La France reste engagée pour une solution durable en Syrie [en]

Syrie / résolution 2336 - Explication de vote par M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 31 décembre 2016

Monsieur le Président,

La France est favorable à toute initiative permettant de sauver des vies civiles en Syrie. C’est dans cet esprit qu’elle avait proposé, le 16 décembre dernier, un projet de résolution visant à déployer un dispositif de surveillance des évacuations à Alep. C’est pour ces mêmes raisons que la France a aujourd’hui voté en faveur de la résolution 2336.

La France espère que cet accord de cessez-le-feu sera mis en œuvre de façon effective immédiatement et elle appelle les « garants » à assumer pleinement leurs responsabilités à cet égard.

Le texte de l’accord russo-turc, tel que partiellement présenté au Conseil de sécurité hier, comporte néanmoins toujours des zones d’ombre.

La première préoccupation de la France tient à l’adhésion réelle des parties syriennes à cet accord de trêve, alors que des bombardements ont été menés par le régime en violation de cet accord au cours des dernières 48 heures, alors qu’une offensive du régime, soutenue par l’Iran, est toujours en cours dans la vallée de Barada. Le Conseil de sécurité n’a reçu aucun document signé par le régime ou par les groupes d’opposition ; la liste des groupes se considérant comme parties à l’accord ne lui a pas été communiquée ; la Russie a indiqué que certains groupes avaient donné mandat à d’autres pour adhérer à l’accord, ce qui n’est pas corroboré par les textes qui nous ont été transmis. Dans ces conditions, le niveau d’engagement des parties dans cette trêve paraît relativement incertain, et sa mise en œuvre, fragile. En particulier, la France considère que la cessation des hostilités doit s’appliquer à l’ensemble des groupes armés, à la seule exclusion des groupes désignés comme terroristes par le Conseil de sécurité. Les groupes armés qui ne sont pas parties à la cessation des hostilités ne sauraient, de ce fait, être considérés comme terroristes.

Il est également indispensable que la surveillance du respect du cessez-le-feu intervienne en coordination avec les Nations unies. La France aurait à cet égard souhaité pouvoir étudier avec ses partenaires les modalités d’extension à d’autres localités de Syrie du dispositif de surveillance prévu par la Résolution 2328. La France reste à la disposition des « garants » pour examiner les moyens d’un mécanisme de surveillance rigoureux et impartial.

Tous les efforts de la communauté internationale doivent maintenant viser à faciliter la reprise des négociations qui se tiendront le 8 février prochain sous l’égide de Staffan de Mistura, à qui nous rappelons notre entier soutien. Les exercices préparatoires doivent s’inscrire dans le cadre défini par la Résolution 2254 et du communiqué de Genève. La réunion d’Astana pourra constituer une première étape utile à cet égard. Pour que ce puisse être le cas, le processus de désignation des représentants de l’opposition à la réunion d’Astana devra être transparent. Or il pose pour l’instant d’importantes questions : la France rappelle que le Haut Comité des Négociations est le représentant légitime de l’opposition dans les négociations inter-syriennes. Il ne saurait y avoir d’exercice crédible qui l’exclue.

La France souhaite que les discussions se poursuivent de façon transparente sur ces points en vue d’une transition politique effective, préalable indispensable pour que la Syrie se relève et entame sa reconstruction. La France reste pleinement engagée dans la recherche d’une solution durable à ce conflit qui n’a que trop duré.

Dernière modification : 31/12/2016

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