"La prévention de l’extrémisme violent : une priorité nationale"

Conférence de Genève sur la prévention de l’extrémisme violent - Intervention du préfet M. Pierre N’Gahane, Secrétaire général du Comité interministériel de prévention de la délinquance- 8 avril 2016

Mesdames et messieurs les ministres,
Mesdames et messieurs les ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les délégués,

Je veux en premier lieu remercier la Suisse et les Nations Unies pour l’organisation de cette conférence.

L’extrémisme violent est un problème qui ne doit laisser aucun pays indifférent. Il n’est qu’à lire la liste des pays qui ont été frappés par des attentats au cours des derniers mois – Belgique, France, Turquie, Côte d’Ivoire, Pakistan, Tunisie, Burkina Faso et bien d’autres encore - pour comprendre que ce phénomène constitue une menace globale.

L’extrémisme violent nourrit le phénomène des combattants terroristes étrangers, qui concerne un grand nombre de nos pays. Ce sont des jeunes, aux profils variés – hommes, femmes, convertis, mineurs etc. – qui ont décidé de partir en Irak et en Syrie pour rejoindre les rangs de Daech.

L’extrémisme violent est une menace non seulement pour notre sécurité nationale, mais également pour la cohésion nationale. C’est la raison pour laquelle nos autorités ont fait de la prévention une priorité nationale.

Si nous voulons nous attaquer efficacement aux racines du problème, la première étape est de mieux comprendre ce qui incite ces jeunes à rejoindre une organisation criminelle, qui n’a d’islamique que le nom et qui se livre aux pires violations des droits de l’Homme dans les territoires sous son contrôle.

Ces causes, quelles sont-elles ? Elles sont de plusieurs natures et varient d’un pays à l’autre : délinquance, jeunes en situation d’échec social ou de fragilité psychologique, marginalisation sociale… Les nombreuses études sur le sujet nous permettent de mieux cerner ces facteurs.

Nous devons relever plusieurs défis :

-  premièrement, l’apparition de nouveaux vecteurs de radicalisation : avec internet et les réseaux sociaux, les individus se radicalisent de plus en plus rapidement.

-  deuxièmement, trouver des acteurs pour nous aider dans la lutte contre la radicalisation. Il est indispensable d’impliquer les acteurs locaux, les familles et les associations pour augmenter la résilience de nos sociétés. J’insiste particulièrement sur ce point.

La France a pris plusieurs mesures au cours des derniers mois :

- le Gouvernement a adopté en avril 2014 un plan de lutte contre les filières terroristes et la radicalisation violente. Un comité interministériel pour la prévention de la radicalisation violente est chargé de coordonner la stratégie de prévention et de traitement de la radicalisation. Un dispositif d’écoute et de signalement de la radicalisation a été mis en place avec l’ouverture d’un numéro vert. Ce dispositif permet aux familles de bénéficier d’une écoute, de conseils sur les démarches à entreprendre et, le cas échéant, d’un soutien psychologique.

- le Gouvernement a mis en place un dispositif territorial pour suivre les personnes signalées et accompagner les familles afin d’apporter une réponse adaptée à chaque cas particulier, sur le plan préventif ou répressif.

Par ailleurs, la France a modifié son cadre législatif afin de l’adapter au nouveau visage de la menace dès novembre 2014.

Mesdames et messieurs,

Permettez-moi, pour finir, de dire quelques mots sur le plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent, qui nous a été présenté le 15 janvier dernier par le Secrétaire général. Il revêt à nos yeux une importance majeure.

Le plan d’action vise à unir et mieux coordonner les efforts que nous menons tous, Etats membres et Nations Unies, aux plans national, régional et international en matière de prévention de la radicalisation, qui est une dimension essentielle de la lutte contre le terrorisme. Il est la concrétisation du rôle stratégique d’orientation et de coordination que doivent jouer les Nations Unies aujourd’hui dans ce domaine.

Les recommandations qui s’adressent aux Etats membres sont également particulièrement bienvenues et contribueront, nous l’espérons, à renforcer l’efficacité de l’action de la communauté internationale. Nous nous réjouissons de pouvoir continuer à échanger sur ce sujet dans le cadre de la révision de la stratégie mondiale de lutte contre le terrorisme des Nations Unies qui se tiendra dans les tout prochains mois à New York.

Si nous voulons venir à bout de ce fléau, il est indispensable de compter sur la mobilisation de tous.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 08/04/2016

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