The cycle of violence must be broken in Burundi - 12 November 2015 [fr]

Burundi - Remarks to the press by Mr François Delattre, Permanent Representative of France to the United Nations - 12 November 2015

(in French and in English)

Bonjour à tous, je voudrais vous dire quelques mots sur la situation au Burundi, qui nous préoccupe depuis longtemps.

La résolution que nous venons d’adopter sur le Burundi, à l’initiative de la France, est une résolution importante. Elle permet au Conseil de sécurité d’adresser au moins trois messages forts :

— Un message d’abord d’unité du Conseil, puisque la résolution, il faut le souligner, a été adoptée à l’unanimité. C’est un point essentiel. Nous avons beaucoup travaillé à bâtir cette unité indispensable du Conseil de sécurité. C’est dans cet esprit que le Conseil, sous présidence française, s’était rendu à Bujumbura en mars dernier. C’est dans cet esprit que nous avons récemment adopté une importante PRST. Le message d’unité exprimé aujourd’hui par le Conseil est essentiel pour rassembler la communauté internationale, y compris bien sûr l’Union Africaine et la Communauté de l’Afrique de l’Est en particulier.

— Un message de mobilisation ensuite pour briser l’engrenage de la violence, lui-même favorisé, il faut le dire, par les appels à la haine. Le Conseil de sécurité doit tout faire pour prévenir un embrasement du pays tout entier, avec ses possibles implications régionales. Le Conseil doit embrasser à bras le corps son rôle – et son devoir – de prévention, et ne pas laisser le génie des violences ethniques sortir de sa bouteille.

— Un message d’espoir enfin. Cette résolution promeut le lancement d’un vrai dialogue inclusif national entre le gouvernement et toutes les parties pacifiques burundaises. Il salue la nomination par le Secrétaire général d’un Conseiller spécial, Jamal Benomar, en soutien de ce dialogue. Il demande des options au Secrétaire général pour la future présence des Nations unies au Burundi et encourage les plans de contingence actuellement développés. Enfin, notre résolution est très claire sur le fait que le Conseil est prêt à adopter des mesures contre ceux qui promeuvent la violence et travaillent contre la paix.

Nous avons donc l’espoir que cette résolution contribuera à la recherche d’une solution pacifique et inclusive qui remette le pays sur le chemin de la paix et de la stabilité qui était le sien depuis les Accords d’Arusha, des Accords qui sont et demeurent plus que jamais notre boussole.

We just adopted an important resolution, which sends, I think, three key messages:

—  A message of unity, as the resolution was adopted unanimously. This is a key point. France, along with its partners, worked hard to build this crucial unity within the Security Council. It was in the same spirit that under the French presidency, the Council traveled to Bujumbura in March. And it was in this spirit that we recently adopted an important PRST. The message of unity expressed by the Council today is vital to bringing together the international community, including the African Union and the East African Community.

—  This important resolution also sends a message of mobilization to break the cycle of violence, which is fueled by hate speech. The Security Council must do everything in its power to prevent a country-wide conflagration, with possible regional implications. The Council must fully embrace its role of prevention - and its duty - and not let the genie of ethnic violence out of the bottle.

—  Finally, this resolution sends a message of hope. This resolution promotes the establishment of a truly inclusive national dialogue between the government and all peaceful Burundian parties. It welcomes the Secretary-General’s appointment of a special adviser, Jamal Benomar, in support of this dialogue. It requests options regarding the future presence of the UN in Burundi and encourages the ongoing contingency planning. It is also very clear on the fact that our Council is ready to adopt measures against any Burundian actor who promotes violence and impedes the search for peace.

We hope this resolution, which is an important step forward, will contribute to a peaceful and inclusive solution in Burundi and put this country back on its track toward the peace and stability that the Arusha Accords had helped bring about. These Arusha Accords are, today more than ever, our compass for the future of Burundi.

Q: Can you please speak specifically to the removal of the reference of targeted sanctions? What do you mean when you talk about additional measures?

FD: I think today’s adoption shows that unanimity on Burundi is possible. And I will even say vital because we are dealing with a crisis that could turn into an explosion of violence. And I think it’s fair to say that on the point you were referring to, everybody agrees: we need to act and face our responsibilities as Security Council. That is why our resolution provides a hook for additional measures in the future to be adopted by the Council against Burundians who stoke violence.

Q: La résolution place clairement l’Union africaine en frontline dans la résolution de cette crise burundaise. Est-ce que ce n’est pas une résolution a minima ? Est-ce que l’Union africaine a les moyens de gérer la crise au Burundi ? Et peut-être une question sur le possible déploiement de troupes onusiennes au Burundi, on en a parlé, est-ce que les discussions avancent sur ce sujet ?

FD : En réponse à votre question, je dirais, premièrement, que ce n’est pas une résolution a minima. C’est une résolution extrêmement importante, adoptée à l’unanimité, qui montre l’engagement, la mobilisation du Conseil de sécurité contre le risque d’engrenage des violences, qui montre aussi la mobilisation du Conseil au service d’un vrai dessein politique. Ce n’est pas une résolution a minima, c’est une résolution importante, considérée comme telle par l’ensemble des acteurs du Conseil de sécurité avec lesquels nous avons travaillé d’arrache-pied pour adopter cette résolution en un temps record, ce qui montre le degré de mobilisation pour le Burundi et au service du rôle de prévention qui, nous le pensons, doit être celui des Nations unies. La mise en œuvre de cette résolution sera naturellement cruciale. Nous devons rester extrêmement mobilisés et vigilants.

D’où, l’importance que revêt le rôle de l’Union africaine. Notre concertation avec les membres africains du Conseil de sécurité a été absolument exemplaire tout au long de ce processus qui a conduit à l’adoption de cette résolution. Cette concertation est cruciale pour la suite et pour la bonne mise en œuvre de la résolution. L’Union africaine aura un rôle clé en liaison avec les Nations unies et la Communauté des Etats de l’Afrique de l’est, pour s’assurer de la bonne mise en œuvre de la résolution, s’assurer en particulier de la mise en œuvre d’un dialogue inter-burundais réellement inclusif. Sur tous ces dossiers nous avons travaillé et continuerons à travailler, nous le Conseil de sécurité, main dans la main avec les Africains et en particulier avec l’Union africaine.

S’agissant de la suite, le Conseil de sécurité a demandé au Secrétariat de réfléchir à différentes options possibles en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain. Il est un peu tôt pour en dire davantage mais il est clair que nous sommes vigilants aussi sur les actions que pourrait prendre le Conseil de sécurité afin d’aider à la stabilisation de la situation du Burundi.

Dernière modification : 04/08/2016

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