Il y a 70 ans, la Charte ONU était adoptée avec enthousiasme [en]

Soixante-dixième anniversaire de la Charte des Nations unies - Intervention de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies - Assemblée générale - 23 octobre 2015

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Distingués représentants, chers amis,

Il y a 70 ans, au sortir de la deuxième Guerre Mondiale, la Conférence de San Francisco parachevait l’édification du système multilatéral actuel avec l’adoption enthousiaste de la Charte. Le rêve des fondateurs de l’ONU au lendemain des horreurs du second conflit mondial nous oblige tous, nous la communauté des Nations et chacune et chacun d’entre nous. Ce moment exceptionnel fut célébré comme un moment majeur de l’Histoire et la Charte demeure aujourd’hui encore, à l’heure où les menaces contre la paix et la sécurité s’accumulent, la pierre angulaire d’un système multilatéral œuvrant au maintien de la paix et de la sécurité internationales, au développement de relations amicales entres les nations et à la réalisation de la coopération internationale pour résoudre les problèmes internationaux en encourageant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous. La France se reconnaît profondément dans ces objectifs qui ont permis à l’ONU d’accomplir des progrès immenses, des progrès qui ne sont pas toujours reconnus à leur juste valeur. Et je tiens à réaffirmer ici solennellement l’importance que la France attache à la réalisation de ces objectifs.

Célébration oui. Mobilisation, assurément, plus que jamais. Autosatisfaction, certainement pas.

Comme la situation actuelle en Syrie nous en offre la dramatique illustration, 70 ans après l’Organisation des Nations unies doit une fois encore relever des défis considérables pour préserver ses buts et principes.

Face à ces défis, chacun à son niveau doit prendre ses responsabilités. C’est dans cet esprit que sans attendre une réforme de la Charte, sur laquelle je reviendrai dans un instant, la France a proposé, avec le Mexique, une initiative visant à encadrer l’usage du veto s’agissant des crimes les plus graves tels qu’ils sont définis par le Statut de Rome.

Monsieur le Président,

La revitalisation de l’Organisation doit aller au-delà de l’amélioration de ses pratiques. Elle doit également s’accompagner d’une réforme de ses structures. Je voudrais assurer à cet égard le Secrétaire général du plein appui de la France aux initiatives qu’il prend pour renforcer le rôle que joue l’Organisation des Nations unies dans le maintien de la paix, pour revitaliser le Secrétariat, et accroître la cohérence, l’efficacité et l’efficience du système des Nations unies dans son ensemble.

A ce titre et conscient que l’efficacité d’une organisation comme les Nations unies repose sur sa représentativité, la France soutient avec détermination l’élargissement du Conseil de sécurité afin de le rendre plus en phase avec les réalités du XXI siècle. Si nous voulons que notre Organisation puisse avoir un avenir digne de celui que les rédacteurs de la Charte avaient imaginé, alors une réforme est essentielle.

Permettez-moi, Monsieur le Président, de conclure en saluant votre conduite des travaux de cette Assemblée. Avec vous, nous nous engageons dans un programme 2030 ambitieux et porteur de changement. Nous savons pouvoir compter sur votre mobilisation pour la mise en œuvre de ce programme ainsi que pour l’adoption d’un accord universel, équitable et ambitieux à Paris sur le climat.

Je vous remercie.

Dernière modification : 07/12/2016

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