Dialogues informels avec les candidats au poste de Secrétaire général

Dialogues informels avec les candidats au poste de Secrétaire général - Questions posées aux candidats par M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies - Assemblée générale - 12, 13 et 14 avril 2016

Question à M. Igor Luksic

Un grand merci, Monsieur le Président de l’Assemblée Générale, pour avoir organisé cette session qui fera date. Et merci à M. Igor Luksic pour sa présence et sa présentation.

Je souhaiterais vous interroger plus spécifiquement sur le maintien de la paix. Les opérations de maintien de la paix sont sans aucun doute ce que connaissent le mieux de l’ONU les populations sur le terrain. Et nous voulons rendre hommage ici à tous les contributeurs de troupes et aux sacrifices qu’ils consentent.

Comme vous le savez, la France est un contributeur de troupes historique et important, en particulier à titre national et au sein des missions de l’Union européenne, et l’un des principaux contributeurs au budget de maintien de la paix. Nous sommes également le seul pays à mettre à disposition des forces sous couleurs nationales pour soutenir simultanément trois opérations importantes en Afrique. Ces dernières années, nous avons aussi beaucoup œuvré avec nos partenaires en faveur d’une modernisation des OMP.

Je souhaiterais aujourd’hui recueillir votre avis dans ce cadre sur la protection des civils et la défense des droits de l’Homme.

Parmi les évolutions en cours, la question de la protection des civils et du respect des droits de l’homme est devenue en effet un impératif. Chacun connaît les traumatismes historiques qui ont rendu cette évolution nécessaire et nous ne devons jamais les oublier.

Dans ce cadre, ma question est la suivante : Comment le Secrétariat à New York et les missions sur le terrain peuvent-elles selon vous s’adapter pour être plus efficaces dans la mise en œuvre de ces impératifs que sont la protection des civils et la défense des droits de l’Homme ?

Je vous remercie.

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Question à Mme Irina Bokova

Je réitère tous mes remerciements au Président de l’Assemblée Générale. Je remercie également Madame Irina Bokova pour sa présence et pour sa présentation.

Les opérations de maintien de la paix sont sans aucun doute ce que connaissent le mieux de l’ONU les populations sur le terrain. Elles constituent un élément clé pour l’autorité, la légitimité et l’efficacité de notre Organisation.
Alors que l’avenir du maintien de la paix sera un enjeu majeur pour le prochain Secrétaire Général des Nations unies, je souhaiterais aujourd’hui recueillir votre avis sur l’adaptabilité et la flexibilité du maintien de la paix.

La construction du maintien de la paix est devenue à la fois plus complexe et plus diversifiée dans ses modes d’intervention. Comme le reconnaissent les différents rapports sur les Opérations de paix et sur la Consolidation de la paix, les partenariats avec les acteurs régionaux prennent une place croissante dans le travail des Nations unies.

Nous l’avons constaté de manière très opérationnelle avec les interventions de l’Union africaine qui ont précédé celle des Nations unies au Mali et en République centrafricaine et avec les transitions qui ont suivi. Les Nations unies cherchent à constamment s’adapter et à se mettre en adéquation avec les contextes sécuritaires et politiques dans lesquels elles déploient leurs opérations.

Alors ma question est la suivante : Comment dans les différentes situations parvenir à stabiliser les Etats et leurs institutions dans le respect de la bonne gouvernance ? Et dans ce paysage complexe, comment pensez-vous que les Nations unies puissent renforcer leur flexibilité et leur adaptabilité et, finalement, leur pertinence ?

Je vous remercie.

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Question à M. Antonio Guterres

Merci Monsieur le Président,

J’essaierais, comme vous le proposez, d’être aussi bref que les intervenants de la société civile.
Je remercie M. Antonio Guterres pour sa présence et pour son intervention.

La France croit en un maintien de la paix engagé, réactif et dynamique mais aussi robuste.
Alors que l’avenir du maintien de la paix sera un enjeu majeur pour le prochain Secrétaire général de notre organisation, je souhaiterais aujourd’hui recueillir votre avis sur cette question. Les opérations de maintien de la paix sont déployées, on le sait, dans des environnements sécuritaires bien souvent non stabilisés marqués par la présence d’acteurs armés non étatiques qui font peser des menaces directes sur les populations civiles. Les environnements d’intervention sont complexes, exigeants.

Vous avez évoqué deux mots d’importance pour votre projet : décloisonnement et continuum de paix. Je voudrais vous demander, à partir de votre propre expérience, comment améliorer davantage la capacité opérationnelle des opérations de maintien de la paix à agir sur le terrain, et quels domaines pourraient être améliorés pour augmenter leur performance globale, qu’il s’agisse par exemple de la réforme des soutiens logistiques, des procédures administratives ou encore des capacités technologiques de ces opérations.

Je vous remercie.

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Question à M. Danilo Türk

Merci Monsieur le Président et merci à Monsieur Danilo Türk pour sa présentation.

Alors que l’avenir du maintien de la paix sera, on le sait tous, un enjeu majeur pour le prochain Secrétaire Général de notre Organisation, je souhaiterais aujourd’hui recueillir votre avis sur les relations des casques bleus déployés et les populations civiles en particulier.

En effet, on sait tous combien ces relations sont importantes, combien il est essentiel de rendre plus intenses les relations des les casques bleus et les personnels onusiens déployés sur le terrain avec les populations concernées. Nous avons une exigence d’exemplarité qui s’applique à tous les hommes et femmes déployés sur le terrain, sous les couleurs de l’ONU, et c’est important de le souligner.

