Le conseil de sécurité doit refléter davantage les réalités du monde

Réforme CSNU - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint auprès des Nations unies - Assemblée générale - 30 octobre 2015.

Monsieur le Président,

Permettez-moi tout d’abord de saluer la nomination de l’Ambassadeur Sylvie Lucas en tant que facilitateur des négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil de Sécurité, pour avancer concrètement sur la voie d’une réforme ambitieuse du Conseil. La France lui apportera tout son soutien pour le succès de sa mission.

Monsieur le Président,

Les discussions sur la réforme du Conseil de sécurité au sein de l’Assemblée générale durent depuis près de deux décennies et force est de constater que nous n’avons pas encore abouti sur le sujet.

Pourtant, sous la conduite de l’Ambassadeur Courtenay Rattray, dont je veux ici saluer le travail remarquable et la méthode consultative et inclusive qu’il a choisie, les travaux menés lors de la 69e session de l’Assemblée générale ont permis d’aboutir à un premier résultat, qui a reçu le soutien d’une très grande majorité d’Etat membres.

La France souhaite que le résultat de ces travaux serve de base au prochain cycle de négociations intergouvernementales qui va s’ouvrir lors de cette session, conformément à la décision adoptée par consensus par cette Assemblée générale le 14 septembre dernier. Il nous faut maintenant débuter dès que possible, sur cette base, la négociation d’un texte. Et nous comptons sur le nouveau facilitateur pour œuvrer en ce sens.

Le 70e anniversaire de notre organisation doit être mis à profit pour que les Etats membres s’accordent enfin sur un projet ambitieux de réforme. Il s’agit d’une occasion historique de montrer que l’Organisation des Nations-Unies est loin d’être une structure sclérosée et qu’elle est capable de se réformer.

Cette réforme est fondamentale : le Conseil de Sécurité doit davantage refléter les réalités du monde d’aujourd’hui et sa réforme est essentielle pour renforcer l’autorité et la représentativité du système de sécurité collective tout en préservant sa nature exécutive et décisionnelle.

La position de la France est connue à cet égard. Nous souhaitons que le Conseil tienne compte de l’émergence des nouvelles puissances qui ont la volonté, qui ont la capacité d’assumer la responsabilité d’une présence permanente au Conseil de Sécurité et qui sont, conformément à la Charte des Nations Unies, en mesure d’apporter une contribution importante à l’action du Conseil. A cet égard, la France apporte son appui à la candidature de l’Allemagne, du Brésil, de l’Inde et du Japon comme membres permanents du Conseil de sécurité, ainsi qu’à une présence renforcée des pays Africains, parmi les membres permanents et non-permanents.

Monsieur le Président,

C’est dans le même esprit de réforme que la France a proposé que les cinq membres permanents du Conseil suspendent volontairement et collectivement l’usage du veto en cas d’atrocités de masse. Cette démarche volontaire n’exige pas une révision de la Charte mais un engagement politique. La France a d’ores et déjà pris cet engagement. Le Président de la République l’a indiqué clairement dans cette enceinte le 28 septembre dernier. Il s’agit d’une décision extrêmement importante au service de la sécurité internationale, au service de la paix, au service d’un multilatéralisme rénové et re-légitimé.

Aujourd’hui, cette initiative, que nous portons conjointement avec le Mexique est soutenue par près de 85 pays. Dans le même esprit, le code de conduite élaboré par le groupe ACT, que la France soutient, a également recueilli un très grand nombre de soutiens. Forts de cette dynamique, nous espérons que nous pourrons convaincre les autres Etats membres et en particulier les membres permanents de nous rejoindre. Il est dans l’intérêt commun de tous les Etats membres que le Conseil de sécurité puisse accomplir son mandat et jouer tout son rôle, en particulier face aux situations d’atrocités de masse.

Ces initiatives sur l’encadrement du droit de veto, sont complémentaires à la réforme globale du Conseil, réforme pour laquelle la France continuera de plaider.

Il nous appartient collectivement de prendre la mesure des responsabilités qui nous incombent, pour faire évoluer le statu quo, dans l’intérêt de l’Organisation des Nations Unies.

Je vous remercie.

Dernière modification : 07/12/2016

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