Le maintien de la paix : colonne vertébrale de la Présidence [en]

Conférence de presse de présentation du programme de travail de la présidence française du Conseil de sécurité
Intervention de M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies
1er juin 2016

Bonjour à tous,

Je suis très heureux de vous voir si nombreux aujourd’hui pour ce début de la présidence française du Conseil de sécurité, une présidence qui sera une des plus chargées de cette année avec un programme de travail extrêmement lourd, peut-être même la plus chargée des présidences de cette année.
Je vais commencer par quelques remarques générales avant d’ouvrir à des questions. Je voudrais commencer par vous dire quelles sont nos grandes priorités de cette présidence française. Il y a trois priorités principales :

1/ D’abord, premier pilier, l’axe majeur de notre présidence sera le maintien de la paix.

Nous souhaitons en effet faire de la présidence française l’occasion d’approfondir notre compréhension de ce que le maintien de la paix aujourd’hui signifie, et réfléchir à ce qu’il sera et doit être demain.

Nous le voyons au quotidien, le maintien de la paix a évolué profondément avec l’évolution des menaces, qui émanent de plus en plus de groupes armés non étatiques qui utilisent des méthodes terroristes. Les priorités ont par conséquent évolué aussi, avec la protection des civils et des droits de l’Homme qui est désormais au cœur des missions du maintien de la paix.

C’est pourquoi notre débat ministériel, le 10 juin, qui sera le point central de notre présidence, aura pour thème la question de la protection des civils dans les opérations de maintien de la paix. Il sera présidé par notre Ministre des Affaires étrangères, M. Jean-Marc Ayrault. Le Secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, le président du CICR Peter Maurer et le président de la République centrafricaine Faustin-Archange Touadéra participeront à ce débat comme intervenants.

Nous souhaitons que ce débat important s’inscrive dans la dynamique de réformes du maintien de la paix amorcée l’année dernière et dans la continuité de la réflexion engagée par le débat thématique de haut niveau de l’Assemblée générale sur le maintien de la paix qui avait été organisé les 10 et 11 mai derniers.

La protection des civils doit être au cœur de toute opération de maintien de la paix, et nous souhaitons à travers l’organisation de ce débat ministériel réaffirmer avec force la centralité de cet objectif dans l’élaboration et la mise en œuvre des mandats des OMP. C’est donc un débat de toute première importance et qui sera j’espère de grande qualité.

Le mois de juin, toujours dans cette première priorité du maintien de la paix, verra également le renouvellement de quatre mandats d’OMP : la MINUSMA au Mali, la MANUL en Libye, la FNUOD au Golan et la MINUAD au Darfour. C’est dire combien l’Afrique sera au cœur de notre présidence.

- Un mot plus particulier si vous me le permettez sur le renouvellement de la MINUSMA, où la France tient la plume. Comme l’ont montré les événements des derniers jours et y compris d’hier, on sait tous l’environnement particulièrement difficile dans lequel évolue la MINUSMA. C’est pour cela qu’elle dispose d’un mandat robuste et de missions très étendues, en particulier la protection des civils. Cela a déjà été dit à de nombreuses reprises : la MINUSMA fait figure de « laboratoire du maintien de la paix de demain », avec des capacités en termes de renseignement, en termes de technologie et en termes d’équipements qui sont sans précédent. C’est dire combien le renouvellement du mandat sera important, d’autant plus que la situation politique au Mali est à un moment charnière, où la mise en œuvre de l’accord de paix doit être non seulement encouragée mais accélérée.

Sur ce sujet, le rapport du Secrétaire général a été diffusé hier et ses recommandations vont dans le sens d’un renforcement des capacités et d’une hausse du plafond de troupes. C’est donc dans ce sens et sur cette base que nous allons travailler.

- Une autre échéance à garder à l’esprit en matière de maintien de la paix, c’est la revue stratégique de la MINUSCA, en RCA, revue stratégique dont le rapport sera remis le 22 juin, pendant notre Présidence, et à partir duquel nous pourrons adapter le mandat de la MINUSCA pour tenir compte des nouvelles circonstances du pays. Il est fort possible que nous tenions alors des consultations sur la base de ce rapport, qui s’ajouteront donc au programme de travail que vous avez.

