Le risque terroriste n’épargne personne aujourd’hui [en]

Débat public sur la coopération entre les Nations unies et les organisations régionales en Asie centrale (OTSC, OCS et CEI) - Intervention de M. Alexis Lamek, Représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 28 octobre 2016

Merci Monsieur le Président,

Permettez-moi de commencer par remercier les représentants de l’Organisation du Traité pour la Sécurité collective, de l’Organisation de la coopération de Shanghai et de la Communauté des Etats indépendants, pour leurs présentations sur les actions menées par leurs organisations respectives.

La note de concept élaborée par la Présidence russe nous invite à nous concentrer sur la question de la coopération régionale face aux défis à la paix et la sécurité internationales en Asie centrale.

Tout d’abord, l’Asie centrale est une région qui continue à faire face à des défis importants, aux plans économique et politique, mais également au plan sécuritaire. En particulier, la situation en Afghanistan ainsi que les divers trafics illicites qui prospèrent dans la zone (drogues, armes, êtres humains) sont autant de facteurs déstabilisants. Le risque terroriste n’épargne personne aujourd’hui, et prospère souvent, parmi d’autres facteurs, dans un contexte de frustrations sociales des populations. Il ne doit pas être négligé.

Ce contexte fragile rend indispensable la coopération entre tous les acteurs présents dans la région, les Etats, les organisations régionales et internationales. En complément de l’action des organisations régionales, la mission du Centre des Nations unies pour la diplomatie préventive en Asie centrale est essentielle. Accompagner les pays de la région dans l’élaboration de réponses nationales à ces défis, et les encourager à renforcer la coopération régionale, est plus que jamais nécessaire. Et je pense en particulier à l’assistance apportée par le Centre dans la mise en œuvre, par les pays d’Asie centrale, de la stratégie antiterroriste mondiale des Nations unies, stratégie dont nous avons célébré cette année le dixième anniversaire. Il s’agit là d’un excellent exemple de valeur ajoutée. La France encourage toute initiative qui permettra aux pays de la région de contribuer, aux niveaux national, régional et international, aux efforts de prévention de l’extrémisme violent et de lutte contre le terrorisme.

Enfin, au-delà de l’action des organisations régionales et sous-régionales, l’Union européenne joue également un rôle central dans cette région du monde, depuis l’adoption par le Conseil européen de la stratégie de l’Union européenne pour un nouveau partenariat avec l’Asie centrale. C’était en juin 2007. Le montant total de l’assistance de l’Union européenne à la région sur la période 2014-2020 s’élève à plus d’un milliard d’euros.

S’agissant des questions sécuritaires plus précisément, un dialogue de haut-niveau entre l’Union européenne et les pays d’Asie centrale s’est tenu le 18 mai dernier à Bruxelles. Des mesures concrètes ont ainsi été adoptées lors de cette réunion, telles que l’apport d’expertise pour renforcer la mise en œuvre du plan d’action commun pour l’Asie centrale dans le cadre de la stratégie antiterroriste mondiale de l’ONU ; ou encore le développement des programmes relatifs à la gestion des frontières de l’Union européenne et à la lutte contre la toxicomanie ; ou enfin le renouvellement et la mise à jour du plan d’action de lutte contre la drogue Union européenne-Asie centrale.

Après la réunion ministérielle de décembre 2015, cette échéance a permis de réaffirmer l’engagement des Européens en vue de promouvoir l’Etat de droit, la stabilité, la sécurité et la coopération dans cette zone.

Je vous remercie.

Dernière modification : 28/10/2016

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