La santé : réel potentiel de croissance économique inclusive

Seconde réunion de la commission Emploi en santé et Croissance Economique - Intervention d’André Vallini, Secrétaire d’Etat, chargé du Développement et de la Francophonie - New-York, le 19 septembre 2016

Monsieur le Ministre Aaron Motsoaledi,

Madame la Directrice générale de l’OMS,

Monsieur le Secrétaire général de l’OCDE,

Monsieur le Directeur général de l’OIT,

Mesdames, Messieurs les ministres,

Mesdames, Messieurs,

La France est honorée et fière de co-présider avec l’Afrique du Sud la Commission de haut niveau sur l’Emploi en santé et la Croissance économique. De par son caractère transversal et intersectoriel, elle est tout à fait pionnière et s’inscrit directement dans le cadre de l’Agenda 2030 du Développement Durable adopté ici-même il y a un an.

Je tiens à saluer le travail remarquable du groupe d’experts indépendants mené par Richard Horton, présent aujourd’hui, et sur lequel s’est basée la Commission pour remettre son rapport. Je remercie également l’OMS, l’OIT et l’OCDE pour avoir assuré le secrétariat de la Commission et avoir organisé les différentes consultations à travers le monde, dont celle des pays francophones qui s’est tenue à Abidjan les 15 et 16 juin 2016. Je remercie d’ailleurs mon collègue Moussa Dosso, membre de la Commission présent ici cet après-midi pour son leadership et son investissement dans cette consultation.

Le rapport démontre que, loin de représenter un coût ou une charge, investir dans le secteur de la santé et dans des emplois en santé a non seulement un impact évident sur la santé des populations, mais représente un réel potentiel de croissance économique inclusive et durable. Cela favorise aussi la cohésion sociale et c’est en plus un formidable vivier d’emplois : la création de 40 millions de postes serait nécessaire d’ici à 2030 pour répondre aux besoins sanitaires de la population mondiale.

Même s’il n’est pas aussi visible que d’autres investissements, comme par exemple les investissements dans les infrastructures, l’investissement dans les ressources humaines en santé, représente la pierre angulaire d’un système de santé résilient capable d’anticiper et de répondre aux crises. Et je ne parle pas seulement des médecins et des infirmiers, mais aussi des personnels paramédicaux, des gestionnaires et du personnel administratif. Renforcer les emplois en santé est essentiel pour accélérer les progrès vers la couverture santé universelle. Ils ont des répercussions positives aussi bien en termes de protection sociale, de sécurité, d’équité et de droits de l’homme, mais également d’autonomisation des femmes et des jeunes.

A la lecture des recommandations du rapport, je vous livre les quatre points qui ont retenu toute mon attention :

1. Revoir en profondeur les modèles de soins et de formation pour les faire évoluer vers une médecine plus préventive et centrée sur la personne ;

2. Promouvoir des mécanismes de financement nationaux durables des ressources humaines en santé. Les solutions sont macroéconomiques, budgétaires et fiscales. Le secteur privé peut et doit être mis à contribution dans un cadre d’une réglementation fixée par l’Etat ;

3. Utiliser davantage les nouvelles technologies de l’information et de la communication qui peuvent jouer un rôle clé dans l’organisation des systèmes de santé et les pratiques sanitaires ;

4. Accélérer la reconnaissance internationale des qualifications et mettre en place des mécanismes afin de répartir plus équitablement les bénéfices de la mobilité des personnels de santé. On ne doit plus continuer à démunir les pays les plus pauvres, et qui ont déjà d’énormes carences, de leurs personnels de santé.

Je laisse maintenant la parole à Aaron Motsoaledi.

Dernière modification : 21/09/2016

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