- Nous tiendrons demain, toujours dans cette rubrique « protection des civils » qui est vraiment la colonne vertébrale avec le maintien de la paix de notre présidence, un débat public important sur la question des violences sexuelles dans les conflits, avec un briefing du Secrétaire général et de Mme Bangura. Ce sera la première célébration de la journée internationale pour lutter contre les violences sexuelles en conflit. Et c’est donc là aussi un rendez-vous important, demain au Conseil de sécurité.

- Enfin, toujours dans cette rubrique « maintien de la paix », le Conseil de sécurité accueillera le 6 juin Mme Mogherini qui est la Haute Représentante de l’Union Européenne. Le débat sera l’occasion de réaffirmer l’attachement du Conseil à la coopération avec les organisations régionales, au titre du chapitre VIII de la Charte des Nations Unies, qui est aussi un élément clé de la réforme du maintien de la paix.

2/ le deuxième axe majeur de ce mois, c’est le Moyen Orient.

Toutes les crises de la région du Moyen Orient sont à l’agenda de notre Présidence : la Syrie dans toutes ses dimensions (politique, humanitaire, chimique), le Yémen, avec un briefing de l’Envoyé spécial Ismail Ould Cheikh, la Libye, dossier sur lequel Martin Kobler viendra nous présenter le dernier état des discussions à Tripoli. Le Conseil de sécurité sera également destinataire fin juin du rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur la résolution 1701 sur le Liban.

Dans cette rubrique Moyen Orient, permettez-moi de dire un mot sur le Processus de paix au Proche Orient qui sera également un élément important de ce mois de juin.

Vous savez que la France organise le 3 juin à Paris, donc après-demain, une importante conférence ministérielle qui réunira la plupart des acteurs clés sur ce dossier. Avec une trentaine de ministres attendus représentant à la fois le P5, le Quartet, la Ligue arabe ainsi que des partenaires internationaux impliqués en faveur du processus de paix, notamment européens et arabes. Tous ou presque seront représentés à niveau ministériel donc c’est une conférence là aussi de grande qualité. Et le Secrétaire des Nations unies M. Ban Ki-moon, sera également présent, ce qui montre l’engagement des Nations unies.

Vous connaissez le sens de notre démarche sur l’initiative sur le processus de paix. Elle procède au fond d’un constat simple : le statu quo actuel est une régression. C’est la conviction profonde de la France. Le statu quo actuel où le processus de paix est au point mort, où la défiance réciproque ne cesse de grandir, est une vraie régression. Régression car, jour après jour, la colonisation se développe, la violence se répand, les opinions publiques et les parties se radicalisent, et par conséquent la perspective de voir un jour émerger la solution à deux Etats s’éloigne. Elle s’éloigne sur le terrain, elle s’éloigne dans les esprits et dans les cœurs.

La conviction de la France c’est que nous n’avons pas le droit de baisser les bras. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et espérer un miracle. Et avec cette conférence, pour faire court, nous poursuivons trois principaux objectifs :

a/ Le premier est de réaffirmer avec force que la solution à deux Etats est le seul horizon politique viable. C’est le premier objectif de la conférence, qu’il y ait unanimité sur cet objectif qui nous réunit.

b/ Deuxième objectif, c’est de définir avec la communauté internationale un ensemble, un paquet d’incitations positives pour les parties en vue d’une relance des négociations. Dans ce paquet on ajoute par extension la réflexion en cours sur l’initiative arabe de paix qui est un élément sous-jacent très important de toute réflexion aujourd’hui sur la relance du processus politique.

c/ Le troisième objectif est de définir un calendrier précis avec des buts clairs en vue de réunir une conférence internationale avec les parties au 2e semestre 2016, avant la fin de l’année donc.

Dans ce contexte, le rapport du Quartet doit être rendu public très prochainement. Ce rapport très attendu s’inscrira précisément dans cette dynamique et nous aurons l’occasion d’examiner à la fois ce rapport du Quartet, les résultats de la conférence de Paris et la marche à suivre lors de consultations autour de Niklolay Mladenov, Coordinateur pour le Processus de Paix, le 14 juin.

