En Ukraine, l’urgence appelait l’action (17/02/2015) [en]

Résolution sur l’Ukraine - Explication de vote de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 17 février 2015

Monsieur le Président,

L’urgence en Ukraine appelait l’action. Ce conflit a fait plus de 5 000 morts en dix mois. S’y ajoutent les victimes de la tragédie du MH17, dont les responsables devront répondre de leurs actes comme énoncé dans la résolution 2166 de ce Conseil.

Face à une situation sécuritaire et humanitaire qui demeure très préoccupante, notre responsabilité collective en tant que membre de ce Conseil, est de tout mettre en œuvre pour faire taire les armes et parvenir à un accord. C’est le sens de la démarche courageuse et déterminée que le Président de la République française et la Chancelière allemande ont entreprise depuis deux semaines.

Nous avons toujours considéré que la voie vers la paix passerait par la diplomatie. Nous avons toujours dit que la solution au conflit ukrainien ne pourrait être que politique. Aujourd’hui, avec cette résolution le Conseil de sécurité apporte tout son poids et toute son autorité pour faire taire les armes et tracer un chemin vers la paix.

Monsieur le Président,

Le texte conclu à Minsk le 12 février, comme son nom l’indique, consiste en un ensemble de mesures séquencées destiné à mettre en œuvre le Protocole et le Mémorandum de Minsk agréés respectivement les 5 et 19 septembre dernier. Il prévoit notamment – c’était et cela reste la priorité absolue – l’instauration d’un cessez-le-feu, qui est entré en vigueur dans la nuit de samedi à dimanche à minuit. Son respect intégral et durable est la pierre angulaire d’une sortie de crise. L’allocution du Président Porochenko samedi soir, dans laquelle il a donné l’ordre à l’ensemble des forces ukrainiennes de cesser le feu, confirme l’engagement de l’Ukraine dans la recherche de la paix. Si le cessez-le-feu est globalement respecté, des combats se poursuivent malheureusement, notamment à Debaltseve. Ces combats doivent immédiatement cesser, comme vient de l’exiger ce Conseil dans sa déclaration à la presse adoptée il y a une heure.

Le Paquet de Minsk prévoit aussi le retrait des belligérants et de leurs armes lourdes, ce qui permettra la création d’une zone tampon élargie de 50 à 70 km, soit une zone plus large que ce que prévoyaient les accords de Minsk de septembre 2014. Toutes les armes lourdes devront en être retirées d’ici deux semaines.

Ces points constituent, un pas important vers la paix. Ce pas demande à être concrétisé dans les faits. Il revient aux parties, aux signataires de ces accords, dont la Russie, de donner effet par leurs actes, aux engagements qu’ils ont pris. Je veux le redire ici au nom de la France, seuls les actes compteront.

Monsieur le Président,

Aujourd’hui, le Conseil de sécurité, à travers la résolution que nous venons d’adopter, a endossé ces engagements, comme les chefs d’Etat du format Normandie l’ont fait avant lui.

Ces engagements deviennent donc des obligations que les parties signataires des accords de Minsk prennent devant la communauté internationale.

Ils deviennent des engagements dont ce Conseil suivra scrupuleusement le respect avec la plus grande vigilance. Avec ses partenaires du Conseil, la France appelle donc l’ensemble des parties à assumer pleinement et durablement leurs responsabilités pour avancer sur ce chemin exigeant vers la paix.

Je vous remercie.

Dernière modification : 20/01/2016

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