Efforts de communauté internationale doivent s’inscrire dans la durée pour soutenir l’Afghanistan- 22 juin 2015 [en]

Afghanistan - Intervention prononcée par M. Alexis Lamek, Représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 22 juin 2015

Monsieur le Président,

Je remercie le Représentant spécial du Secrétaire général, Monsieur Haysom, pour sa présentation. Je remercie également l’ambassadeur d’Afghanistan, M. Tanin, pour son intervention et m’associe d’avance au discours qui sera prononcé au nom de l’Union européenne.

Je voudrais, comme d’autres l’ont fait avant moi, exprimer ici la condamnation la plus ferme de la France face à l’attaque perpétrée ce matin à Kaboul contre le Parlement par les Talibans. La France se tient auprès des autorités et du peuple afghan dans leur lutte contre le terrorisme et elle continuera à soutenir la démocratie et l’Etat de droit dans ce pays. Et j’assure l’Espagne de notre plein soutien, naturellement, pour que le Conseil puisse réagir dans les plus brefs délais à cette nouvelle attaque inacceptable.

Comme l’a souligné le Secrétaire général dans son rapport, les avancées politiques sont notables en Afghanistan et nous saluons les récentes nominations au sein du gouvernement. Un an après l’élection présidentielle, il était nécessaire que le gouvernement d’Union nationale puisse travailler au complet et nous saluons les efforts réalisés à cette fin. Nous espérons désormais que le calendrier des réformes pourra être tenu, notamment en ce qui concerne les réformes électorales qui permettront de poursuivre l’élan démocratique initié lors de la tenue de l’élection présidentielle en 2014. Nous rappelons ainsi toute l’importance de la réunion des hauts fonctionnaires prévue à Kaboul le 5 septembre, qui devrait permettre d’adopter un cadre révisé des engagements du Tokyo Mutual Agreements Framework.

Mais il reste de nombreux défis. Au plan sécuritaire, « l’offensive de printemps » s’est traduite par une forte augmentation des civils tués, ce qui est inacceptable. Nous déplorons également les attaques contre les institutions de l’Etat afghan : le Parlement comme ce matin, mais aussi les instances judiciaires ou leurs représentants. Autant d’attaques qui rappellent la nécessité de poursuivre avec détermination le soutien à l’Etat de droit en Afghanistan.

Sur le plan des droits de l’Homme, le lynchage le 19 mars d’une jeune femme qui s’appelait Farkhunda est choquant et souligne combien les femmes restent encore victimes de violence dans le pays. Nous souhaitons que la société civile afghane et les autorités poursuivent de se mobiliser pour s’assurer que la loi sur l’élimination des violences faites aux femmes soit mise en œuvre de façon totalement effective.

Par ailleurs, nous comptons sur la poursuite de la mobilisation des autorités afghanes contre le trafic de drogue. C’est un sujet qui préoccupe vivement la France car il constitue un important facteur de déstabilisation pour l’Afghanistan et pour ses voisins. Nous encourageons les autorités à poursuivre leur travail visant à endiguer la production et le trafic de drogues.

Nous restons donc à nous confronter en Afghanistan à un contexte difficile. Et dans ce contexte, les efforts de la communauté internationale doivent continuer de s’inscrire dans la durée afin de soutenir l’Afghanistan et lui permettre de retrouver stabilité, prospérité et un avenir démocratique. Les engagements pris à l’occasion de la conférence de Londres en décembre 2014 devront être tenus car l’Afghanistan a plus que jamais besoin du soutien de ses partenaires. L’accord signé avec le Fonds monétaire international constitue un élément important de soutien sur le long terme.

La France, quant à elle, continuera de se tenir aux côtés de l’Afghanistan dans le cadre du traité d’amitié et de coopération franco-afghan. Elle contribue à l’engagement de l’Union européenne en Afghanistan, qui représente 1,4 milliards d’euros sur la période 2014-2020.

Enfin, le soutien régional est une condition importante pour garantir les conditions d’une paix durable en Afghanistan et nous saluons les efforts faits en ce sens par les partenaires régionaux de l’Afghanistan.

Un mot maintenant pour terminer sur le rôle des Nations unies. Alors que l’Afghanistan connaît une période charnière de son histoire, les Nations unies continueront en effet à jouer un rôle décisif au cours de cette « Décennie de transformation ». Le rôle de soutien au gouvernement exercé par l’ONU et les agences reste essentiel, notamment pour permettre à la population de pouvoir bénéficier des programmes gouvernementaux et de l’assistance internationale. Mais ce rôle doit évoluer et il doit s’adapter.

Nous accueillons à cet égard positivement la mise en place d’un mécanisme de dialogue entre les Nations unies, l’Afghanistan et les bailleurs de fonds sur l’évolution souhaitable de l’appui que la MANUA peut fournir au pays. La France s’engagera dans ce dialogue et prêtera une grande attention aux premiers résultats de ces consultations.

Pour conclure, permettez-moi de saluer l’ensemble des personnels des Nations unies sous l’autorité de M. Haysom, qui travaille dans des conditions particulièrement difficiles et qui ont toute notre admiration.

Je vous remercie.

Dernière modification : 20/06/2016

Haut de page