3/ Dernière dimension de la présidence française, un élément important à avoir à l’esprit, ce sont les élections qui vont se dérouler pendant le mois de juin.

Beaucoup d’échéances importantes en juin : l’élection du président de l’Assemblée générale le 13 juin, l’élection des nouveaux Etats membres du Conseil le 28 juin, mais aussi la poursuite des discussions sur la désignation du futur Secrétaire général.
Sur ce dernier point, nous envisageons d’organiser des rencontres informelles avec ceux des candidats aux postes de Secrétaire général qui en font la demande. Deux candidats, Susanna Malcorra et Miroslav Lajcak, auront également l’occasion d’échanger avec les Etats membres lors d’une session spéciale de l’Assemblée générale organisée par le Président de l’Assemblée générale le 7 juin.
Dans un contexte où nous avons une appréciation très positive du travail qui a été fait par l’Assemblée générale des Nations Unies et les premières rencontres informelles qui ont eu lieu, le Conseil de sécurité sous présidence française aura également à travailler et à aller de l’avant dans le même esprit de professionnalisme. Nous souhaitons avancer en ce sens.

Voilà les quelques remarques que je souhaitais vous faire avant de répondre à vos questions.

Q : On behalf of the UN Correspondent Association, thank you for your press conference. My question is on Libya. Can you tell us, even in your national capacity, what is the major obstacle now to the stabilization of the country ?

R : Sur la Libye, je crois que la priorité numéro un aujourd’hui est que l’ensemble des forces libyennes se rassemblent sous l’autorité du gouvernement d’union nationale et du conseil présidentiel dirigé par le Premier Ministre Fayyez Sarraj, à la fois pour combattre efficacement Daech et les groupes terroristes, renforcer le contrôle des frontières et lutter contre les trafics d’armes et de migrants. D’un côté, il y a eu des progrès immenses qui sont intervenus depuis les accords de Skhirat en décembre 2015. De l’autre, on voit tous qu’on est dans une dynamique positive certes mais qu’il faut alimenter et qu’il y a encore du chemin à faire. La France soutient pleinement le gouvernement de M. Sarraj et souhaite qu’il puisse continuer à assoir par extension son autorité sur l’ensemble de la Libye et qu’il soit en même temps celui qui rassemble et représente l’ensemble des Libyens. Les deux naturellement vont de pair.

Des initiatives importantes ont été prises, qui sont des progrès très significatifs : l’installation du gouvernement à Tripoli ; la prise en charge de leur ministère par les ministres, dont le nombre comme on le voit va croissant ; l’intégration de la Banque centrale et des avoirs de la compagnie pétrolière, qui sont évidemment des leviers essentiels d’action pour ce gouvernement. Donc des progrès importants. Mais beaucoup de choses restent à faire pour rassembler les Libyens, à commencer par la mise en place d’une armée nationale libyenne afin de rassembler les forces militaires libyennes pour assurer à la fois la sécurité des Libyens mais aussi évidemment lutter de manière efficace et cohérente contre Daech, ce qui est une priorité pour les Libyens mais aussi pour nous tous.

Voilà quelques lignes d’action qui nous guideront à titre national et en tant que président pour le mois de juin.

Q : Going to Mali, you said that you were expecting that there will be discussions of boosting troops, troop numbers and capabilities, can you elaborate on that. What kind of capability, what kind of troop increase are we talking ?
And are you expecting to circulate a draft resolution for police force for Burundi and which of the options do you think has the best chance of success ?
And was the DPRK statement approved by the Council or did anyone object ?

Sur la Corée du Nord, nous avons en effet un projet de déclaration à la presse qui est toujours en cours d’approbation. Il est en train de circuler, on regarde s’il y a un consensus sur ce texte. Vous connaissez la position française sur la Corée du Nord : nous considérons que dès lors que la prolifération est en jeu, où que ce soit d’ailleurs, en l’occurrence en Corée du Nord, la faiblesse n’est pas une option. Nous sommes donc sur une ligne de très grande fermeté sur la Corée du Nord.

