#EndPoverty : 1er objectif du développement durable

Commémoration de la Journée Internationale de l’éradication de la Pauvreté - Intervention de François Delattre, représentant de la France auprès des Nations unies - ONU - 16 octobre 2015

Chers amis
Mesdames et Messieurs,

C’est un immense plaisir pour Fabienne Bartoli, notre conseillère sociale et pour moi d’être avec vous aujourd’hui et je voudrais commencer par remercier du fond du cœur l’ensemble des participants, les enfants, les adultes, l’ensemble des participants à cette journée importante autour d’Emma Speaks et Maryann Broxton ; nos maitres de cérémonie ; je voudrais aussi remercier ma collègue Madame Mariame Fofana, ambassadeur et Représentante Permanente Adjointe du Burkina Faso, qui coparraine avec la France cette manifestation. Un grand merci aussi à chacune et chacuns d’entre vous pour votre participation aujourd’hui et votre mobilisation au service de la grande cause prioritaire, entre toutes, de la lutte pour l’éradication de la pauvreté. Une cause qui nous rassemble aujourd’hui par-delà les nationalités que nous représentons.

Grâce au collectif des associations luttant contre l’extrême pauvreté de l’Eco Soc, grâce aussi mouvement ATD Quart Monde et je les remercie tous du fond du cœur, nous avons ce moment privilégié d’écoute, d’échange chaque année ici aux Nations Unies et nous le savons tous, éradiquer la pauvreté et en particulier la grande pauvreté mais pas seulement, c’est notre priorité à tous et c’est certainement la priorité de la France.

Les chiffres sont connus et nous permettent de fixer des priorités, des objectifs clairs afin de lutter contre une réalité qui, malgré les progrès accomplis, reste intolérable.

Depuis 1990, près de 700 millions de personnes sont sorties de l’extrême pauvreté mais en 2013, il reste toujours près de 800 millions de personnes dans le monde qui sont sous-alimentées, soit une personne sur neuf dans le monde et seul un quart de l’humanité pour prendre cet exemple a accès à un système complet d’assainissement des eaux. Juste pour prendre cet exemple.

La lutte contre l’exclusion, contre l’extrême pauvreté constitue le socle commun d’actions et de partenariats pour faire vivre au quotidien la solidarité qui demeure plus que jamais une valeur forte des Nations Unies et pour ce qui concerne la France, une valeur forte de la République française. Ainsi, pour ce qui concerne la situation en France même, je dirais que le Premier Ministre Manuel Valls a présenté en mars dernier la feuille de route 2015-2017 d’un plan d’action sur plusieurs années contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale qui s’articule autour je dirais de trois axes principaux : d’abord la prévention des ruptures qui sont les points d’entrées par lesquels s’engouffre la pauvreté. Ensuite l’accompagnement dans la durée, et le mot clé c’est « dans la durée » de toutes les personnes qui sont en difficulté, qui ont besoin de soutien ; et puis troisièmement l’action partenariale au plus près du terrain et bien sûr au plus près des personnes.

Et à cet effet, le plan pluriannuel que j’évoquais rassemble tous les acteurs de la solidarité nationale, dans une logique de décloisonnement des secteurs d’intervention afin de faire travailler ensemble les acteurs les plus directement concernés afin aussi de mettre les personnes qu’il faut protéger et accompagner au cœur de l’action publique.

Ces objectifs, sous votre contrôle à tous sont également au cœur des Objectifs de développement durable que les Nations Unies viennent d’adopter cette année. Et cette adoption est à bien des égards une révolution qu’il faut accompagner.

Notre feuille de route est claire : zéro pauvreté, zéro carbone, éradiquer la pauvreté tout en préservant la planète, notre planète, pour éviter que le dérèglement climatique ne remette en cause les progrès qu’ensemble, nous avons accompli au cours 40 dernières années.

Dans ce contexte l’éradication de la pauvreté reste le premier, le tout premier des objectifs du Développement Durable, avec l’ambition que plus une personne ne vive sur la planète avec moins d’1,25$ par jour d’ici 2030. Cet objectif au service des plus démunis, d’abord c’est celui qui vient en tout premier, et en plus, si nous l’atteignons cela aura des répercussions positives sur l’ensemble des Objectifs du Développement Durable.

Pour accomplir cet objectif ambitieux, la communauté internationale doit se mobiliser et la voix forte que vous portez aujourd’hui l’y encourage, la guide aussi en donnant des exemples, comme ceux qui ont été, très puissants, montrés avant des exemples de solidarités, d’entraides, de votre héroïsme quotidien. Car la pauvreté extrême ne se résume pas à des chiffres, c’est avant tout une question d’égalité et de respect des droits, de respect des droits de l’Homme. Cette approche par les droits, elle est le ciment de notre action commune ici aux Nations Unies, le ciment de votre action au quotidien, cela a été dit de manière très éloquente, une action au service de la dignité, du respect réciproque, et comme le disait le père Joseph Wresinski, qui est le fondateur de ATD Quart Monde , je le cite : « là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. ».

C’est cet engagement par les droits et pour les droits de l’homme que nous perpétuons ici aujourd’hui ensemble grâce à vous, grâce à votre engagement à tous et vous pouvez continuer, vous le savez je crois, à compter sur l’engagement de la France dans la promotion de ces droits, inlassablement, jour après jour, au sein de toutes les instances des Nations-Unies, mais aussi partout où nous le pourrons comme les nombreuses manifestations organisées de par le monde en atteste aujourd’hui.

Alors un grand merci du fond du cœur à chacuns et chacunes d’entre vous pour votre engagement, qui est pour moi qui est pour la France, une source d’inspiration et d’admiration.

Dernière modification : 07/12/2016

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