Kosovo, Serbie : rapprochement bilatéral [en]

Kosovo - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 16 mai 2016

Monsieur le Président,

Je remercie le Représentant spécial du Secrétaire général [M. Zahir Tanin] pour sa présentation très complète de la situation et l’assure de notre plein soutien dans l’exercice de ses fonctions.
Je remercie aussi le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de
Serbie [M. Ivica Dacic] et l’ambassadrice du Kosovo [Mme Vlora Citaku] pour les interventions qu’ils ont prononcées à la table de ce Conseil.

Monsieur le Président,

La France soutient activement la poursuite du dialogue politique mené entre la Serbie et le Kosovo sous les auspices de l’Union européenne. La tenue récente d’une nouvelle réunion des Premier ministres serbe et kosovar, en présence de la Haute-représentante de l’Union européenne, est une démonstration supplémentaire de l’engagement de Belgrade et de Pristina en faveur du processus de rapprochement bilatéral.

De nouveaux progrès ont été enregistrés sur ce front ces derniers mois. Je pense notamment à l’intégration d’anciens agents du ministère de l’Intérieur serbe dans les institutions kosovares ainsi qu’à l’entrée en vigueur depuis mars dernier de l’accord sur la reconnaissance mutuelle des diplômes. Nous nous en félicitons.

Nous attendons pour autant que l’ensemble des engagements souscrits dans le cadre des accords conclus sous l’égide de l’Union européenne soient mis en œuvre dans les meilleurs délais, y compris s’agissant de la création de l’association/communauté des municipalités à majorité serbe. Il s’agit d’un élément clé du dialogue.
La normalisation des relations entre Belgrade et Pristina reste, de manière générale, une condition indispensable pour leur avancée respective sur le chemin de l’intégration européenne. Nous appelons donc instamment les autorités kosovares et serbes à intensifier leurs efforts de dialogue, afin de produire encore davantage de résultats concrets dans les mois à venir.

Monsieur le Président,

La France continue d’être préoccupée par les agissements d’une frange de l’opposition kosovare. Les nouvelles perturbations du fonctionnement de l’Assemblée, de mêmes que les violences et autres actes d’intimidation à l’égard d’élus, sont absolument inacceptables.
La France appelle les responsables de ces actes inadmissibles à jouer le jeu de la démocratie et à faire valoir leurs revendications dans le cadre des institutions existantes et dans le respect des dispositions de la Constitution. La violence et la rhétorique de haine n’ont pas leur place dans la société à laquelle aspire l’écrasante majorité des citoyens kosovars. Elles mettent en danger les progrès patiemment accomplis par le Kosovo depuis plus de dix ans sur la voie de la construction d’un Etat indépendant, moderne et démocratique.

En dépit des tensions, les autorités kosovares doivent chercher à maintenir le dialogue et rester à l’écoute de la population. Les réformes intérieures sont essentielles pour redonner des perspectives aux citoyens. La mise en œuvre de l’ASA devrait aller dans ce sens en créant des conditions favorables aux évolutions nécessaires. Les autorités kosovares peuvent compter sur notre plein soutien en ce sens.

Monsieur le Président,

La poursuite des efforts engagés pour la consolidation de l’Etat de droit au Kosovo doit plus que jamais demeurer une priorité. Cela concerne d’abord la lutte contre l’impunité. La ratification dans les meilleurs délais par le Président kosovar de l’accord de siège signé avec le gouvernement néerlandais en vue de l’installation des Chambres spécialisées à La Haye est une avancée déterminante que nous saluons. Elle constitue une illustration claire de la volonté du Kosovo de mettre en œuvre ses engagements en matière d’Etat de droit. Il importe désormais que toutes les composantes de ces Chambres spécialisées commencent à fonctionner selon le calendrier prévu, et que les autorités kosovares coopèrent pleinement pour que des poursuites soient engagées contre les responsables des crimes dénoncés dans le rapport Marty.

La poursuite du travail engagé sur la question des personnes disparues est également de première importance. A cet égard, nous saluons la nomination récente par Pristina d’un chef de délégation au sein du groupe de travail conjoint serbo-kosovar. Nous espérons qu’elle sera l’occasion de relancer une nouvelle dynamique dans les travaux de ce dernier.

La consolidation de l’Etat de droit passe également par la lutte contre la radicalisation, sous toutes ses formes. La France salue l’engagement inconditionnel du Kosovo en la matière, au plan local comme au sein de la coalition internationale contre Daech. Je saisis par ailleurs cette occasion pour réitérer notre soutien à la mission EULEX, qui apporte sa contribution au quotidien en faveur de l’Etat de droit et de la sécurité au Kosovo.

Monsieur le Président,

La France continue enfin d’apporter son soutien aux efforts menés par les autorités kosovares en faveur de la reconnaissance internationale de leur Etat. Nous saluons l’admission récente du Kosovo en tant que 55 ème membre de l’UEFA, à quelques jours du début de l’Euro 2016 de football en France. Nous soutenons également activement la candidature du Kosovo à Interpol ainsi qu’au Conseil de l’Europe ainsi que le renforcement du statut de ce dernier auprès de l’OSCE. 

Monsieur le Président,

Je souhaite conclure en rappelant, une fois encore, notre souhait d’une poursuite du transfert progressif des compétences de la MINUK aux autorités kosovares, ainsi que de la révision du rythme d’examen par le Conseil de la situation au Kosovo, au regard des progrès continus enregistrés sur le terrain, notamment en ce qui concerne la consolidation des institutions kosovares et le dialogue bilatéral entre le Kosovo et la Serbie.

Je vous remercie. /.

Dernière modification : 01/06/2016

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