Sur le Burundi, sans rentrer dans tous les objectifs et juste pour mettre les choses en perspective, notre objectif premier reste le même c’est-à-dire de promouvoir un dialogue inter-burundais réellement inclusif et contribuer au respect des droits de l’Homme, tout cela dans le respect de la lettre et de l’esprit de l’Accord d’Arusha, qui doit rester plus que jamais notre boussole. Ce sont les trois priorités indissociables pour nous, qui sont notre guide et qui doivent rester notre guide en permanence. Dans ce contexte, nous avons eu des premières consultations organisées la semaine dernière à Arusha sous les auspices de l’ancien Président Mkapa que nous soutenons. A partir de là, la résolution 2279 demandait au Secrétaire général de présenter des options pour une composante de police, chose que le Secrétaire général a faite. Nous travaillons maintenant en interne sur les éléments qui pourraient constituer un projet de résolution. Nous sommes encore dans une phase préliminaire. On se consulte très étroitement avec les uns et les autres. Encore une fois, notre objectif est dénué d’ambiguïté, il est de permettre sur la base des propositions du Secrétaire général, le déploiement d’une composante de police crédible, qui puisse suivre la situation sécuritaire dans le pays et renforcer la capacité du Conseil en matière de prévention et d’alerte précoce sur la situation au Burundi. Autrement dit, cette composante de police que nous voulons mettre en place s’inscrit dans le cadre d’une présence internationale progressivement renforcée au Burundi, afin d’être en quelque sorte nos yeux et nos oreilles nous permettant d’y appréhender de manière plus efficace la situation, nous donnant aussi un levier, à nous communauté internationale, pour agir dans le sens des trois objectifs que je mentionnais en introduction.

Voilà pour le Burundi. Est-ce qu’on a l’espoir, c’était le sens de votre question, d’avoir une résolution rapidement, sous présidence française ? Encore une fois, pour nous « the sooner the better » mais à ce stade il est trop tôt pour donner un calendrier précis.

Sur le Mali, on a le rapport du Secrétaire général, que nous sommes en train d’analyser. Les efforts à venir pour le renouvellement du mandat, le renforcement de la MINUSMA et l’élévation du plafond de troupes de la MINUSMA devront être fondés sur le rapport du Secrétaire général, qui est public et que vous avez. Par définition, nous travaillons sur cette base, donc c’est un peu tôt pour vous dire quel sera le point d’arrivée après les consultations. Mais nous voulons clairement aller de l’avant sur ce sujet.

Q : vendredi le Conseil se réunit pour parler de la situation humanitaire en Syrie. Aujourd’hui, il y a eu des livraisons d’aide à Darayya et à un autre village. Est-ce que vous estimez que le régime va s’ouvrir à d’autres livraisons ou est-ce qu’il y a lieu de passer aux « air drops », le parachutage d’aide comme il avait été décidé le mois dernier ?

