France attachée au renforcement de l’action de l’ONU dans la consolidation de la paix

Débat sur la revue de l’architecture de consolidation de la paix - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 23 février 2016

Monsieur le Président,

Je voudrais commencer par remercier les Ambassadeurs Kamau, Skoog et Rosenthal pour leur contribution précieuse à ce débat.

La consolidation de la paix est un sujet essentiel et nous sommes tous d’accord pour souligner l’importance. Nous sommes également tous d’accord pour souligner que les Nations unies doivent mieux faire dans ce domaine.

A cet égard, le débat ouvert d’aujourd’hui est pleinement dans l’actualité : le rapport du Groupe consultatif d’experts sur la revue de l’architecture de consolidation de la paix publié en juillet dernier contient plusieurs propositions intéressantes. Le projet de résolution sur l’architecture de la consolidation de la paix, actuellement discuté à l’Assemblée générale, représente également une opportunité pour améliorer l’action des Nations unies dans ce domaine. Pour la France, cette amélioration doit se structurer autour des points suivants :

Il faut tout d’abord être attentif à ce que la commission de consolidation de la paix s’inscrive pleinement en complémentarité et en appui de l’action du Conseil de sécurité, afin de renforcer et de soutenir son action. C’est un point essentiel afin d’assurer une pleine cohérence du message des Nations unies vis-à-vis des différentes situations dont nous sommes saisis. Par exemple, la commission de consolidation de la paix peut jouer un rôle important pour maintenir la mobilisation politique sur certaines situations particulières et contribuer ainsi à la mise en œuvre des actions engagées. A cet égard, la CCP peut contribuer à mobiliser les partenaires associés à la mise en œuvre des résolutions du Conseil, comme les bailleurs, le système de l’ONU et les organisations internationales.

Par ailleurs, la Commission de consolidation de la paix joue dans certains cas un rôle très apprécié de conseil vis-à-vis du Conseil de sécurité, à partir notamment des visites de terrain effectuées par ses membres. C’est dans cette direction qu’il faut orienter les travaux de la CCP, pour qu’elle appuie efficacement les travaux du Conseil de sécurité. Ainsi, par exemple, nous apprécions le rôle joué par le Maroc comme Président de la CCP-RCA et ses efforts pour appuyer le financement des élections et de la Cour pénale spéciale. Ces projets sont des programmes concrets qui contribuent à la stabilisation de la RCA, décidés par le Conseil de sécurité en lien avec les autorités de transition, mais leur mise en œuvre nécessite un suivi et un appui que la CCP-RCA peut efficacement assurer. De la même façon, les visites régulièrement organisées dans les Grands Lacs par la présidence suisse de la configuration Burundi sont particulièrement utiles et bienvenues, dans la mesure où elles interviennent dans le cadre d’une excellente complémentarité des initiatives prises par le Conseil pour trouver une issue à la crise burundaise.

Il est également important de veiller à ce que la Commission de consolidation de la paix organise ses travaux de la façon la plus efficace possible, afin de garantir à la fois une certaine souplesse dans l’examen des dossiers, mais aussi de concentrer ses réunions sur des questions opérationnelles et concrètes. De ce point de vue, je souhaite féliciter l’ambassadeur Suède pour son travail accompli en ce sens lors de sa présidence de la Commission, et je félicite l’ambassadeur du Kenya pour son élection à la tête de la CCP et lui souhaite plein succès pour sa présidence.

S’agissant enfin du financement, nous saluons les actions du Fonds pour la consolidation de la paix. Pour la suite, il est essentiel de maintenir le caractère volontaire des contributions afin de continuer à assurer une réelle transparence et un suivi des engagements de ce fonds. Toutefois, il faut aussi reconnaître que l’efficacité de la consolidation de la paix ne se résume pas à une question financière. De ce point de vue, il importe d’accentuer les efforts de coordination sur le terrain de l’action des Nations unies dans le domaine de la consolidation de la paix, de même que leur coordination avec les institutions financières internationales. A cet égard, le rôle du Résident coordinateur doit être appuyé et renforcé.

Monsieur le Président,

La France est particulièrement attachée au renforcement de l’action des Nations unies dans le domaine de la consolidation de la paix. Nous espérons que le débat d’aujourd’hui et les discussions sur la résolution à l’Assemblée générale contribueront à cet objectif partagé par tous.

Je vous remercie.

Dernière modification : 23/02/2016

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