Déclaration conjointe : prévention de l’extrémisme violent [en]

Déclaration conjointe sur la prévention de l’extrémisme violent - 14 octobre 2016

La déclaration ci-après portant sur la question de la prévention de l’extrémisme violent a été publiée le 14 octobre 2016 au nom des États suivants : Afghanistan, Albanie, Allemagne, Ancienne République yougoslave de Macédoine, Argentine, Australie, Autriche, Belgique, Bulgarie, Canada, Chili, Chypre, Colombie, Croatie, Danemark, Émirats arabes unis, Espagne, Estonie, États fédérés de Micronésie, États-Unis d’Amérique, Éthiopie, Finlande, France, Géorgie, Ghana, Grèce, Hongrie, Indonésie, Irak, Irlande, Islande, Israël, Italie, Japon, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Lettonie, Liban, Lituanie, Luxembourg, Maldives, Malte, Maroc, Mexique, Monaco, Monténégro, Nouvelle-Zélande, Nigeria, Norvège, Palaos, Panama, Pérou, Pologne, Portugal, République de Corée, République de Moldavie, République tchèque, Roumanie, Royaume des Pays-Bas, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, Saint-Marin, Samoa, Sénégal, Slovaquie, Slovénie, Somalie, Suède, Suisse, Tunisie, Turquie et Ukraine.


Principes pour un rôle mondial des Nations Unies en matière de prévention de l’extrémisme violent

L’extrémisme violent pouvant conduire au terrorisme est un défi générationnel. Il met en péril l’intégration sociale et politique, répand la peur et la haine et menace les vies humaines. Les partenaires internationaux et/ou les organisations multilatérales doivent à présent relever ce défi, sous la direction d’une Organisation des Nations Unies forte. A l’occasion du 10e anniversaire cette année de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, l’Assemblée générale des Nations Unies a appelé d’une seule voix à l’action, notamment en encourageant les entités des Nations Unies à mettre en œuvre dans le cadre de leurs mandats les recommandations pertinentes du Plan d’action du Secrétaire général des Nations Unies pour la prévention de l’extrémisme violent. Nous, États membres, invitons maintenant l’ONU à faire preuve d’un leadership stratégique et à manifester sa volonté d’agir.

PRINCIPES POUR UN RÔLE MONDIAL DE L’ONU EN MATIÈRE DE PRÉVENTION DE L’EXTRÉMISME VIOLENT

Éliminer les conditions propices à la propagation du terrorisme requiert une action intégrée au niveau de l’ensemble de l’Organisation des Nations Unies. Nous devons encourager la coopération et obtenir des résultats sur le terrain. Nous invitons le système des Nations Unies à adopter les principes suivants en mettant en œuvre le Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent.

Compréhension – Développer une solide base de connaissances en matière de prévention de l’extrémisme violent pour l’ensemble du cycle allant de la radicalisation à la violence et définir les pratiques efficaces pour combattre et prévenir la propagation de l’extrémisme violent. La recherche et l’analyse, notamment l’analyse des disparités liées au sexe, devraient se fonder sur des expériences nationales et être partagées entre toutes les entités pertinentes des Nations Unies.

Intégration – Explorer l’interface entre une action plus vaste des Nations Unies et la prévention de l’extrémisme violent, notamment en intégrant la prévention de l’extrémisme violent dans des cadres stratégiques, le cas échéant. Il ne sera ni approprié ni nécessaire que chaque question soit traitée sous l’angle de la prévention de l’extrémisme violent mais les Nations Unies sont bien placées pour identifier des opportunités lorsque des travaux existants pourraient inclure des considérations de prévention de l’extrémisme violent.

Mobilisation – Garantir des ressources et une expertise appropriées pour fournir des conseils stratégiques en matière de prévention de l’extrémisme violent et cibler les ressources des programmes.

Communication – Expliquer la logique stratégique et les avantages de la prévention de l’extrémisme violent au niveau du siège, à l’échelle régionale et sur le terrain tout en employant des outils de communication pour délivrer des messages ciblés, et aider les États membres dans leurs efforts pour y parvenir, notamment lorsqu’ils élaborent des campagnes visant à lutter contre le discours terroriste ou proposant des voix alternatives.

Coordination – Renforcer les orientations stratégiques et l’encadrement des programmes à destination des États membres sur la base d’une compréhension des risques, des vulnérabilités et des lacunes, notamment par le biais d’une coopération étroite avec les organisations et forums internationaux, régionaux et sous-régionaux pertinents. L’ONU devrait améliorer la collaboration entre entités des Nations Unies, en particulier sur le terrain.

NOTRE ENGAGEMENT EN TANT QU’ÉTATS MEMBRES

L’action et la collaboration de l’ensemble de la communauté internationale seront nécessaires pour faire face à la menace mondiale de l’extrémisme violent dans le respect de ces principes. Conformément à la mise en œuvre équilibrée de tous les piliers de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies et comme indiqué dans le Plan d’action de la prévention de l’extrémisme violent, la responsabilité première incombe aux États membres.

Dans le cadre des principes définis ci-dessus, nous, États membres, nous engageons à : jouer un rôle moteur par l’exemple, par le partage des enseignements tirés de nos expériences nationales et des organisations internationales et régionales pertinentes ; donner suite à l’appel de l’Assemblée générale à élaborer et mettre en œuvre des plans d’action nationaux et régionaux de prévention de l’extrémisme violent et aider d’autres États membres à faire de même ; et continuer à examiner le soutien aux activités de prévention de l’extrémisme violent sous l’égide des Nations Unies, y compris en fournissant une expertise et une aide à l’établissement des programmes ainsi qu’un appui extrabudgétaire aux entités des Nations Unies.

AMÉLIORER LA COHÉRENCE DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES ET SON INFLUENCE

Dans sa Résolution A/RES/70/291 du 1er juillet, l’Assemblée générale a demandé au Secrétaire général d’examiner la capacité du système des Nations Unies à aider les États membres qui le demandent à mettre en œuvre la Stratégie antiterroriste mondiale de manière équilibrée et de lui fournir des suggestions concrètes d’ici mai 2017. Il s’agit d’une occasion de voir comment mettre en œuvre la prévention de l’extrémisme violent dans le cadre de la Stratégie et par le biais d’une approche intégrée au niveau de l’ensemble de l’Organisation des Nations Unies.

Nous encourageons l’actuel et le prochain Secrétaire général à :

-  réexaminer la nécessité d’améliorer la cohérence, la coordination et le rôle moteur du système des Nations Unies pour rendre compte de l’ampleur de la menace posée par le terrorisme et par l’extrémisme violent pouvant conduire au terrorisme ;
-  mener un processus consultatif avec les États membres qui peut se poursuivre durant la période de transition du Secrétaire général en 2017 ;
-  présenter des options pour renforcer l’architecture antiterroriste de l’ONU d’ici mai 2017 au plus tard, prenant en compte les relations entre les organes de l’ONU chargés de la lutte contre le terrorisme et la mobilisation des entités de l’ONU.

Dernière modification : 19/10/2016

Haut de page