La France salue le rôle fondamental joué par l’UNRWA au service des réfugiés palestiniens

65ème anniversaire de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens - Intervention de M. François Delattre, Représentant permanent de la France auprès des Nations unies - 2 juin 2015

Monsieur le Commissaire Général, dont je tiens à saluer l’action ainsi que celle des équipes de l’UNWRA,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour célébrer les 65 ans d’existence de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens. En 65 ans, l’UNRWA s’est imposée comme le fournisseur principal et vital d’aide de secours et de développement aux cinq millions de réfugiés palestiniens vivant dans les Territoires palestiniens, en Jordanie, en Syrie et au Liban. L’Office est devenu la plus grande opération des Nations Unies dans la région.

Cet anniversaire est donc l’occasion pour la France de saluer le rôle fondamental joué par l’UNRWA depuis 65 ans au service des réfugiés palestiniens. Mais également de rendre un hommage appuyé au courage de milliers d’employés de l’Office qui accomplissent leur mission dans des conditions particulièrement difficiles et au péril de leur vie.

La France a toujours apporté un soutien actif à l’UNRWA, pour la bonne raison que son action répond à deux exigences fondamentales :

— une exigence humanitaire immédiate, compte tenu des conditions dans lesquelles vivent et pour certains, survivent, les réfugiés palestiniens ;

— et puis une exigence politique structurelle qui est de préserver l’identité palestinienne des réfugiés dans l’attente d’un règlement politique de la question au travers d’une solution concertée, juste, réaliste et équitable que la France et l’Union européenne appellent de leurs vœux.

Cet anniversaire intervient dans un contexte régional des plus sombres :
— en Syrie, la crise a transformé les conditions de vie des réfugiés. La quasi-totalité des palestiniens de Syrie a besoin de protection et d’assistance humanitaire, y compris les habitants de Yarmouk qui se trouvent sous la menace conjointe du régime et de Daech ;

— et puis à Gaza, le conflit tragique de l’été 2014 fut le plus meurtrier de tous avec plus de 2 200 victimes palestiniennes, en majorité des civils, dont de nombreuses femmes et des enfants. La reconstruction de la bande de Gaza implique aujourd’hui un effort sans précédent qui ne pourra intervenir dans le maintien d’un statu quo aussi injuste qu’intenable.

Je tiens dans ce contexte à saluer l’action déterminante de Pierre Krähenbühl pour son rôle sur ces deux crises aiguës en particulier.

Nous avons donc une responsabilité collective pour soutenir l’UNRWA. Nous devons pour cela agir sur deux fronts :

— sur le plan financier tout d’abord, pour répondre à une crise devenue structurelle. La nouvelle stratégie adoptée par l’UNRWA pour la période 2016-2021 nécessitera l’engagement de tous. Nous espérons que de nouveaux donateurs seront en mesure de renforcer leurs contributions pour soutenir durablement l’action de l’Office.

— sur le plan politique surtout. Qu’il s’agisse de la recherche d’une transition en Syrie ou d’une solution politique durable à Gaza, qui permette de mettre fin au blocus en prenant en compte les préoccupations sécuritaires d’Israël, l’action si importante de l’UNRWA ne pourra qu’être palliative si nous ne traitons pas la source des difficultés, y compris au Conseil de sécurité.

L’UNRWA apporte assistance et protection aux réfugiés palestiniens dans le respect et la dignité. Elle continuera à le faire aussi longtemps que nécessaire. Toutefois, l’Office n’a pas vocation à devenir une agence permanente. Pour reprendre vos paroles, pour reprendre les paroles du Commissaire Général, que je cite : « les réfugiés palestiniens n’ont pas seulement besoin d’aide, ils ont besoin d’une solution juste ».

Accepter le statu quo, ce serait donc renoncer à cette exigence de justice. Il ne pourra en effet y avoir de solution pour les réfugiés sans la création d’un Etat palestinien viable et indépendant. Pour cela, un engagement renforcé et collectif de la communauté internationale est indispensable. Le Conseil de sécurité aura dans cette perspective un rôle déterminant à jouer. Vous connaissez la détermination de la France sur ce sujet.

Je vous remercie.

Dernière modification : 02/06/2015

Haut de page