au cœur des grands défis de cette année.

Nous voulons, en effet, bâtir un monde plus prospère, plus équitable et aussi plus respectueux de notre planète. Pour cela, trois grandes conférences vont avoir lieu ; elles vont, nous le souhaitons tous, aboutir, pour la première fois, à une approche nouvelle et partagée du développement durable : ce sont les conférences d’Addis, de New York et de Paris.

Le défi est immense et nous avons besoin d’une mobilisation exceptionnelle non seulement de nos gouvernements, mais encore de l’ensemble des acteurs ; parmi eux, les villes et les collectivités locales ont un rôle clef : comme le disait très bien le Secrétaire Général des Nations unies : « la bataille du développement durable sera gagnée ou perdue dans les villes ». D’un côté, les villes concentrent presque tous les défis du développement et du changement climatique ; de l’autre, elles détiennent aussi les leviers de l’innovation, de l’expérience, de l’esprit d’entreprise ; elles ont à la fois les moyens et la légitimité nécessaires pour relever les défis que je viens d’évoquer.

C’est pourquoi nous avons voulu organiser cet événement avec l’organisation Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU). CGLU – mais ai-je besoin de le rappeler ? – est à la pointe du combat pour le développement durable et la lutte contre le changement climatique. Dès 2007 CGLU adoptait sa feuille de route sur le climat ; en 2013 se tenait le sommet de Nantes avec sa déclaration des maires et des dirigeants territoriaux sur les changements climatiques ; et, ici même à New York, lors du sommet si réussi du Secrétaire Général des Nations unies en septembre dernier, CGLU a encore une fois joué un rôle clef de mobilisation, avec l’ensemble des autres groupes majeurs, en faveur du climat, qui a, d’ailleurs débouché sur une déclaration conjointe de grande qualité.

Je suis également ravi de la présence à mes côtés de mon ami l’ambassadeur de Norvège Geir Pedersen. Il est, comme vous le savez tous, l’un des deux co-facilitateurs du processus qui va conduire à la conférence d’Addis Abeba. C’est donc un acteur majeur de ce nouveau monde que nous essayons de faire naître. Lui et son équipe font, avec l’Ambassadeur du Guyana qui est l’autre facilitateur, un travail considérable, remarquable et totalement désintéressé ; et il nous fait l’amitié d’être parmi nous aujourd’hui. Et il nous donnera sa vision des choses dans quelques instants.

Nous aurons aussi le plaisir d’entendre dans quelques instants M. Zhu, qui parlera au nom du Secrétaire Général et nous adressera – j’en suis sûr – un message d’audace et d’encouragement en vue de votre discussion.

Après ces discours introductifs, le Professeur Paul Smoke, de l’Université de New York, nous expliquera pourquoi le financement du développement doit intégrer la dimension locale.

Puis, nous passerons à nos deux table-rondes, l’une sur la mobilisation des ressources intérieures, l’autre sur le renforcement des financements de long terme. Je ne pourrai hélas rester avec vous à ce moment-là ; mais je tenais à saluer chaleureusement la présence parmi nous des maires de Rabat, M. Fathallah Oualalou, et du Maire de Suresnes, M. Christian Dupuy.

Voilà donc, très brièvement résumées les grandes étapes de notre événement.

Avant de conclure et de passer la parole à l’Ambassadeur Pedersen, quelques mots sur la position française sur ces questions essentielles des relations entre finances locales et développement.

Les villes et les collectivités locales ont un rôle majeur à jouer en matière de développement durable, de résilience, de lutte contre le changement climatique. Elles font déjà beaucoup, et elles doivent donner l’exemple, sensibiliser les citoyens qui ont leur confiance, montrer que des solutions existent.

Les collectivités locales jouent en effet un rôle essentiel dans la production de services de base aux populations, comme la santé, l’éducation, l’énergie, l’accès à l’eau et l’assainissement, et à ce titre dans la réalisation des objectifs de l’agenda du développement durable post-2015. M. Bloomberg, Représentant spécial du Secrétaire Général et ancien maire de New York, le rappelait : les villes représentent près des 2/3 de l’énergie consommée dans le monde, et 70% des émissions de gaz à effet de serre.

Elles peuvent aussi participer à la mobilisation des ressources au niveau local et contribuer ainsi à atteindre les futurs objectifs du développement, de plusieurs façons, qu’il s’agisse des ressources foncières qui peuvent générer des ressources si elles sont bien exploitées, des ressources fiscales, et des ressources financières via les banques ou via l‘émission d’obligation sur les marchés financiers.

Encore une fois, les collectivités locales font déjà beaucoup sur la question du climat. Elles sont au cœur des efforts de réduction des émissions et l’adaptation.

Les villes se sont engagées lors du sommet climat de septembre dernier. Les réseaux de villes notamment CGLU, C40, et d’autres poursuivent leurs efforts. Mme Anne Hidalgo, maire de Paris, a par exemple réuni le 26 mars dernier trente maires de villes européennes qui se sont engagées, dans une déclaration commune, à réduire de 40% leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, conformément à la ligne fixée par l’UE.

Le président français François Hollande a demandé à cette occasion aux villes, qui se sont engagées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, de se mobiliser pour la réussite de la conférence climat prévue à Paris en décembre prochain.

Mais les villes et les collectivités locales travaillent aussi à l’adaptation et au renforcement de la résilience. De New York à Dakar, chacun sait bien qu’il faut anticiper les difficultés et se préparer pour éviter que les plus pauvres paient un prix disproportionné.

Dès lors que les villes sont un acteur clef du développement durable, nous souhaitons que leur rôle soit pleinement reconnu. Nous souhaitons notamment qu’Addis leur fasse toute la place qu’elles méritent.

Nous aimerions que le document final qui sera adopté à Addis Abeba reflète l’importance de ces acteurs dans les sources de financement en faveur du développement durable, ce qui serait légitime car je l’ai dit, elles ont des capacités encore largement inexploitées pour lever des ressources.

C’est vrai aussi pour la destination des dépenses, car il est important d’acter à Addis que les investissements, des collectivités locales comme des autres acteurs, doivent intégrer l’ensemble des dimensions du développement durable, et notamment la dimension environnementale.

La France met en œuvre ces priorités dans sa politique de coopération, en appuyant les programmes de décentralisation, notamment dans les pays les moins avancés, et en mettant à disposition une vingtaine d’experts techniques internationaux dans les ministères en charge de ces réformes dans les pays les moins avancés.

Voilà donc les quelques mots d’introduction que je voulais vous dire. Le sujet est immense. Mais ne retenez peut-être qu’une chose : les gouvernements, c’est une évidence, ne réussiront pas seuls les défis d’Addis, de New York et de Paris ; nous avons besoin de villes déterminées, ambitieuses, actives, soucieuses de se faire entendre et de faire des propositions pendant cette année 2015 cruciale pour notre planète.

J’ai maintenant le grand plaisir de passer le relais à mon ami l’Ambassadeur Pedersen. Monsieur l’Ambassadeur, vous avez la parole.

Dernière modification : 20/04/2015

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