La sécurité dans les SIDS c’est anticiper les risques climatiques - 30 juillet 2015 [en]

Petits Etats insulaires en développement et paix et la sécurité - Intervention de M. François Delattre, Représentant permanent de la France auprès des Nations unies, au nom de Mme Annick Girardin, Secrétaire d’Etat au développement et à la francophonie - Conseil de sécurité - 30 juillet 2015

Monsieur le Président,

Mme Annick Girardin, secrétaire d’Etat au développement et à la Francophonie, aurait souhaité être parmi nous aujourd’hui pour s’exprimer sur ce sujet des petits Etats insulaires en développement, face aux menaces contre la paix et la sécurité. Un sujet en effet essentiel pour la France et qui tient particulièrement à cœur à Madame Girardin qui est en effet originaire de l’archipel de Saint Pierre et Miquelon, dans l’Atlantique Nord. Retenue à Paris par des obligations impératives, Mme Girardin m’a demandé de vous transmettre le message suivant en son nom.

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Mesdames et messieurs les chefs d’Etat et de gouvernement, mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs les Ambassadeurs, et chers amis,
Je souhaitais être parmi vous aujourd’hui, cela n’a finalement – malheureusement - pas été possible.

Je souhaite tout d’abord remercier la présidence néo-zélandaise d’avoir organisé ce débat sur un sujet si important. La France souscrit à la déclaration que fera l’Union européenne et souhaiterait insister sur les quelques points suivants.

Je voudrais réaffirmer le message selon lequel il n’y a pas de développement sans sécurité, et pas de sécurité sans développement. C’est un message que la France porte, en Afrique, au Mali, en RCA, mais qui est vrai partout. Et la sécurité dans les petits états insulaires en développement, c’est aussi l’anticipation des risques climatiques ! En cette année 2015, année des ODD et de la COP 21, je voudrais souligner cet aspect et vous proposer un projet concret pour avancer.

Je n’ai pas à vous faire ici la démonstration de l’importance des systèmes d’alertes face à la multiplication des catastrophes climatiques. Nous avons tous en mémoire le cyclone PAM, qui a frappé le Vanuatu en pleine conférence de Sendaï. Lors de cette conférence, la France a proposé un objectif simple : mobiliser la communauté internationale pour accompagner les pays les plus vulnérables, notamment les petites îles et les PMA dans le développement de systèmes d’alertes face au climat. C’est pour la France un enjeu de responsabilité, que de partager nos savoir-faire et nos compétences au service des pays les plus exposés au dérèglement climatique. Ce sujet est central pour la réussite de la COP21. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons consacré une table ronde à ce sujet lors du Sommet sur le climat dans la Caraïbe, organisé autour du Président de la République française Monsieur François Hollande.

La communauté internationale se mobilise déjà, autour notamment des équipes de l’OMM, de l’UNISDR, ou encore de la Banque Mondiale. Le Cadre d’action pour les services climatologiques a permis de nombreuses avancées.

Mais nous sommes encore loin du but. Les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires ne disposent pas aujourd’hui tous de systèmes d’alertes performants. Seuls 4 ou 5 petites Etats insulaires en développement sur près de 40 en disposent. Dans les PMA, on retrouve à peu près les mêmes chiffres. Selon l’OMM, 54% des stations météorologiques de surface et 71% des stations atmosphérique ne produisent pas de données.

Or les systèmes d’alertes permettent de sauver des vies, et de réduire considérablement le coût économique des catastrophes. C’est pour cela que la France, en coordination étroite avec la Norvège, l’OMM, UNISDR et la Banque Mondiale a lancé cette coalition, appelée CREWS.

Ses objectifs sont simples : premièrement, renforcer et amplifier l’action de la communauté internationale en appui des systèmes d’alertes dans les pays vulnérables ; deuxièmement, mobiliser des financements complémentaires pour appuyer et renforcer les actions que nous mettons déjà en œuvre, afin de tenter de parvenir à une couverture globale des populations exposées aux évènements climatiques extrêmes d’ici 2020.

Il faut mobiliser pour combler les manques. Permettre que sur le terrain, les acteurs puissent, à la fois au niveau régional, national et local, travailler dans de bonnes conditions. Que les populations, qui disposent presque toutes aujourd’hui de téléphones portables et d’autres moyens modernes de communication puissent être alertés en temps et en heure de la menace d’une catastrophe.

Enfin, il y a la question des moyens. Ils sont à notre portée. En mobilisant environ 100 millions de dollars d’ici 2020, nous devrions pouvoir changer la donne dans la plupart des pays. Sur ce point, la France est prête à s’engager, et je souhaite que vous puissiez faire de même ! Je vais vous écrire pour vous présenter le dispositif et je voudrais que d’ici le mois de septembre, nous ayons pu rassembler nos forces pour réunir cette somme. Nous avons aussi un vrai intérêt de la part de pays comme le Mexique, Cuba, et d’autres, qui disposent d’une expérience qu’ils sont prêts à partager, par exemple au niveau régional ! Les entreprises, de l’assurance et des nouvelles technologies notamment, pourront aussi se mobiliser.

Tous ensemble, nous pourrons faire avancer ce projet utile pour la sécurité et le développement des petites îles.

Je vous remercie.

Dernière modification : 04/08/2016

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