La protection du patrimoine culturel est vital [en]

Protection du patrimoine – Remarques à la presse de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies – 27 avril 2015

Je viens de présider avec ma collègue jordanienne cette réunion du Conseil de sécurité en format Arria sur la question cruciale, essentielle, j’allais dire vitale, de la protection du patrimoine culturel.

Je remercie vivement Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, et M. Jürgen Stock, Secrétaire général d’Interpol, d’avoir participé et contribué très directement par leur présence et leur présentation appréciées au succès de cette réunion.

Je voudrais dire une ou deux choses avant de leur laisser la parole.

La première est que cette réunion est sans précédent. C’est la première fois qu’à l’initiative de deux pays nous réunissons autour de la table des compétences aussi différentes ; celles de l’Unesco à vocation très large et celles d’Interpol à vocation extraordinairement opérationnel autour d’un combat commun.

Deuxièmement, ce combat, et c’est un français qui vous le dit avec beaucoup de force, est existentiel pour nous tous. Si l’art est un « anti-destin » comme le disait André Malraux, alors la destruction méthodique de l’art est bien la volonté d’effacer le passé, d’éradiquer cette diversité qui est au cœur du patrimoine commun de l’humanité, et in fine empêcher toute communauté de destin entre les civilisations, et à travers ce lien, je crois qu’on peut dire que la volonté de Daech est bien de créer les conditions de ce choc des civilisations que nous voulons précisément empêcher. C’est aussi l’un des objets de cette réunion, encore une fois, sans précédent que nous avons montée aujourd’hui avec ma collègue jordanienne.

Troisième point et j’en finirai là, cette réunion a permis d’aller au fond des choses, d’évoquer de manière concrète ce que nous pouvons faire, nous la communauté internationale, pour lutter contre ce fléau à travers tous les instruments à notre disposition.

Cette réunion, autant elle est innovante dans son contenu, autant elle s’enracine profondément dans ce que nous essayons aujourd’hui de faire au Conseil de sécurité à travers d’abord la résolution 2199 dans le cadre de laquelle s’inscrit très directement la réunion d’aujourd’hui, mais à travers aussi le débat public sur la protection des minorités au Moyen Orient que le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a présidé ici même à la fin du mois de mars sous présidence française.

C’est dans ce cadre-là, avec cette cohérence forte et vitale que s’inscrit la réunion d’aujourd’hui.

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First I want to thank Irina Bokova and Jürgen Stock for their presence and their very important presentations today.

I have three messages today.

Number one, this meeting today is both important and unprecedented. There is no precedent of bringing together around the table the community of nations, not only the Security Council, but many other countries were represented around the table, including the Ambassador of Iraq who was here with us, on this important issue of protection of cultural heritage.

It is also unprecedented to have the expertise of Unesco on one side on culture and education and the expertise of Interpol on the other side on police and law enforcement. The fact that Interpol has a growing partnership with the UN is something very positive.

Number two, this fight, which is the “raison d’être” of our meeting today is an existential fight for all of us, because it is really at the core of our DNA as human beings.

Number three, the discussion we had together this afternoon was not about diplomatic niceties but the exchange of best practices and best ways to roll up our sleeves and fight the best we can against the scourge of eradication of culture around the world especially in Syria and in Iraq.

So we had at some point a very technical discussion about the best means and the best tools to fight against this scourge.

Thank you.

Dernière modification : 28/04/2015

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