Burundi : Le Conseil de sécurité est déterminé à faire cesser les violences [en]

Burundi - Remarques à la presse de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies - 29 juillet 2016

Nous venons d’adopter la résolution 2303 sur le Burundi, présentée par la France.

Rappelez-vous, depuis plusieurs semaines beaucoup nous disaient qu’une telle résolution était tout bonnement impossible, et que le Conseil de sécurité était bien trop divisé pour réunir une majorité et pour éviter un veto. La France ne pouvait accepter la passivité ou le fatalisme. Ce qui est en jeu au Burundi est en effet trop grave : éviter dans cette région meurtrie une nouvelle tragédie et créer les conditions de la paix.

En adoptant la résolution 2303, le Conseil de sécurité veut assumer ses responsabilités et effectue un acte fort de diplomatie préventive. Pour résumer, en adoptant cette résolution, le Conseil poursuit deux objectifs, qui sont autant de messages forts envoyés aux autorités burundaises et à tous les Burundais :

- D’abord, seul un véritable dialogue inter-burundais inclusif permettra une sortie durable de la crise, un dialogue sous l’égide du Facilitateur, le Président Mkapa, avec le soutien du Conseiller spécial du Secrétaire général, M. Benomar. Ce dialogue n’a pas encore commencé, et il est crucial. Il devra se fonder sur la lettre et l’esprit des accords d’Arusha, qui doivent rester plus que jamais notre boussole.

- Deuxièmement, le Conseil est déterminé à faire cesser les violences et les violations des droits de l’Homme.

La résolution exprime la disponibilité du Conseil à adopter des sanctions contre ceux qui menacent la paix et la sécurité au Burundi.

Elle demande au gouvernement burundais de permettre le déploiement des 200 observateurs de l’Union africaine.

Surtout, elle décide le déploiement de 228 policiers des Nations unies pour observer la situation sécuritaire et les droits de l’Homme. Ces policiers accroitront les capacités du Conseil et de l’ONU en matière de prévention et d’alerte précoce.

Cette résolution ne marque pas le bout du chemin bien sûr. Il s’agit bien d’une étape, d’une étape importante et d’un message fort du Conseil de sécurité. Il appartient maintenant à tous les membres du Conseil de sécurité de travailler d’arrache-pied pour traduire cette résolution dans les faits, dans le plein respect des Accords d’Arusha qui constituent plus que jamais notre boussole à tous, la communauté internationale comme les acteurs du Burundi. Vous pouvez naturellement compter sur l’engagement de la France.

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We have just adopted resolution 2303 on Burundi, presented by France.

Let’s remember : for several weeks now, many have been telling us that such a resolution was impossible, that the Security Council was way too divided to get a majority and to avoid a veto. France could not tolerate passivity nor fatalism. As I told you many times, we don’t give up. What is at stake is simply too important : to avoid a new tragedy in the region and to create the conditions for peace.

With the adoption of resolution 2303, the Security Council assumes its responsibilities and exerts a strong act of preventive diplomacy. In adopting the resolution, the Security Council is pursuing two main objectives, which are clear messages to the Burundian authorities and to all Burundians :

- Number one, only a truly inclusive inter-Burundi dialogue can provide a lasting solution to the crisis, a dialogue under the auspices of the Facilitator, President Mkapa, with the support of the Secretary-General’s special advisor, Mr. Benomar. This dialogue has not yet begun, and it is absolutely crucial. It must be based on the letter and the spirit of the Arusha agreement, because the Arusha agreement is today more than ever the guide and the compass of our efforts, both the international community and the players in Burundi.

- The second message is that we are determined to end the violence and human rights violations.

The resolution expresses the Council’s willingness to impose sanctions on those who threaten peace and security in Burundi.

It asks Burundi’s government to authorize the deployment of 200 African Union monitors.

Most important, it has decided to deploy 228 UN police officers to monitor the security and human rights situations. These police offers will bolster the Council and UN’s prevention and early warning capabilities.

This resolution is not the end of the road. It is an important step forward based on which we will work very hard with our partners of the Security Council to translate this resolution into reality. Let me underscore again, in this respect, that the Arusha Accords are today more than ever our best guide and compass.

Dernière modification : 30/07/2016

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