La prolifération des armes biologiques, chimiques et nucléaires : un danger bien réel [en]

Briefing de la Présidence du Comité 1540
Non-prolifération des armes de destruction massive
Intervention de Mme Marie Audouard, Conseillère politique adjointe de la France auprès des Nations unies
Conseil de sécurité - 16 mars 2017

Monsieur le Président,

Permettez-moi de remercier l’Ambassadeur Llorentty Solíz pour son briefing aujourd’hui et la présentation du programme de travail du Comité. Près de trois mois après l’adoption par ce Conseil à l’unanimité de la résolution 2325 sur la non-prolifération des armes de destruction massive, cette réunion aujourd’hui est l’occasion de revenir ensemble sur les défis en matière de non-prolifération et nos efforts communs pour y remédier.

Le constat n’a pas changé. La prolifération des armes biologiques, chimiques, nucléaires et de leurs vecteurs, et le risque de leur utilisation par des Etats ou des groupes terroristes, constituent des dangers bien réels. En Corée du Nord, en Syrie, la norme de non-prolifération, au fondement de notre sécurité collective, est régulièrement, et même ouvertement, bafouée. Le développement à marche forcée des programmes nucléaire et balistique de la Corée du Nord suscite notre plus vive inquiétude. Il en est de même pour l’emploi d’armes chimiques qui se poursuit en Syrie ; et la responsabilité je le rappelle de ces effroyables agissements a d’ores et déjà été imputée à l’armée syrienne et Daech dans quatre cas, et la persistance potentielle de stocks sur le territoire syrien accroît le risque de dissémination de substances chimiques toxiques.

Monsieur le Président,

Face à ces défis d’une extrême gravité, nous devons, plus que jamais, accroître notre mobilisation. Le Comité 1540 est l’architecte de l’action entreprise par tous les Etats, qui contribuent à bâtir l’effort commun de lutte contre la prolifération de manière concrète. Je souhaite ici remercier le Groupe d’experts pour le travail d’analyse et de sensibilisation indispensable à l’action du Comité. La revue effectuée en 2016 l’a confirmé, les progrès dans la mise en œuvre de la résolution 1540 et de celles qui ont suivi sont tangibles, au plan national et au plan régional. Mais en dépit des avancées de ces douze dernières années, beaucoup reste encore à faire.

Nous nous félicitons du travail accompli l’année dernière sous la présidence de l’Espagne, qui a permis de renforcer les moyens à notre disposition par l’adoption en décembre dernier de la résolution 2325. Et le programme de travail prometteur du Comité 1540 pour cette année, qui vient de nous être présenté, semble aller dans la même direction et permet de les décliner.

Je voudrais mettre un accent particulier sur la logique de coopération, d’assistance et d’interaction qui doit présider à nos efforts. Nous devons tous prévenir et réprimer le financement de la prolifération des armes de destruction massive, sécuriser au maximum les biens et matériels sensibles sur nos territoires, et renforcer les contrôles aux exportations, en particulier face aux risques d’instrumentalisation des technologies émergentes. Mais nous ne devons pas le faire de manière isolée.

Sur le sujet de la coopération et de l’assistance, je peux ici vous assurer de l’engagement de ma délégation, qui assure les fonctions de coordination du groupe de travail sur l’assistance, afin d’améliorer l’efficacité du mécanisme d’assistance selon les pistes qui ont déjà été évoquées. La France attache une importance particulière au renforcement de la dimension régionale de la logique d’assistance et à une mise en cohérence accrue des besoins et de l’offre proposée.

A cet égard, l’évènement organisé par l’Union africaine en 2016 constitue une formule réussie dont nous devons nous inspirer et sur laquelle nous pouvons capitaliser. Nous nous félicitons des actions entreprises par les autres acteurs qui ont été cités. Je mentionnerai aussi le rôle de l’Union européenne, qui, par le dynamisme et la constance de son action de sensibilisation, contribue à alimenter cette logique de coopération.

Enfin, pour être efficace, nous devons aussi renforcer les synergies avec les enceintes confrontées aux mêmes enjeux, à l’extérieur de l’ONU, comme l’AIEA, l’OIAC, l’Organisation mondiale des douanes, ou les régimes de contrôle des exportations, mais aussi au sein des Nations unies. Je pense notamment aux comités traitant du terrorisme et au mécanisme conjoint de l’ONU et de l’OIAC d’enquête et d’attribution pour l’emploi d’armes chimiques en Syrie. Ces interactions doivent être cultivées.

Nous remercions encore une fois la présidence bolivienne pour son engagement à la tête du Comité et l’assurons de notre plein soutien.

Je vous remercie.

Dernière modification : 24/03/2017

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