L’indépendance économique des femmes : principal rempart face à la pauvreté (09/03/2015)

Concertation ministérielle francophone sur l’autonomisation économique des femmes
en marge de la 59ème session de la Commission de la Condition de la Femme - Intervention de Mme Danielle Bousquet, Présidente du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes - 9 mars 2015

Madame la Secrétaire générale de l’OIF,
Mesdames et Messieurs les membres de gouvernements,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,

C’est un grand honneur de participer à cette concertation francophone sur le thème de l’autonomisation économique des femmes. Je remercie l’Organisation et sa nouvelle Secrétaire Générale pour avoir pris l’initiative de cette concertation de haut niveau. Cette session anniversaire « Pékin+20 » est une excellente occasion de rappeler l’importance de ce pilier du programme d’action de Pékin.

Avant tout il convient de dire que malgré des avancées certaines, les femmes n’ont pas un égal accès aux ressources et qu’elles subissent de larges ségrégations sur le marché du travail.

La permanence de cette situation injuste doit nous conduire, et vous l’avez dit à plusieurs reprises les unes les autres, à nous mobiliser davantage. Et nous avons besoin dans un nouvel élan, de relancer ce processus de Pékin. Parce que depuis quelques années, les progrès sont plus lents. Et pourtant nous ne pouvons pas attendre des générations pour atteindre l’objectif d’égalité économique.

Rappelons ce fait simple : la majorité des pauvres dans le monde sont des femmes, qui cumulent de nombreux facteurs de discriminations, en particulier sur le marché de l’emploi. C’est une situation que l’on retrouve hélas dans presque tous les pays du monde, y compris en France, où les femmes continuent de gagner, à emploi équivalent, à âge équivalent, environ 10% de moins que les hommes, ce qui est totalement inacceptable.

A cette situation s’ajoutent de nouveaux défis. L’impact du changement climatique et les questions environnementales sont davantage pris en compte là où le rôle des femmes apparaît de plus en plus déterminant. Et nous pouvons, ensemble, en faire un axe de développement économique qui inclue effectivement les femmes.

Oui, il est indiscutable que l’égalité femmes-hommes a un puissant effet d’accélération du développement. Et si les femmes avaient un accès égal aux ressources productives, et cela a déjà été dit, cela se traduirait par un gain de production dans le monde de 20 à 30 % ; c’est-à-dire assez pour sauver 100 à 150 millions de personnes de la pauvreté.

— Oui, l’indépendance économique des femmes est le principal rempart face à la pauvreté.
— Oui, l’indépendance économique constitue le seul et unique moyen d’être complètement autonomes.
— Et oui, l’indépendance économique est source d’autonomie sociale.

Comment accéder à cette indépendance ? Et bien je mentionnerai ici simplement deux aspects parce que notre temps est contraint :

— L’éducation, encore l’éducation, toujours l’éducation, cela a déjà été mentionné. Les jeunes filles doivent pouvoir y accéder aussi facilement que les jeunes garçons, et on sait qu’on est là aussi loin du compte mais nous devons également proposer la formation aux femmes tout au long de leur vie.

— Et ensuite, l’accès des femmes aux ressources économiques, y compris l’égal accès à la propriété, à l’héritage ou au crédit, afin d’investir, et pas seulement au microcrédit, mais à toutes les formes de crédit.

En France, en particulier depuis 2012, nous sommes pleinement engagés pour que les femmes participent totalement au marché du travail, dans les meilleures conditions possibles. Et la première condition pour nous, et sans doute de manière universelle, c’est un partage équitable des obligations familiales et domestiques, avec le père ou le compagnon. Et la seconde condition, c’est de varier et d’accroître les services de garde d’enfants.

Nous agissons pour l’indépendance économique des femmes et je pense à nos actions pour l’insertion économique sur le marché du travail ; et je pense aussi à la lutte contre le sexisme dans les médias et dans les entreprises ; et je pense aussi à des régimes de retraites – nous avons la chance d’avoir de bons régimes de retraite – qui prennent mieux en compte la situation des femmes sur le marché du travail ;

Au moment où nous constatons que les droits des femmes sont régulièrement et partout remis en cause, y compris dans les enceintes internationales, la Francophonie affirme et doit jouer un rôle majeur. Elle doit être à l’avant-garde du combat pour l’égalité réelle, pour que les droits soient enfin effectifs pour toutes ces femmes qui comptent sur nous.

Je vous remercie.

Dernière modification : 20/01/2016

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