La participation des femmes aux processus politiques est déterminante

Débat de l’Assemblée générale sur les Nations Unies, la paix et la sécurité :
« In a world of risks : a new commitment for peace » - Intervention de M. Philippe Bertoux, conseiller politique de la France auprès des Nations unies - 10 et 11 mai 2016

Monsieur le Président,

Je vous remercie d’avoir organisé ce débat sur les Nations unies, la paix et la sécurité. Nous savons combien les théâtres internationaux exigent d’efforts pour répondre aux multiples défis politiques, sécuritaires et humanitaires.

Ces efforts, nous les devons aux populations civiles qui souffrent et qui sont, dans le monde aujourd’hui, les premières victimes des crises et des conflits armés.

L’année 2015 a été une période de réflexion intense avec la conduite de trois revues dans les domaines d’action fondamentaux de cette organisation, notamment la revue sur les femmes, ma paix et la sécurité.

Nous l’avons entendu hier dans l’intervention remarquable de Mme Leymah Gbowee (Prix Nobel de la paix 2011, Libéria), que je salue. La participation des femmes aux processus politiques est une solution déterminante dans le succès des sorties de crise, comme nous le voyons en RCA et au Mali. Le gouvernement somalien vient d’admettre en son sein 30% de femmes. Nous devons continuer à en faire un principe directeur de notre action.

Monsieur le Président,

L’Organisation des Nations unies doit avoir la capacité d’agir en conformité avec ses principes fondateurs : la résolution pacifique des conflits ; le respect des droits de l’Homme et de la dignité humaine ; et le développement politique, social et humain. J’ajouterai à cette liste de principes cardinaux le développement durable, comme cela vient d’être plus que jamais rappelé par les conférences de Sendai, d’Addis Abeba, le sommet de New York et la COP21 en décembre dernier.

Nous avons un devoir d’agir collectivement lorsque ces principes qui nous unissent sont menacés ou mis à l’épreuve.

Pour la France, cela veut dire plusieurs choses.
Cela veut dire d’abord que notre Organisation ne doit pas rester paralysée dans les situations de crimes et d’atrocités de masse. C’est l’objectif de notre proposition sur l’usage du droit de veto lancée en 2013 avec le Mexique et qui est aujourd’hui soutenue par 94 Etats membres.

Cela veut dire aussi que les auteurs de crimes qui nous heurtent dans notre Humanité doivent être poursuivis devant la justice pénale internationale. L’impunité alimente les conflits et c’est pour cette raison que la France soutient pleinement la Cour pénale internationale.

Cela veut dire enfin que face au réchauffement climatique, qui est une menace existentielle et qui amplifie les sources potentielles de conflit, il faut accentuer nos efforts collectifs. L’Accord de Paris en décembre dernier change la donne. Grâce aux efforts de tous nous sommes sur la bonne voie. Il faut maintenant concrétiser les engagements pris.

Monsieur le Président,

Dans ce vaste paysage de risques, de menaces et de solutions, le maintien de la paix des Nations unies tient une place à part.

Comme vous le savez, la France attache une importance particulière à ce sujet, au Conseil de sécurité et en-dehors. Nos forces sont engagées en soutien à des Opérations des Nations unies sur plusieurs théâtres, soit sous casque bleu, soit à titre national. Elles le sont au Liban, dans la région du Sahel et au Mali, en Côte-d’Ivoire, en République centrafricaine. La France est le seul pays à apporter, dans ce cadre, un soutien aussi conséquent et aussi diversifié, sur mandat du Conseil de sécurité, aux opérations de maintien de la paix des Nations unies.

Aussi perfectible soient-elles, les opérations de paix sont notre outil pour agir ensemble en soutien à la paix. La France rend hommage aux plus de 100 000 casques bleus et aux personnels civils noblement engagés sur le terrain au service de cet idéal commun.
Bien sûr, cet outil peut et doit être amélioré, et ce dans trois directions :
1) En revoyant notre capacité à agir sur l’ensemble du cycle, de la prévention des conflits à la consolidation de la paix ; c’était l’objet des revues menées par MM. Ramos-Horta et Rosenthal, et nous partageons les conclusions d’objectifs auxquelles ils sont parvenus ;

2) En améliorant la capacité des opérations de paix onusiennes à mettre en œuvre leurs mandats de façon active et exemplaire ;

3) Enfin, en prenant davantage en compte des dimensions qui nous échappent trop jusqu’à présent : la dimension linguistique ou la capacité des casques bleus à mieux communiquer avec leur environnement ; la sûreté et la sécurité des casques bleus, déployés dans des environnements que nous savons difficiles ; le soutien et l’approvisionnement logistique des unités ; la prise en charge sanitaire de nos troupes, dont le déploiement sur le terrain doit s’appuyer sur des capacités médicales sûres.

Monsieur le Président,

C’est là un vaste programme, qui sera celui du prochain Secrétaire général et de son équipe. Comme toujours, la France sera un partenaire actif dans la mise en œuvre des objectifs fondamentaux des Nations unies.

Je vous remercie.

Dernière modification : 11/05/2016

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