L’Afghanistan continue d’avancer dans sa transition [en]

Afghanistan - Intervention de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 21 juin 2016

Je commencerai par remercier chaleureusement Nicholas Haysom et l’ambassadeur Saikal pour leur présence aujourd’hui ainsi que pour leurs présentations respectives. Je m’associe par avance au discours qui sera prononcé au nom de l’Union européenne et souhaiterai formuler ici trois observations.

1/- La première pour saluer le fait que l’Afghanistan continue d’avancer dans sa transition, comme en atteste la poursuite des réformes engagées par le gouvernement depuis septembre 2014. Les récentes nominations à d’importantes fonctions gouvernementales et poste de gouverneurs doivent être saluées.

La France réitère ici son plein soutien au gouvernement afghan et l’encourage à continuer ces efforts. Je voudrais également réaffirmer l’engagement de mon pays à coopérer avec l’Afghanistan dans les domaines définis par l’important Traité d’amitié et de coopération qui lie nos deux pays depuis 2012.

2/- Deuxième observation, comme le souligne le rapport du Secrétaire général, les circonstances restent cependant très difficiles et les défis nombreux.

Outre la nécessaire poursuite des réformes dans les domaines politique et économique, la priorité continue d’être la fin des combats et le rétablissement de la sécurité, et cela de manière durable. Les récents attentats, en particulier celui d’hier et celui perpétré à Kaboul le 19 avril dernier, qui a fait 64 morts et 327 blessés, démontrent que la situation reste fragile. Je tiens ici au nom de la France à exprimer à nouveau toutes nos condoléances pour ces drames et à saluer le courage et la résilience des forces nationales de défense et de sécurité afghanes, qui, outre les talibans, doivent également faire face à la menace posée par les groupes terroristes affiliés à Daech.

Le refus des talibans de répondre à l’offre de discussions directes avec le gouvernement afghan, formulée par le groupe quadrilatéral de coordination, est bien évidemment une déception pour la communauté internationale. Cela ne peut qu’inutilement prolonger les violences et les souffrances du peuple afghan. La France souhaite que ce dialogue puisse reprendre au plus vite, en vue de mettre un terme au conflit et d’avancer vers une réconciliation nationale.

La France appelle également tous les pays de la région à soutenir activement la stabilisation de l’Afghanistan et à contribuer positivement à l’établissement d’une paix durable dans ce pays. Dans ce contexte, les perspectives d’ouverture économique vers l’Asie centrale et l’Iran sont positives.

Par ailleurs, l’économie illicite, la corruption ainsi que la production et le trafic des drogues doivent être activement combattus par l’Afghanistan et ses partenaires de la région, car ce sont également des obstacles majeurs pour le rétablissement de la sécurité et le développement de ce pays.

3/- Enfin, troisième et dernière observation, ce contexte fragile rend le soutien de la communauté internationale à l’Afghanistan d’autant plus important pour aider le pays à avancer vers davantage de stabilité, de prospérité et de démocratie.

Le soutien des Nations Unies, en particulier, reste déterminant, notamment pour permettre à la population de bénéficier de services essentiels et de l’assistance internationale. La France est particulièrement attachée au rôle de « bons offices » de la MANUA. La résolution 2274, adoptée en mars dernier, a permis de réaffirmer la volonté de la communauté internationale de poursuivre son soutien à l’Afghanistan. Il est indispensable que les Nations Unies continuent de disposer des moyens nécessaires pour atteindre les objectifs fixés par cette résolution.

Le sommet de l’OTAN à Varsovie les 8 et 9 juillet et la conférence de Bruxelles pour l’Afghanistan le 5 octobre devront réaffirmer le soutien de la communauté internationale à l’Afghanistan et aux processus que conduit le gouvernement d’unité nationale.

Permettez-moi, pour conclure, de saluer à nouveau l’action menée par Nicholas Haysom comme Représentant spécial du Secrétaire-général des Nations Unies et chef de la MANUA et de lui souhaiter beaucoup de succès dans ses futures fonctions. La France se réjouit de pouvoir continuer à coopérer étroitement avec son successeur, M. Yamamoto.

Je vous remercie.

Dernière modification : 21/06/2016

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