Les autorités kosovares doivent continuer à se mobiliser en faveur du dialogue [en]

Situation au Kosovo - Intervention par M. François Delattre, représentant permanent de la France auprès des Nations unies - Conseil de sécurité - 16 novembre 2016

Monsieur le Président,

Je remercie le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Zahir Tanin, pour la présentation très complète de la situation qu’il a effectuée depuis Pristina et l’assure une nouvelle fois de notre plein soutien dans l’exercice de ses importantes fonctions.

Je remercie aussi le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Serbie, M. Ivica Dacic, et l’ambassadrice du Kosovo, Mme Vlora Citaku, pour les interventions qu’ils viennent de prononcer.

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Monsieur le Président,

Je débuterai mon intervention en rappelant, une nouvelle fois, notre souhait d’une révision du rythme d’examen de la situation au Kosovo par le Conseil de sécurité, au regard de l’amélioration du climat sécuritaire et des progrès réalisés en matière de consolidation des institutions kosovares.

Nous pensons également que ces développements positifs justifient la poursuite des efforts de reconfiguration de la MINUK, qu’il s’agisse de sa structure, de sa taille, du nombre de ses personnels ou encore de ses activités. En liaison avec plusieurs de nos partenaires, nous appelons le Secrétaire général à formuler des recommandations en ce sens dans le cadre de son prochain rapport.

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Monsieur le Président,

La France est convaincue que l’avenir du Kosovo ne se joue désormais plus prioritairement au sein de ce Conseil, mais bien dans le cadre du dialogue politique entre Belgrade et Pristina mené sous les auspices de l’Union européenne.

Même si ce dialogue a connu des tensions ces derniers mois, des progrès ont été enregistrés. Je pense notamment à l’accord du 13 novembre sur les télécommunications, à l’accord sur les plaques minéralogiques des véhicules destiné à faciliter la circulation entre la Serbie et le Kosovo ou encore à la poursuite des travaux engagés sur le pont de Mitrovica. Nous nous félicitons de ces développements positifs, qui doivent avoir un impact concret sur les conditions de vie des populations sur le terrain. Il importe à cet égard que la mise en œuvre des aspects techniques de ces accords se fasse dans les délais prévus.

Ces progrès ne sont pour autant pas suffisants. Nous attendons ainsi que l’ensemble des engagements souscrits dans le cadre des accords conclus sous l’égide de l’Union européenne soient mis en œuvre dans les meilleurs délais, y compris s’agissant de la création de l’association/communauté des municipalités à majorité serbe. Il s’agit d’un élément clé du dialogue. Nous appelons donc instamment les autorités kosovares et serbes à intensifier leurs efforts afin de produire encore davantage de résultats concrets dans les mois à venir.

La normalisation des relations entre Belgrade et Pristina reste, de manière générale, une condition indispensable pour leurs avancées respectives sur le chemin de l’intégration européenne, qui ont une nouvelle fois été encouragées lors du sommet « Paris – Balkans 2016 » qui s’est tenu le 4 juillet dernier. Nous invitons Serbes et Kosovars à s’inscrire, sur l’ensemble des sujets, dans cette perspective de normalisation, y compris sur la question de Trepca.

La poursuite des efforts engagés pour la consolidation de l’Etat de droit au Kosovo doit par ailleurs demeurer une priorité.

L’intégration de nouveaux personnels serbes dans le système judiciaire kosovar va dans le bon sens. La réduction du nombre d’incidents visant des minorités, relevée dans le rapport du Secrétaire général, est également une bonne nouvelle. Nous attendons toutefois du Kosovo qu’il poursuive ses efforts en matière de lutte contre la corruption et contre le crime organisé.

La consolidation de l’Etat de droit passe également par la lutte contre la radicalisation, sous toutes ses formes. La France salue l’engagement inconditionnel du Kosovo en la matière, au plan local comme au sein de la coalition internationale contre Daech.

Je saisis en outre cette occasion pour réitérer notre soutien à la mission EULEX, qui apporte sa contribution au quotidien en faveur de l’Etat de droit et de la sécurité au Kosovo.

La France souhaite également souligner la nécessité d’un apaisement des tensions enregistrées ces derniers mois sur la scène politique intérieure kosovare.

La construction d’un Etat indépendant, moderne et démocratique passe en effet par l’instauration d’un dialogue apaisé et responsable entre les différentes composantes du champ politique, dans le respect des dispositions de la Constitution et dans le cadre du bon fonctionnement des institutions existantes. Nous sommes particulièrement préoccupés par les tensions suscitées par le processus de ratification de l’accord de délimitation de la frontière avec le Monténégro.

Dans ce contexte, il importe que les autorités kosovares continuent à se mobiliser en faveur du dialogue entre les différences forces politiques ainsi que de l’établissement d’une société apaisée et inclusive.

Je conclurai mon intervention en soulignant que la France continuera d’apporter son soutien aux efforts entrepris par les autorités kosovares en faveur de la reconnaissance internationale de leur Etat.

Je vous remercie.

Dernière modification : 16/11/2016

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