Ma question est donc la suivante : comment pensez-vous pouvoir améliorer l’engagement, la capacité et l’exemplarité des personnels déployés sur les terrains ? Et je serais aussi intéressé à avoir vos idées, vos propositions s’agissant de la maitrise de la langue du pays pour renforcer les liens avec la société sur place, qui est une vraie priorité.

Merci beaucoup.

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Question à Mme Vesna Pusić

(Question posée par M. Tanguy Stehelin, Conseiller juridique de la France auprès des Nations unies)

Je remercie Dr. Pusić pour son intervention.

Je souhaiterais vous interroger plus spécifiquement sur la lutte contre le terrorisme. Comme vous le savez la lutte contre le terrorisme et la prévention de la radicalisation sont aujourd’hui au cœur des priorités de la France et de la plupart de nos partenaires. Et à cet égard l’ampleur de la menace terroriste et du phénomène des combattants terroristes étrangers qui n’épargne aujourd’hui aucun pays nécessite la mobilisation de tous et avant tout de l’ONU. Le Secrétaire général a publié il y a quelques mois son plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent et l’ONU examinera en juin prochain sa stratégie mondiale de lutte contre le terrorisme.

Dans ce contexte, une conférence internationale s’est tenue à Genève la semaine dernière et je souhaiterais savoir comment envisageriez-vous le suivi et la mise en œuvre du plan d’action du Secrétaire général afin de s’assurer qu’il ait un impact sur le terrain.
Je vous remercie.

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Question à M. Vuk Jeremić

(Question posée par M. Alexis Lamek, Représentant Permanent adjoint de la France auprès des Nations unies)

M. Jeremić merci d’être parmi nous aujourd’hui et pour votre présentation.

Comme vous le savez la France est un contributeur historique de troupes pour les opérations de paix, en particulier à titre national mais aussi au sein des missions de l’Union européenne et celles des Nations unies. Nous sommes également le seul pays à mettre à disposition des forces sous couleurs nationales pour soutenir simultanément trois opérations importantes en Afrique.

Alors, dans ce contexte, alors que l’avenir du maintien de la paix sera un enjeu majeur pour le prochain Secrétaire général de notre organisation, je souhaiterais recueillir votre avis, M. Jeremić, sur la question de la robustesse et de la modernisation des opérations de maintien de la paix, un point que vous avez évoqué dans votre présentation.

Les environnements d’intervention sont complexes et exigeants et à cet égard nous rendons hommage aux soldats de la paix qui sont déployés, parfois au prix de leurs vies.

Alors, selon vous, dans ce contexte, comment améliorer d’avantage la capacité opérationnelle des opérations de maintien de la paix à agir sur le terrain ? Quels domaines pourraient être améliorés pour augmenter leurs performances globales, qu’il s’agisse par exemple de la réforme du soutien logistique, des procédures administratives ou encore les capacités technologiques ?

Je vous remercie.

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Question à Mme. Helen Clark

(Question posée par M. Alexis Lamek, Représentant Permanent adjoint de la France auprès des Nations unies)

Merci M. le Président et merci beaucoup Madame Clark pour votre présence et votre présentation.

Je voudrais vous interroger plus spécifiquement sur le maintien de la paix. Le déploiement de casques bleus est la manifestation la plus éclatante de l’engagement des Nations unies et des États membres en faveur de la protection des populations civiles, et ce sont des missions sur lesquelles l’ONU est irremplaçable.

Mais cet engagement a un coût entre terme de vies humaines. En effet, les opérations de maintien de la paix sont amenées à se déployer de plus en plus souvent dans des environnements sécuritaires non stabilisés marqués de plus en plus par la présence d’acteurs armés non étatiques, voire d’organisations terroristes, qui font peser des menaces directes sur les populations civiles.

Mais il est pour nous choquant de voir tomber les casques bleus et le sacrifice de chacun de ces hommes est pour nous intolérable. Alors Madame Clark, comment entendez-vous travailler pour que nos casques bleus soient mieux protégés contre les menaces auxquelles ils vont être de plus en plus confrontés si nous voulons que les Nations unies restent au premier rang de la population des civils dans des contextes qui de plus en plus ne sont pas stabilisés.

Je vous remercie.

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Question à Mme Srgjan Kerim

(Question posée par M. Tanguy Stehelin, Conseiller juridique de la France auprès des Nations unies)

Merci M. le Président et merci au Dr Kerim pour sa présence et pour sa présentation.

Les Nations unies et cette Assemblée sortent particulièrement renforcées de cette année exceptionnelle, marquée par la Conférence de Sendai sur les risques et les catastrophes, le sommet d’Addis-Abeba sur le financement du développement, le sommet de New York sur l’agenda 2030 et la COP21 à Paris. Dans ce contexte inédit et prometteur, quelles méthodes comptez-vous suivre, fort de votre expérience managériale, à la fois pour assurer la mise en œuvre de ces engagements et maintenir la mobilisation qui a permis le succès de l’année 2015 ?

Deuxième question sur le maintien de la paix : Comment le Secrétariat à New York et les missions sur le terrain peuvent-elles, selon vous, s’adapter pour être à la fois plus efficaces dans la mise en œuvre de ces impératifs que sont la protection des civils et la défense des droits de l’Homme ?

Je vous remercie.

Dernière modification : 15/04/2016

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