Le CSNU envoie message appuyé en faveur de l’unité et de la stabilité du Yémen (15/02/2015) [en]

Adoption de la résolution 2201 sur le Yémen - Explication de vote de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 15 février 2015

Monsieur le Président,

La France remercie le Royaume-Uni et la Jordanie d’avoir préparé cette résolution.

Elle se réjouit qu’avec l’engagement constructif des membres du Conseil, ce texte ait pu être négocié rapidement et adopté à l’unanimité.

Nous considérons, en effet, que les circonstances très difficiles que traverse actuellement le Yémen rendaient nécessaire l’expression par le Conseil de trois messages au moins.

Le premier est celui de la capacité intacte de ce Conseil à agir dans l’unité en soutien à la transition yéménite.

Entre 2011 et 2014, dans un environnement régional bouleversé, le Yémen a démontré sa capacité exemplaire à conduire par étapes une transition démocratique pacifique et ordonnée, avec le soutien du Conseil de Coopération des Etats arabes du Golfe – le CCEAG – et du Conseil de Sécurité.

Depuis le mois de juillet 2014, cette dynamique positive s’est retournée de manière très inquiétante. Alors que la transition entrait dans sa dernière phase, la plus importante mais aussi la plus sensible, le Yémen s’est peu à peu enfoncé dans une instabilité politique et sécuritaire qui menace de réduire à néant les efforts des Yéménites et de la communauté internationale.

Il était essentiel, dans cette phase très délicate, que nous restions unis aux côtés du peuple yéménite.

Le deuxième message est celui de l’impérieuse nécessité, pour les parties yéménites, de s’engager de bonne foi dans les négociations facilitées par les Nations Unies pour résoudre leurs différends à travers une solution politique.

Nous rappelons, à cet égard, notre plein soutien à la mission de bons offices conduite par le Conseiller spécial du Secrétaire général, M. Jamal Benomar.

A travers cette résolution, la communauté internationale rejette sans ambiguïté le recours à la force pour atteindre des objectifs politiques et les actes unilatéraux qui contredisent la recherche d’une solution négociée.

Au contraire, elle appelle toutes les parties yéménites à respecter les règles du jeu démocratique et à définir, dans le cadre d’un processus inclusif, une solution politique consensuelle, dans le respect des accords précédents – l’Initiative du CCEAG et son mécanisme de mise en œuvre ; les conclusions de la conférence du dialogue national ; l’accord de paix et de partenariat national et son annexe sécuritaire.

Comme la résolution le souligne, alors que les accords précédents n’ont pas été respectés, cette solution devra être scrupuleusement mise en œuvre.

La résolution envoie, enfin, un message appuyé en faveur de l’unité, de l’intégrité et de la stabilité du Yémen.

Le vide politique que connaît le pays favorise l’expression d’oppositions violentes qui mettent en péril son intégrité.

Cela est vrai sur le plan politique avec les divisions que je viens d’évoquer, sur le plan régional avec l’affirmation inquiétante de tendances sécessionnistes, mais cela est vrai aussi sur le plan sécuritaire, avec le renforcement de la menace représentée par Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique.

La France est d’autant plus préoccupée par cet aspect que de violents attentats commandités par cette organisation terroriste l’ont frappée au début du mois de janvier.

Alors que la prolongation d’une situation de crise sans solution politique inclusive renforce le terrorisme, la France renouvelle son attachement à une reprise de la transition politique qui permette de rétablir les conditions de la coopération anti-terroriste.

Je vous remercie.

Dernière modification : 20/01/2016

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