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Corée du Nord
La République populaire démocratique de Corée (RPDC) est membre du Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP) depuis 1985, mais a tenté de s’en retirer en 1993, lorsque des inspections de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) avaient révélé des activités suspectes dans le pays. La communauté internationale, dans sa grande majorité, a condamné cette déclaration, et le Conseil de Sécurité a adopté la même année la résolution 825, appelant la Corée du Nord à respecter ses engagements internationaux. Des négociations avaient finalement pu aboutir en 1994 au gel du programme nucléaire nord-coréen en échange d’une assistance dans le domaine de l’énergie.

En janvier 2003, la RPDC renvoie les inspecteurs de l’AIEA et annonce une nouvelle fois son retrait du TNP, ce que lui conteste la communauté internationale. Pyongyang affirme son droit à développer des armes nucléaires et annonce le redémarrage de ses installations nucléaires gelées en 1994. Des « pourparlers à Six » s’ouvrent à Pékin en avril 2003, et réunissent les États-Unis, la Russie, la Chine, le Japon et les deux Corées. Les Six aboutissent finalement à une déclaration conjointe en septembre 2005, dans laquelle la Corée du Nord s’engage à renoncer aux armes nucléaires et à rejoindre le TNP ainsi que le régime de contrôles de l’AIEA en échange de la fourniture d’énergie.

Malgré cet engagement, la Corée du Nord poursuit son programme nucléaire militaire. En juillet 2006, elle procède à deux tirs de missiles balistiques d’une portée de 6000 km, à proximité du Japon. Le Conseil de Sécurité réagit en adoptant la résolution 1695, qui condamne ces tirs et exige que la Corée du Nord suspende ses activités dans le domaine.

En octobre 2006, la RPDC annonce avoir mené un essai nucléaire souterrain. Une fois de plus le Conseil de Sécurité réagit immédiatement et adopte la résolution 1718, qui instaure un régime de sanctions . Ces mesures visent à lutter contre les activités proliférantes de la Corée du Nord en interdisant notamment la fourniture de matériaux sensibles et en encourageant l’inspection des cargaisons suspectes. Un comité de sanctions, dit « Comité 1718 » et composé des 15 membres du Conseil de Sécurité, est chargé de la bonne application de ces sanctions.

Malgré ces mesures, et alors que les pourparlers à Six se poursuivaient, l’année 2009 voit les provocations se multiplier de la part de la Corée du Nord : lancement d’un engin balistique en avril, et surtout, deuxième essai nucléaire en mai. S’inspirant en partie de propositions françaises, le Conseil de Sécurité vote la résolution 1874, qui prévoit un renforcement important des sanctions : embargo très large sur les armes, inspection systématique des cargaisons en provenance ou à destination de la Corée du Nord, restrictions financières, et renforcement du Comité 1718.

Depuis l’accession au pouvoir de Kim Jong-un en 2011, et en dépit de l’annonce en 2012 d’un moratoire sur ses activités balistiques et nucléaires, la Corée du Nord continue de violer ses engagements internationaux : deux tirs de fusées longue-portée ont été menés en 2012, suivis d’un troisième essai nucléaire en février 2013.
Suite à ces nouvelles provocations, le Conseil de Sécurité a décidé de renforcer le régime de sanctions en adoptant à l’unanimité les résolutions 2087 (janvier 2013) et 2094 (mars 2013).

Le programme nucléaire nord-coréen pose un défi majeur à la paix et à la sécurité internationale, et le consensus qu’il suscite au sein du Conseil de Sécurité traduit bien l’importance que lui accorde la communauté internationale. En violation totale de ses engagements internationaux et au mépris de la sécurité de la péninsule coréenne, la RPDC continue de procéder à des lancements de missiles balistiques, les derniers en date en février, avril et mai 2015.

Au sein des organes compétents des Nations unies, la France est pleinement engagée dans la lutte contre la prolifération nucléaire et balistique. Elle soutient les pourparlers à Six sur le règlement de la question nord-coréenne. En tant que membre permanent du Conseil de Sécurité, elle a participé activement à l’élaboration des résolutions successives. Son objectif comme celui de l’Union européenne demeure le démantèlement complet, vérifiable et irréversible des programmes nucléaires de la Corée du Nord, afin de parvenir à une dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Dernière modification : 03/06/2015

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