L’UE, un partenaire essentiel du CSNU dans la recherche de solutions durables (09/03/2015) [en]

9 mars 2015 - Conseil de sécurité - Coopération Nations unies/ Union européenne - Intervention de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies

Je salue Mme Mogherini, Haute-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’Union européenne et Vice-présidente de la Commission.

C’est toujours un plaisir d’accueillir dans cette enceinte un représentant de cet acteur majeur de la sécurité et de la stabilité internationales qu’est l’Union européenne. Je vous souhaite la bienvenue, Madame, et me réjouis de votre présence parmi nous, pour la première fois depuis votre nomination.

L’Union européenne est un partenaire essentiel du Conseil de sécurité sur la plupart des crises dont il a à connaitre. Mme Mogherini en a fait le détail et je ne reviens pas dessus.

Pour nous, l’action de l’Union européenne est complémentaire de celle de ce Conseil. L’Union européenne a su, au cours des dernières années, agir de manière décisive, en particulier en Afrique.
L’an dernier, devant ce Conseil, nous saluions l’action de l’Union européenne en faveur de la formation des forces maliennes de sécurité, en complémentarité avec la MINUSMA. Nous engagions alors les Européens à faire de même en République centrafricaine.
Cela a été fait avec le déploiement de l’opération EUFOR-RCA à partir du 1er avril 2014, qui a apporté une contribution importante aux actions de sécurisation et de protection des populations civiles de Bangui, là encore en appui à l’opération de l’Union africaine, la MISCA, puis de l’opération de maintien de la paix de l’ONU, la MINUSCA. En cette semaine où la mission EUFOR–RCA va s’achever, je veux saluer l’action de cette force, mais aussi souligner l’engagement continu de l’Union européenne en RCA, puisqu’une mission d’assistance à la réforme des Forces armées centrafricaines va immédiatement prendre le relais. L’action en République centrafricaine démontre que l’Union européenne sait s’engager efficacement et rapidement, et nous remercions les services d’action extérieure de l’Union européenne pour leur travail de mobilisation des partenaires européens.

Au-delà de son déploiement sur le terrain, l’Union européenne est aussi un partenaire précieux de l’ONU dans la recherche des solutions durables aux grandes crises qui nous occupent. La lutte contre Boko Haram, sera ainsi une priorité pour les mois à venir.

Sur le dossier nucléaire iranien, nous remercions la Haute Représentante de son engagement exemplaire aux côtés des E3+3. L’Union européenne joue un rôle crucial dans les discussions avec l’Iran visant à aboutir à un règlement global de la crise. Beaucoup reste à faire mais nous sommes pleinement engagés pour arriver à une solution.

C’est aussi le cas sur la crise en Ukraine, entrée dans une nouvelle phase avec la signature le 12 février du « paquet de mesures pour la mise œuvre des accords de Minsk ». Là encore, l’Union européenne s’inscrit dans la dynamique de sortie de crise confortée par ce Conseil à travers sa résolution 2202. Rappelons ici que l’Union européenne recourt à des sanctions, sur ce dossier comme sur plusieurs autres, non pas pour punir mais pour inciter les parties prenantes au dialogue. Le lien entre les sanctions et la mise en œuvre de l’ensemble du paquet de Minsk a été rappelé la semaine passée par les dirigeants européens. C’est donc bien pour un règlement pacifique de la crise en Ukraine que l’Union européenne se mobilise, sur les plans diplomatique mais aussi financier et humanitaire.

Au Proche-Orient, l’Union européenne continuera de jouer tout son rôle, dans le cadre du Quartet et au-delà, en tant qu’acteur majeur pour préserver la solution des deux Etats face à la poursuite de la colonisation et pour contribuer à ce qu’un accord de paix soit enfin trouvé. C’est aussi le cas sur la Libye, qui constitue la crise la plus grave de son voisinage Sud. L’Union européenne apporte un soutien actif aux efforts déployés par le Représentant spécial Bernardino Léon, et je sais, Madame, que vous y veillez personnellement. La reprise du dialogue politique libyen doit permettre de déboucher sur une solution globale et l’Union européenne a vocation à jouer un rôle essentiel pour appuyer ce processus.

Enfin, l’Union européenne, projet inédit dans l’histoire, travaille à la promotion d’un nouvel ordre dans son voisinage proche et au-delà, consacrant la primauté du droit, de la démocratie et des droits de l’Homme comme facteur de paix et de sécurité. Edifiée sur un idéal de rapprochement des peuples, transcendant les nationalismes, l’Union européenne a créé un modèle unique qui exerce une importante force d’attraction.

Ce modèle continue ainsi d’agir en faveur de la paix et de la sécurité, en particulier dans les Balkans, longtemps meurtris par la guerre issue de la décomposition du bloc communiste.

Aujourd’hui l’Union européenne, plus que jamais, œuvre au rapprochement entre la Serbie et le Kosovo, en favorisant leur dialogue bilatéral et en leur offrant une juste place dans un environnement régional apaisé, tourné vers son développement collectif. Après la parenthèse électorale que ces pays ont connue, nous nous réjouissons de la reprise de leur dialogue au plus haut niveau ce 9 février, avec votre concours Madame la Haute représentante, et nous appelons de nos vœux la poursuite de ces efforts.

Cette normalisation est également à l’œuvre pour la Bosnie-Herzégovine, que l’Union européenne accompagne sur la voie de la stabilisation au travers notamment de sa mission Eufor-Althéa. Sous l’impulsion de Mme Mogherini, le rapprochement européen de la Bosnie-Herzégovine connait une nouvelle relance : il est crucial que ce pays reprenne la voie des réformes, afin de rejoindre lui-aussi le moment venu l’Union européenne.

On le voit partout où l’Union européenne est à l’œuvre, elle apporte sa contribution à l’idéal de paix, de liberté et de progrès de l’humanité que les Nations Unies incarnent. Elle est à ce titre un partenaire indispensable des Nations Unies. Ce rôle particulier de l’Union européenne s’est traduit, il y a quatre ans par l’adoption de la résolution 65/276 de l’Assemblée générale, consacrant la place de l’Union européenne comme partenaire et amie des Nations Unies.
Je voudrais aussi souligner aujourd’hui, en apportant tous mes vœux de succès à l’action de Mme Mogherini, que l’Union européenne est plus qu’une simple organisation régionale, elle est à la fois un processus d’intégration sans précédent dans l’histoire et l’un pilier d’un système international cohérent et efficace.

Je vous remercie.

Dernière modification : 20/01/2016

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