Burundi

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Introduction

Après sept années (1993-2000) de guerre civile ayant fait 300 000 morts et un long processus de paix, le Burundi a retrouvé progressivement un certain équilibre politique, suite aux accords d’Arusha de 2000, grâce à une constitution basée sur le partage du pouvoir et à la tenue, en 2005, d’élections reconnues par la communauté internationale.

La France entretient avec le Burundi une longue relation d’amitié et de coopération, amorcée dès l’indépendance du pays. Elle s’est notamment exprimée par le soutien actif que la France a apporté, depuis 2005, au processus de transition, à la consolidation de la paix et à la reconstruction du pays.

Situation intérieure

Les accords d’Arusha ont permis la mise en place d’une république multipartite à régime présidentiel où le Président occupe les fonctions de chef de l’État et chef du gouvernement. Les institutions et les partis politiques doivent obligatoirement respecter des quotas entre communautés. Le premier vice-président doit être issu d’une communauté et d’un parti politique autres que ceux du Président de la République. Conformément à la constitution, l’Assemblée Nationale est composée à 60% de Hutu et à 40% de Tutsi et intègre un minimum de 30% de femmes.

Les scrutins électoraux de 2010 se sont déroulés de façon satisfaisante en dépit de quelques imperfections. Le parti CNDD-FDD a remporté une large majorité à l’Assemblée Nationale, au Sénat et aux conseils communaux. Son candidat, Pierre Nkurunziza, a été réélu le 28 juin 2010 Président de la République (91,6 % des voix).

En 2015, la campagne électorale pour les scrutins programmés à l’été (élections législatives, présidentielles, collinaires et communales) a, dès le mois d’avril, donné lieu à des épisodes de violences au Burundi, une frange de l’opposition contestant la légalité de la candidature du chef de l’Etat à un nouveau mandat, en dépit de la validation de cette dernière par la Cour Constitutionnelle burundaise le 5 mai 2015. Les affrontements culminent avec une tentative échouée de coup d’Etat le 13 mai 2015. Depuis cette date, malgré la tenue des élections et la réélection du président Nkurunziza le 21 juillet par 69,4% des voix, le pays est traversé par une vague de violences qui ne faiblit pas, notamment marquée par une instabilité politique accrue, des assassinats quasi-quotidiens et une détérioration particulièrement grave de la situation des droits de l’Homme.

Le Burundi et les Nations Unies

Admis aux Nations Unies le 18 septembre 1962, le Burundi a siégé comme membre non-permanent au Conseil de sécurité à une seule reprise (1970-1971).

La situation au Burundi figure à l’ordre du jour du Conseil de sécurité depuis le début des années 2000, avec en particulier la création par la résolution 1545 (21 mai 2004) d’une Opération des Nations Unies au Burundi (ONUB) ayant pour mission de « soutenir et d’accompagner les efforts entrepris par les Burundais pour établir durablement la paix et la réconciliation nationale dans leur pays », comme prévu par l’Accord d’Arusha d’août 2000.

Fin 2006, cette opération de maintien de la paix a laissé place au Bureau Intégré des Nations unies au Burundi (BINUB), dont le mandat s’est terminé en décembre 2014. Une mission d’observation électorale (MENUB) a pris le relais en janvier 2015 en vue des scrutins électoraux et s’achèvera le 31 décembre 2015.

La situation actuelle au Burundi mobilise, depuis le printemps 2015, toute l’attention des Nations Unies, le Conseil de Sécurité ayant notamment adopté, à la demande de la France et à l’unanimité, le 12 novembre 2015, la résolution 2248 sur le Burundi.

Enfin, un cadre stratégique pour la consolidation de la paix au Burundi existe depuis 2007 (Commission de Consolidation de la Paix présidée par la Suisse) et définit sept axes prioritaires : la promotion de la bonne gouvernance, l’achèvement de la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu, la promotion des droits de l’Homme et de l’Etat de droit, le développement socio-économique, l’intégration régionale et la coordination de l’aide internationale.

Le Conseil de Sécurité s’est rendu au Burundi les 21 et 22 janvier 2016 dans le cadre du suivi de la situation Burundaise. Les membres du Conseil de sécurité ont souligné auprès de leurs interlocuteurs l’impérieuse nécessité de renoncer à toute forme de violence, de consolider le dialogue politique lancé à Kampala le 28 décembre 2015, de protéger les populations dans le sens d’une meilleure prise en compte du respect des droits de l’Homme et, enfin, l’importance de renforcer les relations avec la communauté internationale, qu’il s’agisse de la Communauté d’Afrique de l’Est, de l’Union Africaine ou des Nations unies.

Relations politiques

La France a activement soutenu la mise en œuvre des Accords d’Arusha et mobilise de longue date la communauté internationale en faveur du Burundi. Aujourd’hui, la France participe activement, avec tous ses partenaires et les organisations régionales concernées, à l’élaboration de solutions qui puissent permettre au pays de retrouver le chemin de la stabilité et du développement.

Le 22 avril 2016 le Conseil de Sécurité a adopté la résolution 2279 visant à soutenir les efforts africains en faveur d’une sortie de crise au Burundi, à accroître la présence des Nations Unies au Burundi, et à lancer un véritable dialogue inclusif entre le gouvernement burundais et l’ensemble des acteurs engagés pour une solution pacifique.
(EAC, CIRGL, UA).

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Dernière modification : 04/04/2016

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