Soutien unanime au Plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent

Plan d’action du Secrétaire général pour la prévention de l’extrémisme violent - Intervention de M. Alexis Lamek, représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies - Assemblée générale - 12 février 2016

Monsieur le Président de l’Assemblée générale,
Chers collègues,

Le plan d’action pour la prévention de l’extrémisme violent, qui nous a été présenté le 15 janvier dernier par le Secrétaire général, revêt à nos yeux une importance majeure. Par conséquent, la France se réjouit que l’Assemblée générale ait aujourd’hui décidé d’apporter son soutien unanime à cette initiative par l’adoption d’une résolution courte, mais qui va à l’essentiel.

Le plan d’action vise à unir et mieux coordonner les efforts que nous menons tous, Etats membres et Nations Unies, aux plans national, régional et international en matière de prévention de la radicalisation, qui est une dimension essentielle de la lutte contre le terrorisme. Ce plan est la concrétisation du rôle stratégique d’orientation et de coordination que doivent jouer les Nations Unies aujourd’hui dans ce domaine.

Plus précisément, puisque l’objectif de ce débat est aussi d’entrer dans la substance, les sept domaines d’action identifiés par le Secrétaire général nous paraissent tout à fait pertinents, en particulier la mobilisation des jeunes.

Les recommandations qui s’adressent aux Etats membres sont également particulièrement bienvenues et contribueront, nous l’espérons, à renforcer l’efficacité de l’action de la communauté internationale.

La France, pour qui la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent est une priorité nationale, est très engagée dans ce domaine. La menace ne se résume pas seulement aux 254 Français qui reviennent de Syrie et d’Irak mais concerne près de 1 900 ressortissants ou résidents français impliqués dans des filières djihadistes, dont 597 sur le terrain.

Je souhaiterai évoquer ici quelques-unes des mesures prises par la France, qui pour beaucoup, s’inscrivent dans les domaines d’actions identifiés par le Secrétaire général.

Notre action a une dimension essentiellement préventive, dans le cadre du plan national de lutte contre la radicalisation violente et les filières terroristes adopté en avril 2014. Ce plan a ainsi mis en place un numéro de téléphone vert à l’attention des familles et des tiers inquiets pour leurs proches. Le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPD) a reçu à ce stade plus de 7 000 signalements de personnes présentant des risques de radicalisation. Nous travaillons également à la création prochaine d’un centre de prise en charge des jeunes revenus de zones de conflits et qui ne feront pas l’objet de poursuites par la justice.

Le site internet « stop-djihadisme.gouv.fr » a par ailleurs été mis en ligne il y a un an, à destination des personnes en voie de radicalisation et de leurs proches. Un compte Twitter et une page Facebook lui sont désormais associés, afin de diffuser des messages pour contrer la propagande sur les réseaux sociaux.

Nous agissons également pour prévenir la radicalisation sur internet, notamment par le blocage de sites et le retrait de contenus faisant l’apologie du terrorisme. Plusieurs sites Internet ont déjà été bloqués en France en application de la loi du 13 novembre 2014. Un dialogue étroit et constructif s’est également noué avec les principales entreprises de l’internet.

Ce ne sont là que quelques exemples et la France poursuivra bien sûr son engagement dans ce domaine, en prenant en compte les recommandations du Secrétaire général.

Pour conclure, la séquence qui s’ouvre aujourd’hui avec ce débat de l’Assemblée générale, et qui se poursuivra à Genève en avril puis ici à New York en juin avec la révision de la stratégie globale, est particulièrement opportune. Elle sera l’occasion de réfléchir ensemble à la façon dont les Etats peuvent s’approprier et mettre en œuvre les recommandations du Secrétaire général.

La France se réjouit de participer à cette réflexion en vue de renforcer et de rendre plus efficace notre action collective pour prévenir l’extrémisme violent conduisant au terrorisme.

Je vous remercie.

Dernière modification : 12/02/2016

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