La France salue l’engagement de l’Afghanistan à faire progresser le processus de paix - 17 septembre 2015 [en]

Situation en Afghanistan - Intervention de Mme Marie Audouard, première secrétaire de la représentation permanente de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 17 septembre 2015

Monsieur le Président,

Je remercie le Représentant spécial du Secrétaire général, Monsieur Nicholas Haysom, ainsi que le Directeur exécutif de l’ONUDC, Monsieur Yuri Fedotov, pour leurs présentations. Je remercie également l’ambassadeur d’Afghanistan, M. Tanin, pour son intervention et m’associe aux hommages qui lui ont été rendus et aux encouragements pour ses nouvelles fonctions. La France s’associe d’avance au discours qui sera prononcé au nom de l’Union européenne.

Monsieur le Président, comme l’a souligné le SGNU dans son rapport, les avancées au plan politique sont notables. Nous saluons les efforts du gouvernement d’unité nationale pour faire avancer les réformes, et notamment la réforme électorale. Les nominations récentes du gouverneur de la Banque centrale et d’un juge de la Cour Suprême sont aussi des décisions importantes. L’engagement du gouvernement à faire progresser le processus de paix, en concertation avec les pays de la région, mérite également d’être salué. La tenue, début juillet au Pakistan, de discussions entre les principaux acteurs concernés, est un développement positif dans la recherche d’une solution politique durable au conflit afghan. A cet égard, le soutien des pays de la région est primordial pour que le processus afghan de réconciliation soit un succès et pour garantir ainsi les conditions d’un développement durable en Afghanistan.

Mais les défis restent nombreux, en particulier au plan sécuritaire. Le conflit continue à s’étendre et le degré de violence ne cesse d’augmenter, avec pour premières victimes les populations civiles. Les forces de sécurité afghanes ont réalisé des progrès notables et semblent de plus en plus à même de contrer les attaques menées par les talibans, et maintiennent leur emprise sur les principaux centres urbains d’Afghanistan. Pour autant, leurs capacités doivent encore être renforcées, car la situation reste fragile à Kaboul ainsi que dans de nombreuses provinces, comme le démontre la récente attaque d’une prison par les taliban dans la province de Ghazni afin de faire évader des détenus.

Sur le plan des droits de l’Homme, il est essentiel que la société civile afghane et les autorités continuent de se mobiliser, en particulier en faveur des femmes et des enfants, qui souffrent de cette situation sécuritaire dégradée. Nous saluons ainsi l’adoption par l’Afghanistan d’un plan d’action national « Femmes, paix et sécurité » pour la mise en œuvre de la résolution 1325 sur la période 2015-2022 et l’appelons à poursuivre ses efforts dans ce domaine. Il est également important que la communauté internationale continue à soutenir l’Afghanistan dans la mise en œuvre de ses engagements en matière de protection des enfants dans les conflits armés.

La lutte contre les stupéfiants et l’économie illicite font également partie de ces défis. Comme l’a souligné M. Fedotov, beaucoup reste à faire sur ce sujet, qui préoccupe vivement la France, en tant qu’il menace directement la sécurité et le développement de l’Afghanistan, la santé de sa population et la stabilité de la région. Nous encourageons les autorités à poursuivre leur travail pour lutter contre les stupéfiants par une approche globale, en concertation étroite avec l’ONUDC, dont nous saluons les efforts continus. La France est attachée à ce que les Nations unies assument un rôle accru face à ce défi majeur, en particulier en matière de coordination des agences des Nations unies impliquées dans la lutte contre le trafic de stupéfiants.

Dans ce contexte difficile, la communauté internationale ne doit pas cesser de se mobiliser afin d’accompagner l’Afghanistan vers plus de stabilité, de prospérité et de démocratie. Les engagements pris à l’occasion de la conférence de Londres en décembre 2014 devront être tenus car l’Afghanistan a toujours besoin du soutien de ses partenaires.

Alors que l’Afghanistan est pleinement entré dans la « Décennie de la transformation », le rôle des Nations unies est plus important que jamais. Le rôle de soutien au gouvernement reste essentiel, notamment pour permettre à la population de bénéficier des programmes gouvernementaux et de l’assistance internationale. Mais ce rôle doit aussi évoluer et s’adapter. Et cet égard, nous saluons la revue tripartite et les réflexions actuellement menées conjointement sur l’évolution souhaitable de l’appui que la MANUA et les Nations Unies peuvent fournir au pays.

La France, quant à elle, continuera de se tenir aux côtés de l’Afghanistan dans le cadre du traité d’amitié et de coopération franco-afghan mais aussi au travers de sa contribution à l’engagement de l’Union européenne en Afghanistan, qui représente 1,4 milliards d’euros sur la période 2014-2020.

Pour conclure, permettez-moi de saluer les efforts de l’ensemble du personnel des Nations unies en Afghanistan, qui travaillent dans des conditions difficiles.

Je vous remercie.

Dernière modification : 04/08/2016

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