La faiblesse, la division, ne sont pas une option [en]

Syrie/Adoption de la résolution 2314 - Explication de vote de M. François Delattre, Représentant permanent de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 31 octobre 2016

Monsieur le Président,

La France salue l’adoption à l’unanimité de la résolution 2314. Très attachée au JIM, la France soutient naturellement cette résolution qui nous permet de prolonger le mandat du JIM jusqu’au 18 novembre. Nous formons le vœu qu’il ne s’agisse en l’occurrence que d’une étape avant le renouvellement plein et entier du mandat du JIM pour un an. Nous appelons tous les membres de ce Conseil à s’engager immédiatement et de bonne foi dans ce travail.

Le dernier rapport du JIM ne laisse plus la place à aucun doute : nous savons désormais que l’armée syrienne comme Daech n’ont pas hésité à recourir à l’emploi d’armes chimiques à l’encontre de populations civiles en Syrie à au moins quatre reprises. Au-delà du caractère accablant de ces conclusions pour le régime syrien et Daech, il s’agit d’une atteinte particulièrement grave et inacceptable au régime de non-prolifération et à notre architecture de sécurité collective.

Monsieur le Président,

Face à un enjeu d’une telle gravité, les divisions politiques de ce Conseil sur le conflit syrien doivent être mises de côté afin de nous permettre d’agir. Face à un tel enjeu, l’action n’est pas une option en effet, c’est une nécessité. Et c’est notre responsabilité.

Nous ne pouvons pas admettre la violation de la norme universelle d’interdiction et d’utilisation des armes chimiques, et nous ne pouvons pas prendre le risque d’une banalisation de tels agissements. Il incombe au Conseil et à chacun de ses membres de prendre ses responsabilités, en cohérence avec les engagements pris en créant le mécanisme. Nous devons tirer toutes les conséquences des conclusions des rapports établis par le mécanisme, et nous assurer que ces crimes ne resteront pas impunis. Comme le Ministre Ayrault n’a eu de cesse de le dire publiquement, la France est favorable à l’adoption ultérieure d’une résolution sous chapitre VII pour sanctionner les auteurs des attaques chimiques identifiés par le JIM.

Face à ces agissements d’une extrême gravité, il est de la plus haute importance de permettre au JIM de continuer de fonctionner, alors que d’autres cas de recours à des agents chimiques contre la population civile continuent d’être rapportés. Le JIM a pleinement répondu à nos attentes en aboutissant à des conclusions précises dans des conditions difficiles, et cela sans pouvoir compter sur la pleine coopération de tous les acteurs. Le mécanisme a été créé à la demande unanime du Conseil de sécurité : sa légitimité est donc incontestable. La France salue l’engagement et le professionnalisme de ses membres, ainsi que la rigueur et le sérieux de sa méthodologie.

Monsieur le Président,

Appelons un chat un chat. Si le Conseil de sécurité n’est pas capable d’assumer ses responsabilités sur la prolifération et l’usage d’armes de destruction massive, en l’occurrence d’armes chimiques, contre des populations civiles, c’est sa crédibilité et son utilité qui sont en jeu.

C’est pourquoi, la France appelle l’ensemble des membres du Conseil de sécurité à se rassembler, par-delà nos différences sur le conflit syrien, pour mettre un coup d’arrêt à l’usage d’armes chimiques et poursuivre ceux qui en sont responsables. Quand la prolifération et l’usage d’armes de destruction massive sont en jeu, la faiblesse, la division, ou les jeux tactiques ne sont pas une option.

Je vous remercie.

Dernière modification : 31/10/2016

Haut de page