L’avenir du Kosovo se joue dans le cadre du dialogue politique entre Belgrade et Pristina [en]

Kosovo - Intervention de Mme Anne Gueguen, Conseillère politique à la Mission permanente de la France auprès des Nations Unies - Conseil de sécurité - 27 février 2017

Monsieur le Président,

Je me joins aux remerciements exprimés par les autres membres du Conseil de sécurité au Représentant spécial du Secrétaire général M. Zahir Tanin, ainsi qu’au Président de la Serbie Tomislav Nikolić et à l’ambassadrice du Kosovo Mme Vlora Citaku.

Je souhaiterai débuter mon intervention en rappelant, une nouvelle fois, le souhait de la France d’une révision du rythme d’examen de la situation au Kosovo par le Conseil de sécurité. Alors que le Conseil fait face à une charge de travail en constante augmentation, il ne parait plus justifié de maintenir des briefings trimestriels sur la question du Kosovo, dont la situation n’est pas comparable à celle des crises pour lesquelles l’engagement intensif du Conseil de sécurité est essentiel.

Nous pensons également que les développements positifs enregistrés ces dernières années au Kosovo en matière de consolidation des institutions justifient la poursuite du recentrage des actions de la MINUK et de leur coordination avec les autres acteurs internationaux présents au Kosovo. Nous appelons une nouvelle fois le Secrétaire général à formuler des recommandations sur cette question, dans le cadre de son prochain rapport.

La France est convaincue que l’avenir du Kosovo ne se joue désormais plus prioritairement au sein de ce Conseil, mais bien dans le cadre du dialogue politique entre Belgrade et Pristina mené sous les auspices de l’Union européenne.

Il importe à cet égard que les parties y fassent preuve d’un engagement volontariste, au plus haut niveau. Nous attendons que l’ensemble des accords conclus soient mis en œuvre dans les meilleurs délais, y compris s’agissant de la création de l’association des communautés des municipalités à majorité serbe, qui constitue un élément clé du dialogue. Nous appelons donc instamment les autorités kosovares et serbes à intensifier leurs efforts, notamment sur ce dernier point, afin de produire davantage de résultats concrets dans les mois à venir. Il s’agit d’un sujet que nous suivrons de près.

Nous sommes vivement préoccupés par les tensions observées ces dernier mois sur le terrain ainsi que par les provocations regrettables qui les nourrissent. Nous attendons de tous les acteurs qu’ils fassent preuve de responsabilité et de retenue. L’accord trouvé sur la démolition du mur de Mitrovica constitue à cet égard un développement positif. La normalisation des relations entre Belgrade et Pristina reste, de manière générale, une condition indispensable pour leurs avancées respectives sur le chemin du rapprochement européen, qui ont une nouvelle fois été encouragées lors du sommet « Paris – Balkans 2016 » qui s’est tenu le 4 juillet dernier.

Monsieur le Président,

La poursuite des efforts engagés pour la consolidation de l’Etat de droit au Kosovo doit par ailleurs demeurer une priorité. Cela passe notamment par la lutte contre la radicalisation, sous toutes ses formes. Nous saluons à ce titre l’engagement inconditionnel du Kosovo en la matière, au plan local comme au sein de la coalition internationale contre Daech.

La France continuera également d’apporter son soutien aux efforts entrepris par les autorités kosovares en faveur de la reconnaissance internationale de leur Etat.

Enfin, je conclurai mon intervention en soulignant que l’action en cours en France à l’encontre de M. Ramush Haradinaj relève de procédures judiciaires enclenchées sur la base d’une demande d’arrestation provisoire diffusée par Interpol. L’exécution de cette dernière revêt un caractère automatique, au regard de nos engagements internationaux. Elle n’a donc aucune dimension politique et ne modifie en rien les relations de confiance que nous entretenons traditionnellement avec le Kosovo, ni notre soutien à la réconciliation dans la région et à la mise en œuvre du dialogue entre Belgrade et Pristina.

Je vous remercie.

Dernière modification : 16/03/2017

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