La crise des réfugiés met en cause les fondements de l’Europe

LENA - Comment faire face à l’afflux de réfugiés ?

Laurent FABIUS - Il faut à la fois mettre en place des centres d’accueil et d’identification (« hotspots ») dans les pays de première entrée, organiser un système de répartition équitable, aider les pays hors de l’Union qui sont en première ligne (Turquie, Jordanie, Liban), rechercher activement une solution politique et militaire au Levant… Ce n’est pas par les égoïsmes nationaux qu’on y arrivera. Si on n’agit pas vite, les risques d’explosion sont réels et considérables, et les conséquences seront de tous ordres.

Pourquoi le sommet de Paris, la COP21, est-il celui de la dernière chance sur le climat ? Qu’est-ce qui a changé depuis le sommet de Copenhague en 2009 ?

Plusieurs changements importants se sont produits. D’abord, la situation du climat s’est dégradée. Certains phénomènes climatiques extrêmes se sont amplifiés. L’année 2014 est la plus chaude que nous ayons jamais connue. Et 2015 sera sans doute encore plus chaude. La prise de conscience sur la nécessité d’agir est donc plus forte. Ce qui change aussi, c’est que la réalité scientifique du réchauffement climatique, de ses causes n’est désormais plus sérieusement contestée. Les savants du Giec sont d’accord sur leur analyse de l’avenir, sur la probabilité d’une augmentation de 4, 5, 6 °C si nous ne faisons rien ou pas assez vite. Ils ont obtenu, pour leurs travaux, non pas le prix Nobel de physique ou de chimie, mais le prix Nobel de la paix.

Retrouvez l’intégralité de cet entretien en PDF.

Dernière modification : 23/09/2015

Haut de page