La lutte contre l’extrême pauvreté est notre priorité commune

Commémoration de la Journée Internationale de l’éradication de la pauvreté - Intervention de M. François Delattre, Représentant permanent de la France auprès des Nations unies - Ne laisser personne de côté. Penser, décider et Agir ensemble contre l’extrême pauvreté - 17 octobre 2016

Monsieur le Vice-secrétaire général,

Monsieur l’Ambassadeur du Burkina Faso,

Mes chers amis,

C’est un grand plaisir mais un vrai privilège aussi pour Fabienne Bartoli à mes côtés, pour mon équipe et pour moi d’être avec vous aujourd’hui. C’est un rendez-vous particulièrement important que je ne raterais pour rien au monde. Parce que ce rendez-vous est plus riche d’enseignements que beaucoup des réunions auxquelles on assiste nuit et jour dans mon métier.

Je voulais commencer par vous remercier, avec un remerciement tout particulier pour Marlon, Kimberly, Nicole, Johnny, Patrick. Comme chaque année, je suis touché en effet, impressionné aussi, par vos paroles, vos paroles dures parfois, qui nous réveillent de notre bonne conscience, qui nous interpellent, et c’est ce qu’il faut faire, vos paroles indispensables pour nous rappeler à tous le cap de notre action qui est au cœur de ce pourquoi nous sommes ici, aux Nations unies : écouter les personnes en situation d’extrême pauvreté, les écouter vraiment, partager avec eux leurs angoisses et leurs espoirs aussi et, sur cette base, agir plus efficacement pour mieux conduire ensemble - le mot ensemble est important - la lutte contre l’extrême pauvreté qui est notre priorité commune.

Merci aussi à ceux qui sont venus partager leur engagement avec nous aujourd’hui, nos maitres de cérémonie, Mme Mariyamou Drammeh, M. Obie Donald et bien sûr mon collègue et ami l’Ambassadeur du Burkina Faso.

Grâce au collectif des associations luttant contre l’extrême pauvreté du Conseil économique et social, grâce aussi au mouvement ATD Quart Monde dont je salue le travail remarquable, et en particulier celui de Mme Cristina Diez, chaque 17 octobre nous nous retrouvons afin que les personnes vivant dans l’extrême pauvreté nous donnent leurs priorités et afin de poursuivre ainsi la réalisation de l’Agenda 2030 dont le premier objectif, ne l’oublions jamais, est bien l’éradication de la pauvreté.
Soyons lucides, des progrès ont été accomplis mais on est très loin du compte. Parmi les Objectifs du Millénaire pour le Développement fixés par l’ONU, le premier est relatif à l’éradication de l’extrême pauvreté et à la faim dans le monde. Sur cette première priorité, le bilan est en demi-teinte. Aujourd’hui le drame de l’extrême pauvreté et de la faim est toujours d’actualité et c’est toujours, n’ayons pas peur des mots, un scandale, une honte et une tâche pour l’ONU et pour notre action collective. 800 millions de personnes au moins, peut-être plus en réalité, vivent encore aujourd’hui sous le seuil de l’extrême pauvreté. C’est bien sûr beaucoup trop, même si plus d’un milliard de personnes ont pu en sortir depuis 34 ans, avec un taux d’extrême pauvreté dans le monde qui est passé de plus de 44% à moins de 13%.

Les chiffres ont un sens, c’est important, mais derrière les statistiques c’est la réalité de près d’un milliard d’hommes, de femmes, d’enfants, qui est en jeu. Alors le Gouvernement français poursuit sans relâche ses efforts à la fois dans l’ensemble des enceintes internationales, à commencer par celle-ci, et je voudrais vraiment remercier le Vice-secrétaire général Jan Eliasson pour sa présence mais aussi pour son engagement personnel à nos côtés. Cher Jan, vous avez une capacité de mobilisation qui est sans pareille et je voudrais au nom de la France vous féliciter de tout cœur pour votre action.

Sur le front intérieur, la France aussi continue son combat. Nous sommes conscients qu’au cœur même de la France la pauvreté est présente et qu’il faut la combattre. Nous avons eu les Etats généraux du travail social en 2015 et cette année une démarche de concertation inédite a été conduite avec les départements, les régions, les associations, dans la perspective de simplifier l’accès aux droits des personnes - et en France la simplification est une priorité nationale -, de mieux coordonner les politiques sociales et de mieux reconnaître et valoriser les travailleurs sociaux, en recentrant notamment le travail des intervenants sociaux sur leur cœur de métier, c’est-à-dire l’accompagnement.

Nous devons mettre en exergue ce faisant, et j’en terminerai par là, les droits humains car l’éradication de la pauvreté est indissociable de ces droits humains, que nous avons tous pour responsabilité, ici à l’ONU en particulier, de promouvoir. Ce doit être le fondement de chacune de nos actions au service de la dignité, au service du respect mutuel. Comme vous nous l’avez rappelé, Patrick, « survivre, c’est une forme d’intelligence », et il nous faut apprendre de cette expérience pour guider nos actions.

C’est cet engagement pour les droits de l’Homme, pour les droits de la dignité humaine, que nous perpétuons ici ensemble grâce à votre action à tous, et vous pouvez continuer à compter sur l’engagement résolu de la France dans la promotion de ces droits, inlassablement, jour après jour, au sein de toutes les instances des Nations unies, mais aussi partout où nous le pourrons, et de ce point de vue les nombreuses manifestations organisées aujourd’hui de par le monde montrent l’importance de cette mobilisation.

Alors un grand merci à chacune et chacun d’entre vous du fond du cœur pour votre mobilisation qui est pour moi et, je crois, pour nous tous une vraie source d’admiration mais aussi d’inspiration.

Dernière modification : 17/10/2016

Haut de page