Il faut un maintien de la paix dynamique et engagé [en]

Opérations de paix - Intervention de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies - Assemblée générale - 12 octobre 2015

Monsieur le Président,

Le Secrétaire général des Nations Unies a pris l’initiative de lancer une revue stratégique des Opérations de paix et nous examinons aujourd’hui cette proposition, sur la base des travaux du panel indépendant dirigé par M. Ramos-Horta, que je suis très heureux de saluer. La France lui est reconnaissante d’avoir pris cette initiative et félicite le panel indépendant, ainsi que le secrétariat, pour avoir mené ce travail considérable dans des délais réduits.
Vous me permettrez de formuler trois observations :

La première observation vise à appuyer le cadre conceptuel proposé par le Secrétaire général.
La France partage le constat de la priorité à accorder à la recherche d’accords politiques pour arriver à des solutions durables aux crises. C’est la raison d’être même du maintien de la paix.

De même, la France se félicite de la reconnaissance de la protection des civils et de la défense des droits de l’Homme comme objectifs fondamentaux des opérations de paix. Nous soutenons à cet égard l’initiative « Human Rights Up Front » et l’intention du Secrétaire général de promouvoir un engagement actif et précoce des Nations unies, lorsqu’il existe un risque pour les civils.

Les deux impératifs qui précèdent plaident pour un maintien de la paix dynamique, engagé et parfois, lorsque cela est nécessaire, robuste. La ligne d’équilibre tracée par le Secrétaire générale sur ce point, nous paraît être la bonne. Une opération de paix de l’ONU n’a pas vocation à imposer des solutions par la force mais doit savoir y recourir en appui à la recherche de solutions politiques, en appui aussi, à l’impératif de protection des civils lorsque les situations le rendent nécessaire.

Monsieur le Président, deuxième observation, la France soutient également les grands principes comme les mesures immédiates identifiées par le Secrétaire général comme devant guider l’action des Nations unis dans les situations de crises.
Il s’agit, en premier lieu, du principe d’exemplarité. Les casques bleus incarnent les valeurs de la Charte et notre conscience commune. Ils sont au service des populations.
A cet égard, les récents cas d’abus sexuels sont inqualifiables. La France soutient les propositions du Secrétaire général pour renforcer encore la politique de « tolérance zéro » appliquée aux casques bleus, et assure que le même principe s’applique à nos troupes nationales engagées à l’étranger.

Nous devons aussi soutenir le principe de responsabilité. Il doit se décliner à tous les niveaux : du niveau local des opérations sur le terrain au niveau stratégique des décisions prises au Conseil de sécurité. Il nous paraît opportun de renforcer la responsabilité des chefs de mission ; la France continuera à faire en sorte que ce principe guide les prises décisions dans cette enceinte, notamment dans l’élaboration de mandats ciblés, cohérents et séquencés.

Les principes de partenariat et de coordination sont également des boussoles de l’action des Nations unies. Le partenariat avec les organisations régionales, sur la base du chapitre VIII, doit être renforcé ; le principe de coordination doit conduire à faire en sorte que l’action des divers fonds et agences des Nations unies sur le terrain soit mieux articulée.

Monsieur le Président, troisième observation enfin : notre souci principal est finalement au fond c’est que les Nations Unies soient plus efficaces et réactives sur le terrain comme le Secrétaire général vient de le dire.
Cet impératif d’efficacité peut être rapidement mis en œuvre au moyen de mesures simples et peu coûteuses, de réorganisation et de réformes des procédures.
La 1ere dans l’esprit du rapport qui est devant nous c’est de responsabiliser et d’autonomiser les acteurs sur le terrain et d’adapter les procédures pour accroître la nécessaire flexibilité. Les compétences et les capacités doivent aller du siège vers le terrain, et nous comptons sur la mobilisation du secrétariat sur ce sujet.

Dans le même esprit, les procédures internes au secrétariat doivent faire l’objet d’un examen approfondi. Certaines règles de recrutement des personnels civils sont trop lourdes et lentes, de même, certaines règles permettant de fournir le soutien et les équipements aux troupes sur le terrain devraient pourvoir être améliorées avec l’objectif encore une fois d’être plus réactif.

Enfin comme l’a dit le Secrétaire général et comme le souligne le rapport, il est essentiel de préserver la sécurité des personnels des OMP et cela commence par une meilleure gouvernance des questions de santé dans les opérations. Une meilleure supervision et un cadre de responsabilité et de reddition de comptes doivent donc être mis en place.
Monsieur le Président, nous pourrions mentionner d’autres priorités telles que l’utilisation de nouvelles technologies ou le renforcement des capacités de renseignement qui sont aussi porteuses d’améliorations significatives pour les Opérations de paix.

La France continuera à participer et à soutenir les Opérations de paix des Nations Unies et prendra tout sa part afin d’accroître leur efficacité.
Je vous remercie.

Dernière modification : 07/12/2016

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