R : D’abord, en effet, nous venons de décider qu’il y aura vendredi matin des consultations au Conseil de sécurité avec un briefing de Staffan de Mistura et Stephen O’Brien sur la situation en Syrie. Pour répondre à votre question, le fait est que la détérioration sur place est particulièrement alarmante malgré les engagements qui ont été pris au GISS le 17 mai dernier. Si l’on va un peu dans le détail, la cessation des hostilités est mise en cause de manière répétée : on a tous à l’esprit les bombardements autour de la zone d’Idleb, des dizaines de civils ont été tués dans les dernières heures, on a tous à l’esprit la situation à et autour d’Alep, qui est à bien des égards une ville symbole, une ville martyr pour toutes les raisons que nous avons eu l’occasion de voir souvent ensemble. Donc du côté de la cessation des hostilités, la situation est ce qu’elle est, c’est-à-dire avec des engagements qui ne sont pas respectés. Du côté de l’accès des secours et de l’aide humanitaire aux villes assiégées, le régime syrien, appelons un chat un chat, continue à refuser cet accès. Vous allez me dire qu’il y a une décision d’autoriser l’accès humanitaire aux villes de Deraya et Moadamiyeh. Certes mais ces autorisations doivent être pleinement suivies d’effet. Pour l’instant ce n’est pas le cas. Notre objectif donc, réitéré à Vienne c’est d’obtenir un accès libre, continu, sans entrave, sans réserve de l’aide humanitaire à toute personne dans le besoin. Il faut toujours le rappeler, ce n’est pas une concession que nous demandons au régime syrien, c’est une obligation de sa part au titre du droit international humanitaire. Dans ce cadre-là et puisque, au jour d’aujourd’hui, on voit bien que l’accès libre que j’évoquais n’est pas assuré, la France demande aux Nations unies, et en particulier au PAM, de mettre en œuvre les opérations de largages humanitaires pour toutes les zones dans le besoin, en priorité pour Deraya, Moadamiyeh, Madaya où les populations civiles, y compris des enfants, risquent de mourir de faim. C’est une demande importante de la France. Je voudrais l’exprimer avec une certaine force en rappelant que nous appelons aussi, une nouvelle fois, le régime syrien et ses alliés, en particulier la Russie et l’Iran, à respecter la trêve et à permettre l’accès humanitaire sur l’ensemble des villes assiégées.
La reprise des négociations inter-syriennes, pour aller vers le volet politique doit, elle, permettre de mettre en place une transition au 1er août conforme aux termes du communiqué de Genève et de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies.
Nous avons donc ici deux exigences immédiates : la cessation des hostilités et l’accès humanitaire. Faute de l’obtenir, et conformément à ce que nous avons agréé ensemble à Vienne le 17 mai, le délai du 1er juin étant passé, nous demandons de préparer des opérations de largages humanitaires pour toutes les zones dans le besoin. Et troisièmement, la perspective de négociations politiques avec la date du 1er août qu’on a à l’esprit et la question de la transition politique qui devrait être le premier élément de ces négociations inter-syriennes que nous appelons de nos vœux, quand encore une fois, les conditions seront réunies. Voilà l’équation syrienne qui est particulièrement complexe, particulièrement difficile sur laquelle je voulais rappeler la position française.

Q : On tomorrow’s open debate, is there any kind of an outcome document that we can expect ?
Secondly, on Friday, with the meeting in Paris on the Israeli-Palestinian issue, do you expect the Quartet report to be discussed at that meeting or is it being delayed ? Is that going to be one of the elements that are going to be discussed ?
And yourself on Syria just raised the importance of Russia and Iran in trying to get movement in the humanitarian side of deliveries. Have you seen any action on the parts of Moscow and Teheran that give you any encouragement that they are pushing to try and get some progress on aide to the besieged areas ?

R : Sur le premier point, le débat public sur les violences sexuelles dans les conflits, le Secrétaire général lui-même briefera ainsi que Mme Bangura. Le Secrétaire général briefera avant de partir pour l’aéroport et prendre l’avion pour Paris où il participera le lendemain à la conférence sur le processus de paix. Pour ce débat public, nous n’avons pas de produit attendu. Nous souhaitons vraiment que ce soit un débat qui fasse avancer la discussion, qui soit un échange d’idées utile, un exercice de mobilisation sans qu’un texte particulier, un produit soit mis sur la table pour que l’on puisse vraiment avancer sur le fond dans le contexte particulier de la première journée internationale pour lutter contre les violences sexuelles en conflit. Sauf erreur, le jour de cette première journée internationale sera le 19 juin mais nous ne pouvions pas le faire le 19 donc nous le faisons le 2 juin pour marquer la priorité que le Conseil de sécurité attache à ce sujet. C’est vraiment un effort de priorisation politique nécessaire, on le voit tous les jours, sans produit particulier qui aurait risqué d’entrainer ici et là des négociations stériles.

