A l’approche de la COP 21, les prochaines semaines seront déterminantes

Session d’information sur la préparation de la COP21 - Intervention de M. François Delattre - représentant permanent de la France auprès des Nations unies - AGNU - 4 novembre 2015.

Monsieur le Secrétaire général, que je remercie à nouveau chaleureusement pour son engagement exemplaire et son leadership comme l’a rappelé dans son message vidéo notre ministre Laurent Fabius,
Monsieur le Président de l’Assemblée générale, que je remercie également de tout cœur pour son engagement et sa présence,
Monsieur l’Ambassadeur, mon cher Gustavo, avec qui nous travaillons main dans la main,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, chers amis,

Quelques remarques simplement pour conclure cette discussion extrêmement riche, extrêmement importante.

Comme cela a été indiqué par plusieurs d’entre vous, et également à la table, Paris doit achever une séquence à bien des égards historique, la séquence qui a conduit de la conférence d’Addis-Abeba au sommet de New York et maintenant donc au sommet de Paris. Et il est important de toujours garder à l’esprit, comme cela a été dit encore une fois par plusieurs d’entre vous, que la lutte contre le dérèglement climatique est inséparable de la lutte pour l’élimination de la pauvreté. Et je crois sincèrement comme l’a dit Laurent Fabius que « l’esprit de New York », qui a permis d’arriver au succès de l’adoption de l’agenda du développement de 2030, cette approche partagée, inclusive, universelle, équitable du développement durable, est l’esprit qui doit aussi nous animer à Paris. Il faut, si vous me le permettez, marier l’esprit de New York et l’esprit de Paris. Soyons collectivement à la hauteur des immenses responsabilités qui sont les nôtres, soyons collectivement à la hauteur de l’appel qui a été lancé aujourd’hui avec force par plusieurs d’entre vous ;je pense en particulier au représentant des Iles Salomon, au représentant du Bénin et à beaucoup d’autres.

Un mot sur les quatre piliers dont nous avons parlé à plusieurs reprises - les quatre piliers de la conférence de Paris - pour confirmer simplement que les moteurs, si j’ose dire, les quatre moteurs de cette fusée sont allumés et fonctionnent aujourd’hui à plein régime.

En ce qui concerne les contributions nationales, les fameux INDC, plus de 150 pays représentant 90% des émissions mondiales ont publié leurs engagements. C’est un résultat à bien des égards inespéré quand on se projette quelques semaines en arrière. L’objectif est que l’ensemble des parties s’engagent naturellement. Mais c’est d’ores et déjà un formidable mouvement d’appropriation par les pays auxquels nous assistons et nous sommes sur la bonne voie pour atteindre l’universalité qui est notre objectif.

Deuxièmement, le projet d’accord en lui-même : le nouveau texte issu de Bonn comporte un projet d’accord de 31 pages et un projet de décision de 20 pages. C’est une bonne base de travail pour négocier le résultat final. L’objectif de la pré-COP qui aura lieu à Paris du 8 au 10 novembre est d’avancer concrètement, comme l’a dit Laurent Fabius, crayon en main, sur les différents points de compromis.

Troisièmement, le financement et les transferts de technologies. Je crois que la discussion a montré aujourd’hui combien ils sont importants pour nous tous. La France et le Pérou ont demandé à l’OCDE notamment de faire un rapport pour faire toute la transparence sur ce point. Un rapport a été publié le 7 octobre qui montre que nous avons bien avancé puisque 62 milliards de dollars ont été effectivement mobilisés en 2014 par rapport à un objectif de 100 milliards pour l’année 2020. Des annonces supplémentaires ont été faites dans l’intervalle, notamment par les banques multilatérales de développement. Nous avançons donc vers l’objectif, vers cet objectif clé que nous partageons tous, qui est celui des 100 milliards pour 2020.

Sur les transferts de technologies, vous connaissez l’engagement de la France et de beaucoup d’autres bien sûr. Nous souhaitons fortement avancer, nous avons lancé avec beaucoup de partenaires, et en particulier le Brésil, des initiatives importantes et un mécanisme pour appuyer, concrétiser, opérationnaliser, cette dynamique. Encore une fois, il faut continuer.

Enfin l’agenda des solutions. Christiana Figueres a indiqué à l’instant que nous assistons à une « mobilisation massive  » des acteurs non étatiques. Je crois que c’est le cas. L’ensemble d’initiatives appuyées par le plan d’action Lima-Paris, initiatives des villes, des régions, des entreprises, de la société civile, prend de plus en plus d’ampleur. Le portail en ligne NAZCA – Non-State Actor Zone for Climate Action – recense aujourd’hui plus de 4 000 engagements des villes, des régions, des entreprises, des investisseurs, engagements à fort potentiel de réduction des émissions, mais aussi d’adaptation au changement climatique . Les entreprises s’engagent et je dois dire que les entreprises françaises sont au rendez-vous. Je voyais il y a quelques jours le Président-Directeur Général de Engie, ex GDF SUEZ et toute son équipe de direction. Ils ont annoncé il y a quelques jours la fin de leurs investissements dans les centrales à charbon. C’est un exemple. Paris sera la vitrine de toutes ces entreprises du monde entier pour valoriser leurs engagements sur ce dossier du réchauffement climatique et nous allons tout faire encore une fois pour les mettre en valeur.

Dans ce cadre, les Nations unies doivent donner l’exemple, vous l’avez dit avec beaucoup de force. La France soutient l’idée qui a été mentionnée en particulier par le Secrétaire général de travailler à la neutralité carbone pour les Nations unies à l’horizon 2020. Vous pouvez compter sur notre engagement résolu en ce sens, Monsieur le Secrétaire général, Monsieur le Président.

J’aurais le plaisir, enfin, de participer à la pré-COP à Paris du 8 au 10 novembre, que je mentionnais à l’instant, où je représenterai New York en quelque sorte et je me propose, si vous en êtes d’accord, après cette pré-COP, avec toute mon équipe qui est ici, de rester en contact avec chacune et chacun d’entre vous pour travailler d’arrache-pied d’ici à l’ouverture de la réunion de Paris, tant il est vrai que les prochaines semaines qui nous séparent de Paris seront absolument déterminantes.

Alors soyons mobilisés plus que jamais pour construire ensemble les consensus dont nous aurons besoin autour des objectifs ambitieux dont nous avons parlé ensemble. Bientôt, je vous dirai : « Bienvenue à Paris », dans ce nouveau monde bas carbone que nous nous efforçons de construire ensemble.

Merci beaucoup.

Dernière modification : 06/11/2015

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