La consolidation de la paix fait la différence et aide des pays à sortir de crise - 25 juin 2015 [en]

Consolidation de la paix - Intervention de M. Alexis Lamek, Représentant Permanent Adjoint de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 25 juin 2015

Je vais moi aussi commencer par remercier les Ambassadeurs Patriota et Skoog, pour leurs interventions qui nous éclairent.

Depuis l’établissement, il y a 10 ans de cela, de l’architecture de consolidation de la paix, des progrès importants ont été accomplis, d’une part dans le sens d’une meilleure compréhension des défis spécifiques des pays qui émergent de conflits et, d’autre part, dans le sens d’une meilleure coordination des efforts internationaux, et notamment des entités des Nations Unies. Le rapport que nous examinons aujourd’hui illustre concrètement la manière dont ses efforts ont permis d’améliorer les situations sur place. Et je pense notamment au partenariat avec le Fonds pour la consolidation de la paix en faveur d’une plus grande inclusion des femmes au Libéria ou encore au soutien apporté à la mise en place du nouveau Parlement en Guinée.

Ainsi que l’Ambassadeur Patriota et l’Ambassadeur Skoog l’ont soulevé, et je voudrais me joindre à ces propos, la France rend hommage à l’engagement de l’Architecture dans la lutte contre Ebola, une crise qui a gravement affecté trois pays à l’agenda de la Commission. Forcée de réorienter ses axes de travail, la Commission s’est efforcée de sensibiliser sur l’aspect multidimensionnel que devait recouvrir la lutte contre Ebola qui a entrainé des conséquences sanitaires, sociales, économiques et politiques. Se contenter d’une réponse uniquement médicale, certes indispensable, ne permettait pas de répondre aux enjeux posés tels que notamment le manque d’infrastructures, la faiblesse des systèmes de santé et le manque de sensibilisation des populations aux enjeux de santé publique.

Nous sommes donc heureux de voir que l’Architecture de consolidation de la paix peut faire une différence et aider des pays à sortir de crise. Pour autant, des progrès peuvent encore être apportés à nos efforts collectifs. La capacité à mobiliser des ressources sur le long terme et à coordonner les différents bailleurs en soutien à des stratégies définies avec les Etats-hôte demeurent des défis qui ne trouvent pas encore de réponse satisfaisante. Les cas où des pays émergeants de conflit replongent dans des situations de crise révèlent des insuffisances sur lesquelles nous devons encore travailler.

Dans cette perspective, la France soutient la Revue de l’architecture de consolidation de la paix, dont l’articulation avec la revue stratégique des Opérations de paix et celle relative à l’application de la résolution 1325 est essentielle. Ces revues permettent que l’ensemble des modalités d’intervention des Nations Unies dans les pays en crise, ou en sortie de crise, fassent l’objet d’un examen critique, sur toute la ligne des conflits, de la prévention à la stabilisation post-conflit en passant par le maintien de la paix et la gestion des phases transitionnelles. La reconstruction institutionnelle, le ré-établissement de structures étatiques fonctionnelles, la réconciliation nationale, la justice transitionnelle ou encore la relance économique sont autant de défis qui prennent des années, parfois même des décennies. Gérer l’urgence est une chose ; mais répondre à ces défis de long terme en est une autre, et nos marges de progrès sont là immenses.

Dans ce contexte, j’aimerais mettre en avant certains points en particulier qui nous semblent centraux.

Premièrement, il est indispensable d’être fermement ancré dans le terrain, dans le concret et les situations locales, pour fournir une réponse adaptée et venir en appui aux processus nationaux. C’est en effet dans les configurations pays de la Commission de configuration de la paix que le véritable travail peut être accompli. Les réflexions organisationnelles sont importantes mais elles doivent venir en appui aux configurations-pays. Ainsi, la France tient à saluer l’initiative de la configuration RCA dans le cadre de laquelle une réunion de mobilisation des bailleurs a pu être organisée en soutien aux élections.

Deuxièmement, il est capital que nous développions notre réflexion et nos efforts concernant le séquençage et la priorisation de l’action internationale. En effet, il nous faut travailler sur l’articulation entre les différentes missions et modes d’intervention des Nations Unies, et celle des successions entre les missions. La France est à cet égard reconnaissante au Japon de son initiative sur les « leçons apprises dans les transitions entre missions ».

Troisièmement enfin, on ne peut que qu’appuyer l’importance accordée par la Commission de consolidation de la paix au facteur régional. Les Etats voisins des Etats qui sortent de crise sont des acteurs clefs avec qui nous devons travailler étroitement, tant les problématiques de crise ne s’arrêtent bien souvent pas aux frontières. La coopération avec les organisations régionales et sous régionales peut également être renforcée, et la France se félicite que cet axe ait constitué une priorité de travail cette année.

Le rapport sur les Opérations de paix conduit par le Président Ramos-Horta a été remis il y a quelques jours ; nous attendons très bientôt le rapport sur la consolidation de la paix coordonné par l’ambassadeur Rosenthal, et d’ici septembre le rapport sur la revue stratégique de la résolution 1325. Ces revues offrent une occasion unique de réfléchir sur l’ensemble de la chaîne qui unit paix, sécurité et développement, dans le contexte du Sommet sur le post-2015. Nous examinerons collectivement les résultats de ces revues stratégiques et nous engageront activement dans la mise en œuvre des recommandations pertinentes.

Je vous remercie

Dernière modification : 20/06/2016

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