Sur le deuxième point, je ne peux pas vous dire quand le rapport du Quartet sera finalisé. Ce que je peux vous dire, c’est que les discussions du Conseil de sécurité à venir mais aussi celles de Paris s’inspireront bien sur des réflexions et des travaux du Quartet. Nous avons toujours pris grand soin d’inscrire notre démarche pour relancer une dynamique politique dans le processus de paix israélo-palestinien en parfaite complémentarité avec les efforts du Quartet. Vous vous rappelez qu’en septembre dernier, nous avions, à l’initiative de la France, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, réuni pour la première fois ce qu’on appelle le « Quartet plus », c’est-à-dire une rencontre des principaux acteurs internationaux sur le volet israélo-palestinien. Donc les efforts de la France visent, en recréant une dynamique politique, à s’appuyer sur l’acquis et notamment sur les travaux et les réflexions du Quartet. Encore une fois que le rapport soit finalisé ou pas, ce sera pour nous un point important.

Enfin sur la Syrie, nous comptons beaucoup sur nos partenaires russes et les autres, mais en particulier nos partenaires russes, pour convaincre le régime de Bachar d’assurer un accès libre et complet humanitaire aux zones qui sont dans le besoin et d’assurer aussi un meilleur respect de la cessation des hostilités. Force est de considérer qu’aujourd’hui nous n’y sommes pas et qu’il faut donc poursuivre nos efforts.

Q : Just a follow up on the Quartet, one of the things you said in your introduction is that there is hardening of the positions on both sides. Yet there is a new cabinet in Israel, and in the last couple of days, rhetorically at least, in official statement, the Prime Minister and Defense Minister reissued their support of the two State solution. And they also said that the Arab initiative has good elements in it that could be negotiated. Another thing that the Prime Minister said today is that the Paris meeting will harm the Palestinian claim. So the question is, please explore the dynamics from your point of view.

R : Le sens de l’initiative française, c’est de redonner une perspective politique assise sur la solution à deux Etats que nous appelons de nos vœux. Et sur la base de cette perspective politique, c’est de trouver un chemin, de créer un consensus permettant de créer les conditions d’un retour à la négociation afin de parvenir à mettre en œuvre cette solution à deux Etats. Si je devais la résumer en un mot, c’est ça l’initiative française. A partir de là, et cette initiative, je sais que ça peut paraitre curieux dans ma bouche, mais elle est modeste, c’est une initiative « bottom-up » comme on dit en bon français, qui vise à créer du consensus, à créer les conditions du consensus, pour le moment venu progresser vers la négociation. Et c’est pour cela aussi que cette initiative a pour objet de mettre en mouvement les uns et les autres, de faire bouger les lignes. Et lorsque, au cours des derniers jours, nous entendons des propos publics mettant en relief l’importance de poursuivre la solution à deux Etats, mettant en exergue l’importance de l’initiative arabe de paix à laquelle je faisais allusion au début, ce sont des éléments qui, de notre point de vue, sont des éléments importants et positifs. (…)

C’est bien l’esprit dans lequel notre Ministre des affaires étrangères, M. Jean-Marc Ayrault, et notre Premier ministre, M. Manuel Valls, ont été à la fois en Israël et dans les territoires palestiniens afin d’échanger de manière amicale avec les Israéliens et les Palestiniens qui sont deux peuples amis de la France. Et entre amis, dans le meilleur état d’esprit, on peut à la fois tout se dire et progresser et, pour notre part, nous continuons à travailler en vue de la réunion d’après-demain afin qu’elle soit aussi utile et consensuelle que possible.

Q : (Liban)

R : Avant de répondre, et puisque la question avait été posée auparavant par l’un d’entre vous, je peux vous confirmer que la déclaration à la presse sur la Corée du Nord a été agréée et qu’elle est en cours de diffusion. De notre point de vue c’est une réaction importante et attendue, que nous espérions, du Conseil de sécurité.

Sur le Liban, d’abord le Liban est et sera toujours une priorité pour la France. C’est clair. Je vous le mentionnais, le Conseil sera en principe destinataire fin juin du rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre de la résolution 1701 sur le Liban. Donc nous verrons à ce moment-là, vraiment dans les derniers jours de notre Présidence ce qu’il y a lieu de faire.

Je vous remercie.

Dernière modification : 03/06/2016

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