Evènement financement du développement (28/01/2015)

Intervention de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies - 28 janvier 2015

Messieurs les Ambassadeurs,
Chers collègues,
Chers amis,

C’est un plaisir pour moi de participer à cette réunion francophone ici à l’ONU, en présence de l’Ambassadeur de la francophonie et de l’Ambassadeur de la République démocratique du Congo.

Et il est important de faire cette réunion en français, car certains considèrent que l’anglais, que j’aime appeler « l’autre langue de travail de l’ONU » serait la seule langue de travail.

Et de fait, on constate trop souvent que l’utilisation systématique et unique de l’anglais conduit à marginaliser bon nombre de délégations francophones, puisque c’est en réalité la plupart du temps dans les réunions informelles que se prennent les décisions et dans les événements parallèles comme celui-ci que se forment les opinions. Donc en tenant aujourd’hui cette réunion en français, je crois que nous voulons viser deux objectifs :

— Le premier, c’est de signifier que davantage de réunions informelles et d’événements parallèles doivent se tenir en français. C’est indispensable si on ne veut pas marginaliser les pays francophones, et notamment d’Afrique francophone, des négociations clés de l’année 2015. Au moment ou les besoins des pays francophones en développement sont immenses et où la communauté internationale s’apprête à prendre des orientations majeures pour les prochaines années, ce serait en effet paradoxal que les Francophones soient exclus de cette négociation.

— Le deuxième objectif de cette réunion, c’est de bien communiquer sur le rapport des experts sur le financement du développement durable. Le rapport du comité intergouvernemental des experts sur le financement du développement durable, mandaté par la conférence de Rio+20, est en effet une contribution clé pour les travaux pour la préparation de la conférence d’Addis Abeba sur le financement du développement en juillet prochain. Ce n’est pas un document prescriptif, mais il présente de nombreuses options possibles que les pays peuvent choisir d’adopter ou non dans leurs stratégies en fonction de leur situation propre pour financer leur développement durable pour les prochaines années.

Le premier mérite de ce rapport, c’est de proposer une vision partagée du financement du développement durable. C’est particulièrement méritoire de la part de ce comite, qui rassemblait 30 experts de pays de tous les continents et de tous niveaux de développement. Et c’est fondamental car cela nous montre la voie d’un accord vers la conférence d’Addis Abeba.

L’autre grand mérite de ce rapport, c’est de montrer que pour répondre aux immenses besoins du développement durable – et j’insiste sur le mot durable, car il n’y a pas de vrai développement s’il ne prend pas en compte les trois dimensions, économique, sociale et environnementale - il faut mobiliser davantage et mobiliser mieux l’ensemble des sources disponibles, privées, publiques, nationales, internationales.

Enfin, un grand mérite de ce rapport, c’est d’expliquer comment mobiliser ces sources, sans offrir un modèle unique, mais au contraire en proposant à chaque pays des instruments adaptés à sa situation. Je n’entre pas davantage dans le fond du sujet, car je ne veux pas me substituer aux experts qui parleront bien mieux que moi de cette question.

Enfin, je veux particulièrement remercier l’Organisation internationale de la Francophonie d’avoir organisé la rédaction et la diffusion d’une note de décryptage sur ce rapport, en demandant aux deux experts français et congolais membres de ce comité, MM Anthony Requin et André Lohayo Djamba de rédiger cette note. Cet exercice de note de décryptage par l’OIF est particulièrement utile pour les délégations et les négociateurs des pays les moins avances francophones dont les capacités administratives sont plus limitées que celles des pays en développement. Ce sera, à n’en pas douter, une contribution importante pour que la voix des francophones soit mieux entendue lors des négociations

Je vous remercie

Dernière modification : 19/01/2016

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