L’accord sur le climat est possible, mais il faut accélérer

Dérèglement climatique - COP21 - Journée d’action aux Nations unies - Propos de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, président de la COP21 - New York, 29/06/2015

Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire général,

Mes chers Collègues et Amis,

L’évènement qui nous rassemble est important parce qu’il se situe à cinq mois de la conférence de Paris. Il nous permet de faire le point et les interventions de ce matin ont été toutes convergentes.

Point numéro un, il est indispensable d’obtenir un accord à Paris, ambitieux et universel. Point numéro deux, comme le dit le Secrétaire général, les planètes sont alignées et c’est vrai que toute une série d’éléments favorables existe : la communauté scientifique, enfin, est entendue ; les responsables des entreprises, les responsables des collectivités locales, les grandes autorités, morales et spirituelles sont engagées ; de très grands pays - on pense en particulier aux États-Unis et à la Chine - ont fait connaître là aussi leur volonté d’avancer. Et d’une façon générale, nous le voyons avec mon ami Manuel, les pays veulent conclure positivement.

Mais - parce qu’il y a un mais - il faut accélérer parce que nous savons que ces matières sont très complexes et que ce n’est pas au dernier moment que l’on va résoudre les questions. D’où le travail que fait et que doit faire ce qu’on appelle l’ADP, d’où toute une série de réunions ministérielles qui vont intervenir entre maintenant et le mois d’octobre, le mois de novembre, et d’où surtout la nécessité d’une volonté politique pour qu’on ne se retrouve pas fin novembre, quand commencera la conférence de Paris, dans la situation où on était à Copenhague.

Il faut intervenir à l’avance pour résoudre le maximum de questions. C’est possible, et c’est le troisième point que je voudrais signaler, à condition bien sûr que la justice soit respectée. Chacun ne contribue pas à même proportion aux émissions de gaz à effet de serre et chacun n’a pas les mêmes possibilités. Il faut donc que l’accord soit différencié. Il y a un effort supplémentaire à faire en matière financière puisque nous nous sommes engagés à trouver 100 milliards de dollars par an en 2020 et, donc, les pays riches doivent admettre qu’il y a un effort supplémentaire à faire.

Et puis, il faut se préoccuper pas seulement bien sûr de la réduction de la température ou de l’effet de serre mais aussi de l’adaptation au dérèglement climatique, car beaucoup de pays, de petites îles, de territoires, ont besoin de s’adapter par rapport à la situation qui existe.

Mais s’il y a la volonté politique - et elle est évidemment présente - Paris sera un succès. Et Paris ne sera pas simplement un point d’aboutissement - la première fois qu’un accord universel est passé - mais Paris sera un point de départ pour d’autres améliorations qui devront intervenir ensuite.

Il va y avoir, dans les semaines et les mois qui viennent, de très nombreuses réunions. Il y en a une bientôt d’ailleurs à Paris au niveau ministériel. Il y aura toute une série de réunions qui auront lieu, au moment de l’Assemblée générale, et d’autres encore. Le mot d’ordre qui doit être passé ce matin est le suivant : l’accord est indispensable, il est possible, mais il faut accélérer.

Q - La Chine doit annoncer dans les heures qui viennent sa contribution climat. Est-ce que je peux vous demander quelle serait pour vous une annonce ambitieuse ? Et si tel n’était pas le cas, quelles seraient les conséquences pour l’impulsion politique dont vous parliez à l’instant ?

R - La Chine, à travers ses dirigeants au plus haut niveau, a montré son engagement en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique par toute une série de déclarations, par beaucoup de décisions concrètes, que tous ceux qui connaissent bien la Chine peuvent constater et, aussi, par l’accord qui a été passé entre les États-Unis et la Chine.

La Chine nous a annoncé qu’elle rendrait publique son INDC très prochainement ; certains disent aujourd’hui même. Nous le verrons. Je vais m’entretenir dans quelques instants avec le négociateur chinois qui est là mais, jusqu’à présent, en tout cas, la Chine a fait partie des pays qui ont changé la donne pour que - pour reprendre l’expression du Secrétaire général Ban Ki-moon - « les planètes soient alignées ». Nous serions extrêmement déçus s’il en était autrement. Nous faisons donc confiance aux autorités chinoises pour aller dans le sens des engagements qu’elles ont déjà prises.

Dernière modification : 30/06/2015

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