La poursuite des efforts engagés pour l’Etat de droit doit demeurer une priorité [en]

Kosovo - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies, chargé d’Affaires a.i. - Conseil de sécurité - 25 août 2016

Merci Monsieur le Président,

Je remercie moi aussi le Représentant spécial du Secrétaire général M. Zahir Tanin pour sa présentation et je l’assure une nouvelle fois de notre soutien dans l’exercice de ses fonctions.

Je remercie aussi le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la Serbie M. Ivica Dacic et l’ambassadrice du Kosovo Mme Vlora Citaku pour les interventions qu’ils ont prononcées.

Monsieur le Président,

L’avenir du Kosovo et de son intégration régionale ne se jouent plus au sein de ce Conseil, mais bien dans le cadre du dialogue politique mené sous les auspices de l’Union européenne.

De nouveaux progrès ont été enregistrés sur ce front ces derniers mois. Je pense notamment au démarrage des travaux sur le pont de Mitrovica. Nous nous en réjouissons.

Pour autant, ces progrès ne sont pas suffisants. Nous attendons que l’ensemble des engagements souscrits dans le cadre des accords conclus sous l’égide de l’Union européenne soient mis en œuvre dans les meilleurs délais, y compris s’agissant de la création de l’association/communauté des municipalités à majorité serbe. Il s’agit d’un élément clé du dialogue. Nous appelons donc instamment les autorités kosovares et serbes à intensifier leurs efforts afin de produire encore davantage de résultats concrets dans les mois à venir. Il importe notamment que le dialogue au niveau politique puisse reprendre dans les meilleurs délais.

La normalisation des relations entre Belgrade et Pristina reste, de manière générale, une condition indispensable pour leurs avancées respectives sur le chemin de l’intégration européenne, qui ont une nouvelle fois été encouragées lors du sommet « Paris – Balkans 2016 » qui s’est tenu le 4 juillet dernier.

La poursuite des efforts engagés pour la consolidation de l’Etat de droit au Kosovo doit par ailleurs demeurer une priorité.

Cela concerne d’abord la lutte contre l’impunité. Nous avons déjà eu l’occasion de saluer la ratification dans les meilleurs délais par le Président kosovar de l’accord de siège signé avec le gouvernement néerlandais en vue de l’installation des Chambres spécialisées à La Haye. Il s’agit d’une avancée déterminante. Nous savons que les autorités kosovares sont mobilisées pour permettre à toutes les composantes de ces Chambres spécialisées de commencer à fonctionner au plus vite et d’engager des poursuites contre les responsables des crimes dénoncés dans le rapport Marty. Nous les encourageons à poursuivre dans cette voie.

La consolidation de l’Etat de droit passe également par la lutte contre la radicalisation, sous toutes ses formes, et la France salue l’engagement inconditionnel du Kosovo en la matière, au plan local comme au sein de la coalition internationale contre Daech. Et je saisis en outre cette occasion pour réitérer notre soutien à la mission EULEX, qui apporte sa contribution au quotidien en faveur de l’Etat de droit et de la sécurité au Kosovo et dont le mandat vient d’être reconduit par le Conseil de l’Union européenne.

La France se réjouit également de la relative baisse des tensions enregistrée sur la scène politique intérieure kosovare depuis l’élection présidentielle de février.
La construction d’un Etat indépendant, moderne et démocratique passe en effet par l’instauration d’un dialogue apaisé et responsable entre les différentes composantes du champ politique, dans le respect des dispositions de la Constitution et dans le cadre des institutions existantes. La violence, la rhétorique de haine ou encore les perturbations du fonctionnement de l’Assemblée, légitimement élue, n’ont pas leur place dans la société à laquelle aspire l’écrasante majorité des citoyens du Kosovo. Nous continuerons donc à les condamner avec la même fermeté, quels qu’en soient les motifs.

Nous restons par ailleurs préoccupés par la persistance d’incidents visant les membres de communautés minoritaires ou des sites du patrimoine religieux et culturel.

Il importe que les autorités kosovares continuent à se mobiliser en faveur du dialogue entre les différentes forces politiques ainsi que de l’établissement d’une société apaisée et inclusive. Les réformes mises en œuvre dans le cadre de l’Accord d’association et de stabilisation avec l’Union européenne vont d’ores et déjà dans ce sens. Et le Kosovo peut compter sur notre soutien en la matière.

Enfin, la France continue d’apporter son soutien aux efforts menés par les autorités kosovares en faveur de la reconnaissance internationale de leur Etat. Et la participation du Kosovo aux Jeux olympiques de Rio, couronnée par l’obtention d’une première médaille d’or en judo, constitue à cet égard une étape symbolique importante.

Monsieur le Président,

Je voudrais conclure mon intervention en rappelant, une fois encore, notre souhait d’une poursuite du transfert progressif des compétences de la MINUK aux autorités kosovares ainsi que d’une révision du rythme d’examen par le Conseil de la situation au Kosovo, au regard des progrès continus en ce qui concerne la consolidation des institutions kosovares et le dialogue bilatéral entre le Kosovo et la Serbie.
Le ton de nos débats paraît en net décalage avec ces évolutions pourtant encourageantes.

Je vous remercie.

Dernière modification : 25/08/2016

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